Les stratagèmes by Sextus Julius Frontin


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Page 70

Montecuculli et le mar�chal de Saxe pensaient de
m�me. Ce dernier, bl�mant le proverbe du pont d'or, qu'il
appelle une grave erreur, dit, par une sorte de corollaire,
qu'il n'y a de belles retraites que celles qui se font devant
un ennemi qui poursuit mollement.

� La force d'une arm�e consistant dans son
organisation, dit M. Rocquancourt (Cours complet d'art
militaire, t. IV, p. 352), et celle-ci r�sultant de l'harmonie et
de l'union de tous les �l�ments entre eux et avec la volont�
unique qui les fait mouvoir, on ne saurait pousser trop
vivement une arm�e battue, puisque, apr�s une d�faite,
cette harmonie entre la t�te qui combine, et les corps qui
doivent ex�cuter, est d�truite ; leurs rapports, s'ils ne sont
enti�rement bris�s, se trouvent au moins suspendus.
L'arm�e enti�re n'est plus qu'une partie faible ; l'attaquer,
c'est marcher � un triomphe certain. �
[81] Il y a ici une double erreur historique. Ce n'est pas
le consul M. Fabius qui fut bless�, mais son fr�re Q.
Fabius, qui servait sous ses ordres ; et le combat ne fut pas
r�tabli par Manlius, mais bien par M. Fabius, le consul.
Voyez Tite-Live, liv. II, ch. 46 et suiv.
[82] Pour exciter le courage des soldats, les anciens
lan�aient au milieu des ennemis non-seulement des
enseignes ou des �tendards, mais encore des armes.
[83] Suivant Tite-Live (liv. III, ch. 70), c'�taient les
Volsques, et non les Herniques, qui combattaient avec les
�ques contre les Romains.
[84] Il s'agit plut�t ici de T. Q. Cincinnatus. Voyez Tite-
Live, liv. IV, ch. 26-29.
[85] Le m�me fait est rapport� par Tite-Live, liv. VI, ch.
8.

Des moyens de ce genre ont �t� souvent mis en usage
pour relever le moral du soldat. Ainsi, � la bataille
d'Austerlitz, le 15e r�giment l�ger, qui venait de se battre
avec courage, se voyant forc� d'op�rer un mouvement
r�trograde, le faisait avec trop de pr�cipitation pour
pouvoir se reformer, et arr�ter la marche de l'infanterie
russe, qu'il avait en t�te. Le colonel Dulong saisit l'aigle du
2e bataillon, et s'�cria : � Soldats ! je m'arr�te ici ;
abandonnerez-vous votre �tendard et votre colonel ? � Le
2e bataillon se reforme, et reprend l'offensive ; le 1er
bataillon en fait autant, et bient�t les Russes sont
repouss�s.

Le g�n�ral Souvaroff, voyant ses troupes en d�route,
courut � la t�te des fuyards, se coucha par terre, et s'�cria :
� Qui osera passer sur le corps de son g�n�ral ? � On
assure qu'il r�ussit plusieurs fois, par cet exp�dient, �
r�tablir le combat.
[86] Voyez le r�cit de la bataille de Munda, dans C�sar
(Guerre d'Espagne, ch. XXVIII - XXXI), qui ne dit pas
avoir quitt� son cheval pour combattre � pied.

� On dit que C�sar fut sur le point de se donner la
mort pendant la bataille de Munda. Ce projet e�t �t� bien
funeste � son parti : il e�t �t� battu comme Brutus et
Cassius !... Un magistrat, un chef de parti peut-il
abandonner les siens volontairement ? � (Napol�on.)
[87] � Au commencement d'une campagne, il faut bien
m�diter si l'on doit, ou non, s'avancer ; mais, quand on a
effectu� l'offensive, il faut la soutenir jusqu'� la derni�re
extr�mit�. Quelle que soit l'habilet� des manoeuvres dans
une retraite, elle affaiblira toujours le moral de l'arm�e,
puisque, en perdant les chances de succ�s, on les remet
entre les mains de l'ennemi. Les retraites, d'ailleurs,
co�tent beaucoup plus d'hommes et de mat�riel que les
affaires les plus sanglantes ; avec cette diff�rence que, dans
une bataille, l'ennemi perd � peu pr�s autant que vous,
tandis que, dans une retraite, vous perdez sans qu'il perde.
� (Napol�on.)
[88] Ce syst�me de retraite, par dispersion suivie du
ralliement, est � peu pr�s celui que pratiquent encore
aujourd'hui les Arabes en Afrique, devant les troupes
fran�aises.
[89] Florus (liv. II, ch. 2) dit un mot de cette d�faite,
qu'il attribue � un acte irr�ligieux de Claudius. Au moment
o� il se pr�parait � livrer bataille, on vint le pr�venir que
les poulets sacr�s refusaient de sortir de leur cage, et ne
voulaient pas manger, ce qui �tait un fort mauvais
pr�sage : � Eh bien, dit-il, s'ils ne veulent pas manger,
qu'ils boivent. � Il les f�t jeter � la mer, et donna le signal
de l'attaque : Inde mali labes.
[90] On ne saurait croire � quelle antiquit� remontent
l'invention et l'usage presque g�n�ral des machines et des
ouvrages de si�ge, et pendant combien de si�cles les
moyens d'attaque et de d�fense des villes et des camps
retranch�s sont rest�s les m�mes, avant la d�couverte de la
poudre. M. Dureau de La Malle a �tabli, dans son ouvrage
sur la poliorc�tique des anciens, que, plus de vingt si�cles
avant l'�re chr�tienne, les �gyptiens avaient port� � un
point tr�s-�lev� l'art de fortifier les villes, et que leurs
temples �taient de v�ritables citadelles ; que les
monuments de Karnak, de Louqsor, etc., offrent des
gabions, des machines pour l'escalade, et les tortues ; que
chez les H�breux, la mine ou la sape �taient employ�es du
temps de Jacob ; que sous Ozias (870 av. J.-C.) on faisait
usage de balistes et de catapultes ; enfin, que deux cents
ans apr�s, les villes �taient attaqu�es au moyen des tours
mobiles, des terrasses, du b�lier, etc., toutes choses que les
peuples de l'Orient ont connues avant les Grecs.
[91] Ceci rappelle le mot du mar�chal de Saxe : � Tout
le secret de la guerre est dans les jambes. � Mais peut-�tre
le mar�chal avait-il en vue, � c�t� des avantages de la
vitesse, ceux du pas embo�t�, dont il est l'inventeur.
[92] Ce stratag�me rappelle l'artifice � l'aide duquel les
Espagnols s'empar�rent d'Amiens en 1597. Des soldats,
d�guis�s en paysans, entr�rent dans la ville en conduisant
une voiture charg�e de noix, dont ils laiss�rent tomber une
certaine quantit�. Pendant que les gardiens des portes en
ramassaient, les soldats d�guis�s les sabr�rent, et
ouvrirent la ville � l'arm�e qui les suivait.
[93] Les d�guisements ont �t� de tout temps en usage
pour surprendre ou pour reconna�tre les places. Ainsi
Catinat prit les habits d'un charbonnier pour entrer dans
Luxembourg, et constater l'�tat des fortifications de cette
ville.

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Books | Photos | Paul Mutton | Thu 19th Feb 2026, 7:39