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Page 67
-- Mon lieutenant, dit Brando, demain, quand vous serez hors du
port, regardez sur la montagne, � cette place; nous y serons, et
nous vous ferons signe avec nos mouchoirs.�
Ils se s�par�rent alors: Orso et sa soeur prirent le chemin de
Cardo, et les bandits, celui de la montagne.
XXI
Par une belle matin�e d'avril, le colonel sir Thomas Nevil, sa
fille, mari�e depuis peu de jours, Orso et Colomba sortirent de
Pise en cal�che pour aller visiter un hypog�e �trusque,
nouvellement d�couvert, que tous les �trangers allaient voir.
Descendus dans l'int�rieur du monument, Orso et sa femme tir�rent
des crayons et se mirent en devoir d'en dessiner les peintures;
mais le colonel et Colomba, l'un et l'autre assez indiff�rents
pour l'arch�ologie, les laiss�rent seuls et se promen�rent aux
environs.
�Ma ch�re Colomba, dit le colonel, nous ne reviendrons jamais �
Pise � temps pour notre luncheon. Est-ce que vous n'avez pas faim?
Voil� Orso et sa femme dans les antiquit�s; quand ils se mettent �
dessiner ensemble, ils n'en finissent pas.
-- Oui, dit Colomba, et pourtant ils ne rapportent pas un bout de
dessin.
-- Mon avis serait, continua le colonel, que nous allassions �
cette petite ferme l�-bas. Nous y trouverons du pain, et peut-�tre
de l'aleatico, qui sait? m�me de la cr�me et des fraises, et nous
attendrons patiemment nos dessinateurs.
-- Vous avez raison, colonel. Vous et moi, qui sommes les gens
raisonnables de la maison, nous aurions bien tort de nous faire
les martyrs de ces amoureux, qui ne vivent que de po�sie. Donnez-
moi le bras. N'est-ce pas que je me forme? Je prends le bras, je
mets des chapeaux, des robes � la mode; j'ai des bijoux;
j'apprends je ne sais combien de belles choses; je ne suis plus du
tout une sauvagesse. Voyez un peu la gr�ce que j'ai � porter ce
ch�le... Ce blondin, cet officier de votre r�giment, qui �tait au
mariage... mon Dieu! je ne puis pas retenir son nom; un grand
fris�, que je jetterais par terre d'un coup de poing...
-- Chatworth? dit le colonel.
-- � la bonne heure! mais je ne le prononcerai jamais. Eh bien, il
est amoureux fou de moi.
-- Ah! Colomba, vous devenez bien coquette. Nous aurons dans peu
un autre mariage.
-- Moi! me marier? Et qui donc �l�verait mon neveu... quand Orso
m'en aura donn� un? qui donc lui apprendrait � parler corse?...
Oui, il parlera corse, et je lui ferai un bonnet pointu pour vous
faire enrager.
-- Attendons d'abord que vous ayez un neveu; et puis vous lui
apprendrez � jouer du stylet, si bon vous semble.
-- Adieu les stylets, dit gaiement Colomba; maintenant j'ai un
�ventail, pour vous en donner sur les doigts quand vous direz du
mal de mon pays.�
Causant ainsi, ils entr�rent dans la ferme o� ils trouv�rent vin,
fraises et cr�me. Colomba aida la fermi�re � cueillir des fraises
pendant que le colonel buvait de l'aleatico. Au d�tour d'une
all�e, Colomba aper�ut un vieillard assis au soleil sur une chaise
de paille, malade, comme il semblait; car il avait les joues
creuses, les yeux enfonc�s; il �tait d'une maigreur extr�me, et
son immobilit�, sa p�leur, son regard fixe, le faisaient
ressembler � un cadavre plut�t qu'� un �tre vivant. Pendant
plusieurs minutes, Colomba le contempla avec tant de curiosit�
qu'elle attira l'attention de la fermi�re.
�Ce pauvre vieillard, dit-elle, c'est un de vos compatriotes, car
je connais bien � votre parler que vous �tes de la Corse,
mademoiselle. Il a eu des malheurs dans son pays; ses enfants sont
morts d'une fa�on terrible. On dit, je vous demande pardon,
mademoiselle, que vos compatriotes ne sont pas tendres dans leurs
inimiti�s. Pour lors, ce pauvre monsieur, rest� seul, s'en est
venu � Pise, chez une parente �loign�e, qui est la propri�taire de
cette ferme. Le brave homme est un peu timbr�; c'est le malheur et
le chagrin... C'est g�nant pour madame, qui re�oit beaucoup de
monde; elle l'a donc envoy� ici. Il est bien doux, pas g�nant; il
ne dit pas trois paroles dans un jour. Par exemple, la t�te a
d�m�nag�. Le m�decin vient toutes les semaines, et il dit qu'il
n'en a pas pour longtemps.
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