Les Fleurs du Mal by Charles Baudelaire


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Page 7

C'est l� que j'ai v�cu dans les volupt�s calmes,
Au milieu de l'azur, des vagues, des splendeurs
Et des esclaves nus, tout impr�gn�s d'odeurs,

Qui me rafra�chissaient le front avec des palmes,
Et dont l'unique soin �tait d'approfondir
Le secret douloureux qui me faisait languir.




BOHEMIENS EN VOYAGE


La tribu proph�tique aux prunelles ardentes
Hier s'est mise en route, emportant ses petits
Sur son dos, ou livrant � leurs fiers app�tits
Le tr�sor toujours pr�t des mamelles pendantes.

Les hommes vont � pied sous leurs armes luisantes
Le long des chariots o� les leurs sont blottis,
Promenant sur le ciel des yeux appesantis
Par le morne regret des chim�res absentes.

Du fond de son r�duit sablonneux, le grillon,
Les regardant passer, redouble sa chanson;
Cyb�le, qui les aime, augmente ses verdures,

Fait couler le rocher et fleurir le d�sert
Devant ces voyageurs, pour lesquels est ouvert
L'empire familier des t�n�bres futures.




L'HOMME ET LA MER


Homme libre, toujours tu ch�riras la mer!
La mer est ton miroir; tu contemples ton �me
Dans le d�roulement infini de sa lame,
Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer.

Tu te plais � plonger au sein de ton image;
Tu l'embrasses des yeux et des bras, et ton coeur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

Vous �tes tous les deux t�n�breux et discrets,
Homme, nul n'a sond� le fond de tes ab�mes;
O mer, nul ne conna�t tes richesses intimes,
Tant vous �tes jaloux de garder vos secrets!

Et cependant voil� des si�cles innombrables
Que vous vous combattez sans piti� ni remord,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
O lutteurs �ternels, � fr�res implacables!




DON JUAN AUX ENFERS


Quand don Juan descendit vers l'onde souterraine,
Et lorsqu'il eut donn� son obole � Charon,
Un sombre mendiant, l'oeil fier comme Antisth�ne,
D'un bras vengeur et fort saisit chaque aviron.

Montrant leurs seins pendants et leurs robes ouvertes,
Des femmes se tordaient sous le noir firmament,
Et, comme un grand troupeau de victimes offertes,
Derri�re lui tra�naient un long mugissement.

Sganarelle en riant lui r�clamait ses gages,
Tandis que don Luis avec un doigt tremblant
Montrait � tous les morts errant sur les rivages
Le fils audacieux qui railla son front blanc.

Frissonnant sous son deuil, la chaste et maigre Elvire,
Pr�s de l'�poux perfide et qui fui son amant
Semblait lui r�clamer un supr�me sourire
O� brill�t la douceur de son premier serment.

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Books | Photos | Paul Mutton | Fri 4th Apr 2025, 18:26