Les stratagèmes by Sextus Julius Frontin


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Page 46



VIII. Jeter l'�pouvante parmi les assi�g�s.


1 Philippe, ne pouvant enlever de vive force le ch�teau de
Prinasse[101], fit amonceler de la terre au pied des fortifications,
comme s'il y pratiquait une mine. Les assi�g�s, croyant leurs murs
sap�s, se rendirent.

2 P�lopidas, g�n�ral th�bain, �tant sur le point d'assi�ger � la
fois deux villes de Magn�sie peu �loign�es l'une de l'autre,
ordonna que, pendant qu'il faisait avancer son arm�e sous les murs
de l'une, quatre cavaliers, ayant des couronnes sur la t�te,
accourussent � toute bride, comme venant de l'autre camp th�bain,
pour annoncer la prise de l'autre ville. Afin de mieux encore
tromper l'ennemi, il fit mettre le feu � une for�t situ�e dans un
lieu interm�diaire, et dont l'embrasement pouvait �tre pris pour
celui de la place. Il voulut, en outre, qu'on lui amen�t quelques
soldats d�guis�s en prisonniers. Ces d�monstrations jet�rent
l'effroi parmi les assi�g�s, qui, se croyant d�j� vaincus sur
l'autre point, firent leur soumission.

3 Cyrus, roi de Perse, tenant Cr�sus enferm� dans la ville de
Sardes, fit dresser du c�t� le moins accessible de la montagne sur
laquelle elle �tait assise, des m�ts aussi hauts que cette
montagne, surmont�s de figures d'hommes ayant le costume des
Perses, et les approcha des remparts pendant la nuit; puis, d�s la
pointe du jour il attaqua la ville du c�t� oppos�, au moment o�
les premiers rayons du soleil faisaient briller les armes que
portaient ces figures. Les assi�g�s, persuad�s qu'ils �taient pris
par derri�re, s'enfuirent dispers�s, laissant la victoire �
l'ennemi.



IX. Attaquer du c�t� o� l'on n'est pas attendu.


1 Scipion, assi�geant Carthag�ne, profita du moment o� la mar�e
baissait, pour s'approcher des murailles; et, se disant guid� par
Neptune, il traversa un �tang dont les eaux avaient suivi le
reflux de la mer, et livra l'attaque du c�t� o� il n'�tait point
attendu.

2 Fabius Maximus, fils de Fabius Cunctator, arriv� devant Arpi, o�
Hannibal avait mis garnison, reconnut la position de la ville, et
envoya, par une nuit obscure, six cents soldats charg�s de
franchir, � l'aide d'�chelles, la partie des remparts qui �tait la
plus forte, par cons�quent la plus mal gard�e, et de briser la
porte. Ceux-ci, favoris�s par une pluie violente, dont le bruit
emp�chait d'entendre celui qu'ils faisaient, ex�cut�rent l'ordre
qu'ils avaient re�u. Alors Fabius, au signal donn�, attaqua par ce
m�me c�t�, et prit la ville.

3 Dans la guerre contre Jugurtha, pendant que C. Marius
assi�geait, pr�s du fleuve Mulucha, un ch�teau construit sur un
rocher accessible seulement par un �troit sentier, et taill� � pic
de tout autre c�t� comme � dessein, un Ligurien auxiliaire, simple
soldat, qui s'�tait avanc� par hasard pour chercher de l'eau, et
avait, en recueillant des lima�ons, gagn� le sommet du rocher,
vint lui annoncer que l'on pouvait gravir jusqu'au ch�teau. Marius
y envoya quelques centurions avec les soldats les plus agiles et
les meilleurs trompettes, ayant tous la t�te d�couverte pour mieux
voir, les pieds nus pour grimper plus ais�ment sur les rochers, et
leurs boucliers, ainsi que leurs �p�es, attach�s � leur dos.
Guid�s par le Ligurien, ils s'aident, pour monter, de courroies et
de clous, parviennent au ch�teau du c�t� oppos� � l'attaque, o�
pour cela m�me ils ne trouvent pas de r�sistance, et se mettent �
sonner de la trompette et � faire un grand bruit, selon l'ordre
qu'ils ont re�u. � ce signal Marius encourage ses troupes et
presse plus vivement les assi�g�s. Ceux-ci �tant rappel�s de
l'autre c�t� de la place par une multitude intimid�e qui la croit
d�j� prise par derri�re[102], les Romains s'�lancent � leur
poursuite, et s'emparent du ch�teau.

4 Le consul L. Corn�lius se rendit ma�tre de plusieurs villes de
Sardaigne, en d�barquant pendant la nuit ses meilleures troupes,
auxquelles il ordonnait de se cacher, et d'�pier le moment o� il
reviendrait avec ses vaisseaux; puis, lorsqu'il �tait descendu �
terre lui-m�me, et voyait les ennemis s'avancer � sa rencontre, il
simulait une retraite, et les attirait au loin � sa poursuite,
afin que les places, alors d�garnies, fussent livr�es � l'attaque
de ses troupes embusqu�es.

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Books | Photos | Paul Mutton | Thu 15th Jan 2026, 15:25