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Page 6
Delacroix, lac de sang hant� des mauvais anges,
Ombrag� par un bois de sapin toujours vert,
O�, sous un ciel chagrin, des fanfares �tranges
Passent, comme un soupir �touff� de Weber;
Ces mal�dictions, ces blasph�mes, ces plaintes,
Ces extases, ces cris, ces pleurs, ces _Te Deum,_
Sont un �cho redit par mille labyrinthes;
C'est pour les coeurs mortels un divin opium.
C'est un cri r�p�t� par mille sentinelles,
Un ordre renvoy� par mille porte-voix;
C'est un phare allum� sur mille citadelles,
Un appel de chasseurs perdus dans les grands bois!
Car c'est vraiment, Seigneur, le meilleur t�moignage
Que nous puissions donner de notre dignit�
Que cet ardent sanglot qui roule d'�ge en �ge
Et vient mourir au bord de votre �ternit�!
LA MUSE VENALE
O Muse de mon coeur, amante des palais,
Auras-tu, quand Janvier l�chera ses Bor�es,
Durant les noirs ennuis des neigeuses soir�es,
Un tison pour chauffer tes deux pieds violets?
Ranimeras-tu donc tes �paules marbr�es
Aux nocturnes rayons qui percent les volets?
Sentant ta bourse � sec autant que ton palais,
R�colteras-tu l'or des vo�tes azur�es?
Il te faut, pour gagner ton pain de chaque soir,
Comme un enfant de choeur, jouer de l'encensoir,
Chantes des _Te Deum_ auxquels tu ne crois gu�re,
Ou, saltimbanque � jeun, �taler les appas
Et ton rire tremp� de pleurs qu'on ne voit pas,
Pour faire �panouir la rate du vulgaire.
L'ENNEMI
Ma jeunesse ne fut qu'un t�n�breux orage,
Travers� �a et l� par de brillants soleils;
Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage
Qu'il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils.
Voil� que j'ai touch� l'automne des id�es,
Et qu'il faut employer la pelle et les r�teaux
Pour rassembler � neuf les terres inond�es,
O� l'eau creuse des trous grands comme des tombeaux.
Et qui sait si les fleurs nouvelles que je r�ve
Trouveront dans ce sol lav� comme une gr�ve
Le mystique aliment qui ferait leur vigueur?
--O douleur! � douleur! Le Temps mange la vie,
Et l'obscur Ennemi qui nous ronge le coeur
Du sang que nous perdons cro�t et se fortifie!
LA VIE ANTERIEURE
J'ai longtemps habit� sous de vastes portiques
Que les soleils marins teignaient de mille feux,
Et que leurs grands piliers, droits et majestueux,
Rendaient pareils, le soir, aux grottes basaltiques.
Les houles, en roulant les images des cieux,
M�laient d'une fa�on solennelle et mystique
Les tout-puissants accords de leur riche musique
Aux couleurs du couchant refl�t� par mes yeux.
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