Les stratagèmes by Sextus Julius Frontin


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Page 32

24 [72]Comme le lac de Thrasym�ne �tait s�par� du pied d'une
montagne par un chemin �troit qui conduisait dans le plat pays,
Hannibal, simulant une retraite, franchit le passage et alla
camper dans cette plaine; ensuite il embusqua des troupes, pendant
la nuit, sur une colline qui dominait le d�fil�, et sur les c�t�s
du chemin; et, au point du jour, profitant d'un brouillard qui le
cachait, il rangea en bataille le reste de son arm�e. Flaminius,
qui croyait l'ennemi en fuite, se mit � le poursuivre, s'engagea
dans le d�fil�, et n'aper�ut le pi�ge qu'au moment o�, attaqu� �
la fois de front, en flanc et par derri�re, il p�rit avec toute
son arm�e.

25 Le m�me Hannibal, ayant en t�te le dictateur Junius, donna
l'ordre � six cents cavaliers de se partager en plusieurs petites
troupes, et d'aller, � la faveur de la nuit, alternativement et
sans interruption, se pr�senter autour du camp de l'ennemi. Ainsi
harcel�s pendant la nuit enti�re, les Romains gard�rent leurs
retranchements sans quitter leurs armes, battus par une pluie
continuelle; et quand, accabl�s de fatigue, ils eurent re�u de
Junius l'ordre de se retirer, Hannibal, sortant de son camp avec
des troupes fra�ches, s'empara de celui du dictateur.

26 Un semblable artifice r�ussit � �paminondas, g�n�ral th�bain,
contre les Lac�d�moniens, qui avaient creus� des foss�s � l'isthme
de Corinthe, pour d�fendre l'entr�e du P�loponn�se. Pendant toute
la nuit il inqui�ta l'ennemi avec quelques troupes l�g�res, qu'il
rappela vers la pointe du jour; et, quand les Lac�d�moniens se
furent aussi retir�s, il fit soudainement avancer toute son arm�e,
qui avait pris du repos, et fit irruption par les foss�s m�mes,
rest�s sans d�fense.

27 Hannibal, ayant rang� son arm�e en bataille pr�s de Cannes, fit
passer du c�t� des Romains six cents cavaliers numides, qui, pour
inspirer moins de m�fiance, livr�rent leurs �p�es et leurs
boucliers. Ils furent plac�s � la derni�re ligne de l'arm�e; mais,
aussit�t que l'action fut engag�e, ils tir�rent des �p�es courtes,
qu'ils avaient cach�es sous leurs cuirasses, prirent les boucliers
des morts, et tomb�rent sur l'arm�e romaine.

28 Les Iapydes envoy�rent de m�me au proconsul P. Licinius des
paysans qui feignirent de se rendre � lui. Ayant �t� re�us, et
plac�s vers les derniers rangs, ils charg�rent en queue les
Romains.

29 Scipion l'Africain, ayant devant lui deux camps ennemis, celui
de Syphax et celui des Carthaginois, r�solut d'attaquer pendant la
nuit le premier, qui contenait beaucoup de mati�res combustibles,
et d'y mettre le feu, dans le but de tailler en pi�ces les Numides
� mesure que l'�pouvante les ferait sortir de leur camp, et
d'amener en m�me temps dans une embuscade dispos�e � cet effet,
les Carthaginois, qui ne manqueraient pas d'accourir au secours de
leurs alli�s. Un double succ�s couronna son entreprise.

30 Mithridate, dont le talent de Lucullus avait souvent triomph�,
voulut se d�faire de celui-ci par trahison, en subornant un
certain Adathante, homme d'une force extraordinaire, qui, passant
comme transfuge dans le camp des Romains, devait capter sa
confiance et l'assassiner. L'entreprise fut conduite avec courage,
mais sans succ�s. Re�u dans la cavalerie de Lucullus, cet homme
fut l'objet d'une secr�te surveillance, parce qu'il ne fallait ni
se fier tout d'abord � un transfuge, ni en emp�cher d'autres de
d�serter comme lui. Plus tard, lorsque, s'�tant signal� par des
services dans de fr�quentes exp�ditions, il eut inspir� de la
confiance � Lucullus, il choisit le moment o� le conseil,
cong�di�, laissait tout le camp dans le repos, et rendait le
pr�toire plus solitaire. Le hasard sauva Lucullus: car le tra�tre,
qui avait ordinairement un libre acc�s aupr�s du g�n�ral quand
celui-ci ne dormait pas, se pr�senta au moment o�, accabl� de
veilles et de travaux, il venait de c�der au sommeil. Quoiqu'il
insist�t pour entrer, ayant, disait-il, � lui communiquer une
affaire importante et press�e, les esclaves, attentifs � la sant�
de leur ma�tre, lui refus�rent obstin�ment la porte. Alors,
craignant que sa d�marche n'�veill�t les soup�ons, il alla vers la
porte du camp, o� l'attendaient des chevaux tout pr�ts, et
retourna vers Mithridate, sans avoir pu accomplir son dessein.

31 En Espagne, Sertorius, ayant �tabli son camp pr�s de Lauron, en
face de celui de Pomp�e, et voyant qu'on ne pouvait aller au
fourrage dans deux cantons, l'un voisin, l'autre �loign� des
camps, voulut que ses troupes l�g�res fissent de continuelles
incursions dans le premier, et que pas un homme arm� ne par�t dans
l'autre, jusqu'� ce que l'ennemi f�t convaincu que le lieu le plus
�loign� �tait le plus s�r. Aussit�t que les soldats de Pomp�e y
furent all�s, Sertorius, pour tendre des emb�ches aux fourrageurs,
y envoya Octavius Gr�cinus, avec dix cohortes arm�es � la romaine,
dix mille hommes de troupes l�g�res, et deux mille cavaliers
command�s par Tarquitius Priscus. Ces chefs s'acquitt�rent
habilement de leur mission: car, apr�s avoir reconnu les lieux,
ils embusqu�rent leurs troupes, pendant la nuit, dans une for�t
voisine, ayant soin de placer en premi�re ligne les Espagnols,
soldats agiles, et excellents pour les coups de main; plus avant
dans la for�t, l'infanterie arm�e de boucliers, et plus loin
encore la cavalerie, afin que le hennissement des chevaux ne
trah�t pas le pi�ge. Ils re�urent tous l'ordre de rester en repos
et de garder le silence jusqu'� la troisi�me heure du jour. D�j�
les soldats de Pomp�e, en pleine s�curit� et charg�s de
provisions, songeaient � s'en retourner, et ceux, qui avaient fait
le guet, s�duits par cette apparente, se dispersaient pour
fourrager eux-m�mes, lorsque les Espagnols, s'�lan�ant avec
l'imp�tuosit� qui leur est naturelle, font main basse sur ces
hommes �pars, qui n'appr�hendaient rien de semblable, et les
mettent en d�sordre; puis, avant qu'ils aient commenc� � se
d�fendre, l'infanterie arm�e de boucliers sort de la for�t,
culbute et dissipe ceux qui cherchent � se rallier. La cavalerie,
alors, partit � leur poursuite, et joncha de morts tout le terrain
qui conduisait au camp. On eut m�me soin de n'en laisser �chapper
aucun: car le reste des cavaliers, au nombre de deux cent
cinquante, prirent facilement les devants du c�t� du camp de
Pomp�e, en allant � toute bride par les chemins les plus courts,
et se retourn�rent sur ceux qui fuyaient les premiers. Aussit�t
que Pomp�e s'aper�ut de ce qui se passait, il envoya au secours
des siens une l�gion command�e par D. L�lius; mais la cavalerie,
faisant un mouvement vers la droite, feignit d'abord de se
retirer, et revint charger en queue la l�gion, dont la t�te �tait
d�j� aux prises avec ceux qui avaient poursuivi les fourrageurs.
Press�e entre deux troupes ennemies, elle fut extermin�e avec le
lieutenant. Pomp�e avait voulu la d�gager en faisant sortir du
camp son arm�e enti�re; mais Sertorius, lui faisant voir la sienne
rang�e sur les hauteurs, le fit renoncer au combat. Outre cette
double perte, r�sultat du m�me artifice, Pomp�e eut la douleur de
rester spectateur du massacre de ses soldats. Tel fut le premier
engagement entre Sertorius et Pomp�e. Celui-ci, au rapport de
Tite-Live, perdit dix mille six cents hommes et tous ses bagages.

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Books | Photos | Paul Mutton | Wed 14th Jan 2026, 12:56