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Page 49
�Imb�ciles! s'�cria Orso; vous prenez des cochons pour des
sangliers.
-- Non pas, Ors' Anton', r�pondit Polo Griffo; mais ce troupeau
appartient � l'avocat, et c'est pour lui apprendre � mutiler nos
chevaux.
-- Comment, coquins! s'�cria Orso transport� de fureur, vous
imitez les infamies de nos ennemis! Quittez-moi, mis�rables! Je
n'ai pas besoin de vous. Vous n'�tes bons qu'� vous battre contre
des cochons. Je jure bien que si vous osez me suivre je vous casse
la t�te!�
Les deux bergers s'entre-regard�rent interdits. Orso donna des
�perons � son cheval et disparut au galop.
�Eh bien, dit Polo Griffo, en voil� d'une bonne! Aimez donc les
gens pour qu'ils vous traitent comme cela! Le colonel, son p�re,
t'en a voulu parce que tu as une fois couch� en joue l'avocat...
Grande b�te, de ne pas tirer!... Et le fils... tu vois ce que j'ai
fait pour lui... Il parle de me casser la t�te, comme on fait
d'une gourde qui ne tient plus le vin. Voil� ce qu'on apprend sur
le continent, Memmo!
-- Oui, et si l'on sait que tu as tu� un cochon, on te fera un
proc�s, et Ors' Anton' ne voudra pas parler aux juges ni payer
l'avocat. Heureusement personne ne t'a vu, et sainte Nega est l�
pour te tirer d'affaire.�
Apr�s une courte d�lib�ration, les deux bergers conclurent que le
plus prudent �tait de jeter le porc dans une fondri�re, projet
qu'ils mirent � ex�cution, bien entendu apr�s avoir pris chacun
quelques grillades sur l'innocente victime de la haine des della
Rebbia et des Barricini.
XVII
D�barrass� de son escorte indisciplin�e, Orso continuait sa route,
plus pr�occup� du plaisir de revoir miss Nevil que de la crainte
de rencontrer ses ennemis. �Le proc�s que je vais avoir avec ces
mis�rables Barricini, se disait-il, va m'obliger d'aller � Bastia.
Pourquoi n'accompagnerais-je pas miss Nevil? Pourquoi, de Bastia,
n'irions-nous pas ensemble aux eaux d'Orezza?� Tout � coup des
souvenirs d'enfance lui rappel�rent nettement ce site pittoresque.
Il se crut transport� sur une verte pelouse au pied des
ch�taigniers s�culaires. Sur un gazon d'une herbe lustr�e, parsem�
de fleurs bleues ressemblant � des yeux qui lui souriaient, il
voyait miss Lydia assise aupr�s de lui. Elle avait �t� son
chapeau, et ses cheveux blonds, plus fins et plus doux que la
soie, brillaient comme de l'or au soleil qui p�n�trait au travers
du feuillage. Ses yeux, d'un bleu si pur, lui paraissaient plus
bleus que le firmament. La joue appuy�e sur une main, elle
�coutait toute pensive les paroles d'amour qu'il lui adressait en
tremblant. Elle avait cette robe de mousseline qu'elle portait le
dernier jour qu'il l'avait vue � Ajaccio. Sous les plis de cette
robe s'�chappait un petit pied dans un soulier de satin noir. Orso
se disait qu'il serait bien heureux de baiser ce pied; mais une
des mains de miss Lydia n'�tait pas gant�e, et elle tenait une
p�querette. Orso lui prenait cette p�querette, et la main de Lydia
serrait la sienne; et il baisait la p�querette, et puis la main,
et on ne se f�chait pas... Et toutes ces pens�es l'emp�chaient de
faire attention � la route qu'il suivait, et cependant il trottait
toujours. Il allait pour la seconde fois baiser en imagination la
main blanche de miss Nevil, quand il pensa baiser en r�alit� la
t�te de son cheval qui s'arr�ta tout � coup. C'est que la petite
Chilina lui barrait le chemin et lui saisissait la bride.
�O� allez-vous ainsi, Ors' Anton'? disait-elle. Ne savez-vous pas
que votre ennemi est pr�s d'ici?
-- Mon ennemi! s'�cria Orso furieux de se voir interrompu dans un
moment aussi int�ressant. O� est-il?
-- Orlanduccio est pr�s d'ici. Il vous attend. Retournez,
retournez.
-- Ah! il m'attend! Tu l'as vu?
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