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Page 33
Orso aimait mieux discuter cette question de physique que
d'argumenter avec le licenci� sur la moralit� de son action.
Brandolaccio, que cette dissertation scientifique n'amusait gu�re,
l'interrompit pour remarquer que le soleil allait se coucher:
�Puisque vous n'avez pas voulu d�ner avec nous, Ors' Anton', lui
dit-il, je vous conseille de ne pas faire attendre plus longtemps
mademoiselle Colomba. Et puis il ne fait pas toujours bon � courir
les chemins quand le soleil est couch�. Pourquoi donc sortez-vous
sans fusil? Il y a de mauvaises gens dans ces environs; prenez-y
garde. Aujourd'hui vous n'avez rien � craindre; les Barricini
am�nent le pr�fet chez eux; ils l'ont rencontr� sur la route, et
il s'arr�te un jour � Pietranera avant d'aller poser � Corte une
premi�re pierre, comme on dit..., une b�tise! Il couche ce soir
chez les Barricini; mais demain ils seront libres. Il y a
Vincentello, qui est un mauvais garnement, et Orlanduccio, qui ne
vaut gu�re mieux... T�chez de les trouver s�par�s, aujourd'hui
l'un, demain l'autre; mais m�fiez-vous, je ne vous dis que cela.
-- Merci du conseil, dit Orso; mais nous n'avons rien � d�m�ler
ensemble; jusqu'� ce qu'ils viennent me chercher, je n'ai rien �
leur dire.�
Le bandit tira la langue de c�t� et la fit claquer contre sa joue
d'un air ironique, mais il ne r�pondit rien. Orso se levait pour
partir:
�� propos, dit Brandolaccio, je ne vous ai pas remerci� de votre
poudre; elle m'est venue bien � propos. Maintenant rien ne me
manque..., c'est-�-dire il me manque encore des souliers..., mais
je m'en ferai de la peau d'un mouflon un de ces jours.�
Orso glissa deux pi�ces de cinq francs dans la main du bandit.
�C'est Colomba qui t'envoyait la poudre; voici pour t'acheter des
souliers.
-- Pas de b�tises, mon lieutenant, s'�cria Brandolaccio en lui
rendant les deux pi�ces. Est-ce que vous me prenez pour un
mendiant? J'accepte le pain et la poudre, mais je ne veux rien
autre chose.
-- Entre vieux soldats, j'ai cru qu'on pouvait s'aider. Allons,
adieu!� Mais, avant de partir, il avait mis de l'argent dans la
besace du bandit, sans qu'il s'en f�t aper�u.
�Adieu, Ors' Anton'! dit le th�ologien. Nous nous retrouverons
peut-�tre au maquis un de ces jours, et nous continuerons nos
�tudes sur Virgile.�
Orso avait quitt� ses honn�tes compagnons depuis un quart d'heure,
lorsqu'il entendit un homme qui courait derri�re lui de toutes ses
forces. C'�tait Brandolaccio.
�C'est un peu fort, mon lieutenant, s'�cria-t-il hors d'haleine,
un peu trop fort! voil� vos dix francs. De la part d'un autre, je
ne passerais pas l'espi�glerie. Bien des choses de ma part �
mademoiselle Colomba. Vous m'avez tout essouffl�! Bonsoir.�
XII
Orso trouva Colomba un peu alarm�e de sa longue absence; mais, en
le voyant, elle reprit cet air de s�r�nit� triste qui �tait son
expression habituelle. Pendant le repas du soir, ils ne parl�rent
que de choses indiff�rentes, et Orso, enhardi par l'air calme de
sa soeur, lui raconta sa rencontre avec les bandits et hasarda
m�me quelques plaisanteries sur l'�ducation morale et religieuse
que recevait la petite Chilina par les soins de son oncle et de
son honorable coll�gue, le sieur Castriconi.
�Brandolaccio est un honn�te homme, dit Colomba; mais, pour
Castriconi, j'ai entendu dire que c'�tait un homme sans principes.
-- Je crois, dit Orso, qu'il vaut tout autant que Brandolaccio, et
Brandolaccio autant que lui. L'un et l'autre sont en guerre
ouverte avec la soci�t�. Un premier crime les entra�ne chaque jour
� d'autres crimes; et pourtant ils ne sont peut �tre pas aussi
coupables que bien des gens qui n'habitent pas le maquis.�
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