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Page 46
�Elle n'a donc pas re�u ma seconde lettre? s'�cria Orso.
-- Vous voyez, par la date de la sienne, que mademoiselle Lydia
devait �tre en route quand votre lettre est arriv�e � Ajaccio.
Vous lui disiez donc de ne pas venir?
-- Je lui disais que nous �tions en �tat de si�ge. Ce n'est pas,
ce me semble, une situation � recevoir du monde.
-- Bah! ces Anglais sont des gens singuliers. Elle me disait, la
derni�re nuit que j'ai pass�e dans sa chambre, qu'elle serait
f�ch�e de quitter la Corse sans avoir vu une belle vendette. Si
vous le vouliez, Orso, on pourrait lui donner le spectacle d'un
assaut contre la maison de nos ennemis?
-- Sais-tu, dit Orso, que la nature a eu tort de faire de toi une
femme, Colomba? Tu aurais �t� un excellent militaire.
-- Peut-�tre. En tout cas je vais faire mon bruccio.
-- C'est inutile. Il faut envoyer quelqu'un pour les pr�venir et
les arr�ter avant qu'ils se mettent en route.
-- Oui? vous voulez envoyer un messager par le temps qu'il fait,
pour qu'un torrent l'emporte avec votre lettre... Que je plains
les pauvres bandits par cet orage! Heureusement, ils ont de bons
piloni[21]... Savez-vous ce qu'il faut faire, Orso? Si l'orage
cesse, partez demain de tr�s bonne heure, et arrivez chez notre
parente avant que vos amis se soient mis en route. Cela vous sera
facile, miss Lydia se l�ve toujours tard. Vous leur conterez ce
qui s'est pass� chez nous; et s'ils persistent � venir, nous
aurons grand plaisir � les recevoir.�
Orso se h�ta de donner son assentiment � ce projet, et Colomba,
apr�s quelques moments de silence:
�Vous croyez peut-�tre, Orso, reprit-elle, que je plaisantais
lorsque je vous parlais d'un assaut contre la maison Barricini?
Savez-vous que nous sommes en force, deux contre un au moins?
Depuis que le pr�fet a suspendu le maire, tous les hommes d'ici
sont pour nous. Nous pourrions les hacher. Il serait facile
d'entamer l'affaire. Si vous le vouliez, j'irais � la fontaine, je
me moquerais de leurs femmes; ils sortiraient... Peut-�tre... car
ils sont si l�ches! peut-�tre tireraient-ils sur moi par leurs
archere; ils me manqueraient. Tout est dit alors: ce sont eux qui
attaquent. Tant pis pour les vaincus: dans une bagarre, o� trouver
ceux qui ont fait un bon coup? Croyez-en votre soeur, Orso; les
robes noires qui vont venir saliront du papier, diront bien des
mots inutiles. Il n'en r�sultera rien. Le vieux renard trouverait
moyen de leur faire voir des �toiles en plein midi. Ah! si le
pr�fet ne s'�tait pas mis devant Vincentello, il y en avait un de
moins.�
Tout cela �tait dit avec le m�me sang-froid qu'elle mettait
l'instant d'auparavant � parler des pr�paratifs du bruccio.
Orso, stup�fait, regardait sa soeur avec une admiration m�l�e de
crainte.
�Ma douce Colomba, dit-il en se levant de table, tu es, je le
crains, le diable en personne; mais sois tranquille. Si je ne
parviens pas � faire pendre les Barricini, je trouverai moyen d'en
venir � bout d'une autre mani�re. Balle chaude ou fer froid![22] Tu
vois que je n'ai pas oubli� le corse.
-- Le plus t�t serait le mieux, dit Colomba en soupirant. Quel
cheval monterez-vous demain, Ors' Anton'?
-- Le noir. Pourquoi me demandes-tu cela?
-- Pour lui faire donner de l'orge.�
Orso s'�tant retir� dans sa chambre, Colomba envoya coucher
Saveria et les bergers, et demeura seule dans la cuisine o� se
pr�parait le bruccio. De temps en temps elle pr�tait l'oreille et
paraissait attendre impatiemment que son fr�re se f�t couch�.
Lorsqu'elle le crut enfin endormi, elle prit un couteau, s'assura
qu'il �tait tranchant, mit ses petits pieds dans de gros souliers,
et, sans faire le moindre bruit, elle entra dans le jardin.
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