|
Main
- books.jibble.org
My Books
- IRC Hacks
Misc. Articles
- Meaning of Jibble
- M4 Su Doku
- Computer Scrapbooking
- Setting up Java
- Bootable Java
- Cookies in Java
- Dynamic Graphs
- Social Shakespeare
External Links
- Paul Mutton
- Jibble Photo Gallery
- Jibble Forums
- Google Landmarks
- Jibble Shop
- Free Books
- Intershot Ltd
|
books.jibble.org
Previous Page
| Next Page
Page 53
-- Ils ont tir� les premiers, dit Orso.
-- C'est vrai, j'oubliais... Pif! pif! boum! boum!... coup double
d'une main[25]... Quand on fera mieux, je m'irai pendre! Allons,
vous voil� mont�... avant de partir, regardez donc un peu votre
ouvrage. Il n'est pas poli de quitter ainsi la compagnie sans lui
dire adieu.�
Orso donna des �perons � son cheval; pour rien au monde il n'e�t
voulu voir les malheureux � qui il venait de donner la mort.
�Tenez, Ors' Anton', dit le bandit s'emparant de la bride du
cheval, voulez-vous que je vous parle franchement? Eh bien, sans
vous offenser, ces deux pauvres jeunes gens me font de la peine.
Je vous prie de m'excuser... Si beaux... si forts... si jeunes!...
Orlanduccio avec qui j'ai chass� tant de fois... Il m'a donn�, il
y a quatre jours, un paquet de cigares... Vincentello, qui �tait
toujours de si belle humeur!... C'est vrai que vous avez fait ce
que vous deviez faire... et d'ailleurs le coup est trop beau pour
qu'on le regrette... Mais moi, je n'�tais pas dans votre
vengeance... Je sais que vous avez raison; quand on a un ennemi,
il faut s'en d�faire. Mais les Barricini, c'est une vieille
famille... En voil� encore une qui fausse compagnie!... et par un
coup double! c'est piquant.�
Faisant ainsi l'oraison fun�bre des Barricini, Brandolaccio
conduisait en h�te Orso, Chilina, et le chien Brusco vers le
maquis de la Stazzona.
XVIII
Cependant Colomba, peu apr�s le d�part d'Orso, avait appris par
ses espions que les Barricini tenaient la campagne, et, d�s ce
moment, elle fut en proie � une vive inqui�tude. On la voyait
parcourir la maison en tous sens, allant de la cuisine aux
chambres pr�par�es pour ses h�tes, ne faisant rien et toujours
occup�e, s'arr�tant sans cesse pour regarder si elle n'apercevait
pas dans le village un mouvement inusit�. Vers onze heures une
cavalcade assez nombreuse entra dans Pietranera; c'�taient le
colonel, sa fille, leurs domestiques et leur guide. En les
recevant, le premier mot de Colomba fut: �Avez-vous vu mon fr�re?�
Puis elle demanda au guide quel chemin ils avaient pris, � quelle
heure ils �taient partis; et, sur ses r�ponses, elle ne pouvait
comprendre qu'ils ne se fussent pas rencontr�s.
�Peut-�tre que votre fr�re aura pris par le haut, dit le guide;
nous, nous sommes venus par le bas.�
Mais Colomba secoua la t�te et renouvela ses questions. Malgr� sa
fermet� naturelle, augment�e encore par l'orgueil de cacher toute
faiblesse � des �trangers, il lui �tait impossible de dissimuler
ses inqui�tudes, et bient�t elle les fit partager au colonel et
surtout � miss Lydia, lorsqu'elle les eut mis au fait de la
tentative de r�conciliation qui avait eu une si malheureuse issue.
Miss Nevil s'agitait, voulait qu'on envoy�t des messagers dans
toutes les directions, et son p�re offrait de remonter � cheval et
d'aller avec le guide � la recherche d'Orso. Les craintes de ses
h�tes rappel�rent � Colomba ses devoirs de ma�tresse de maison.
Elle s'effor�a de sourire, pressa le colonel de se mettre � table,
et trouva pour expliquer le retard de son fr�re vingt motifs
plausibles qu'au bout d'un instant elle d�truisait elle-m�me.
Croyant qu'il �tait de son devoir d'homme de chercher � rassurer
des femmes, le colonel proposa son explication aussi.
�Je gage, dit-il, que della Rebbia aura rencontr� du gibier; il
n'a pu r�sister � la tentation, et nous allons le voir revenir la
carnassi�re toute pleine. Parbleu! ajouta-t-il, nous avons entendu
sur la route quatre coups de fusil. Il y en avait deux plus forts
que les autres, et j'ai dit � ma fille: "Je parie que c'est della
Rebbia qui chasse. Ce ne peut �tre que mon fusil qui a fait tant
de bruit."�
Colomba p�lit, et Lydia, qui l'observait avec attention, devina
sans peine quels soup�ons la conjecture du colonel venait de lui
sugg�rer. Apr�s un silence de quelques minutes, Colomba demanda
vivement si les deux fortes d�tonations avaient pr�c�d� ou suivi
les autres. Mais ni le colonel, ni sa fille, ni le guide,
n'avaient fait grande attention � ce point capital.
Previous Page
| Next Page
|
|