Les stratagèmes by Sextus Julius Frontin


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Page 19

7 Leutychidas, g�n�ral lac�d�monien, �tant sur le point de
combattre, le jour m�me que ses alli�s[46] gagnaient une bataille
navale, d�clara � ses soldats, pour leur inspirer plus d'ardeur,
et bien qu'il l'ignor�t encore, qu'on venait de lui annoncer la
victoire des alli�s.

8 Dans un combat[47] contre les Latins, A. Postumius, voyant
appara�tre deux jeunes hommes � cheval, releva le courage des
siens en disant que c'�taient Castor et Pollux qui venaient � leur
secours, et r�tablit ainsi le combat.

9 Archidamus, de Lac�d�mone, �tant en guerre avec les Arcadiens,
pla�a au milieu de son camp des armes autour desquelles il fit
secr�tement marcher des chevaux, pendant la nuit. Le lendemain il
montra les pas � ses soldats, et leur persuada que Castor et
Pollux �taient venus � cheval dans ce lieu pour les soutenir
pendant le combat.

10 P�ricl�s, g�n�ral ath�nien, aper�ut, au moment de livrer
bataille, un bois d'o� l'on pouvait �tre en vue des deux arm�es,
bois tr�s �pais, vaste et consacr� � Pluton. Il y aposta un homme
d'une grande taille, augment�e encore par de tr�s hauts cothurnes,
et dont le manteau de pourpre et la chevelure inspiraient de la
v�n�ration. Debout sur un char attel� de chevaux blancs, cet homme
devait, au signal du combat, s'avancer, appeler P�ricl�s par son
nom, l'encourager, et lui annoncer que les dieux �taient du c�t�
des Ath�niens. � la vue de ce prodige, les ennemis prirent la
fuite avant m�me qu'on lan��t le javelot.

11 L. Sylla, voulant inspirer du courage � ses troupes, leur fit
croire que les dieux lui r�v�laient l'avenir. En pr�sence m�me de
toute l'arm�e, et au moment de sortir du camp pour combattre, il
adressait des pri�res � une petite statue, qu'il avait enlev�e �
Delphes, et la suppliait de h�ter la victoire qu'elle lui avait
promise.

12 C. Marius avait aupr�s de lui une proph�tesse[48] de Syrie, dont
il feignait de recevoir les pr�dictions sur l'issue des combats.

13 Q. Sertorius, qui avait une arm�e de barbares, sans raison et
sans discipline, menait � sa suite, dans la Lusitanie, une biche
blanche d'une beaut� remarquable; et, afin que ses ordres fussent
observ�s comme s'ils �manaient du ciel, il assurait que cette
biche l'avertissait de ce qu'il devait, faire et de ce qu'il
devait �viter.

Les ruses de ce genre ne peuvent �tre employ�es que lorsqu'on
conna�t l'ignorance et la superstition des hommes auxquels on
s'adresse; mais il est bien pr�f�rable d'en imaginer qui soient de
nature � pouvoir �tre prises r�ellement pour des manifestations
divines.

14 Alexandre le Grand, au moment d'offrir un sacrifice, se servit
d'une teinture pour tracer dans la main que l'aruspice allait
porter sur les entrailles des victimes, certaines lettres qui
signifiaient qu'il serait vainqueur. Le foie, encore chaud, ayant
re�u promptement ces caract�res, Alexandre les fit voir aux
soldats, et accrut par l� leur courage, comme si un dieu lui e�t
promis la victoire.

15 L'aruspice Sudin�s en fit autant, lorsqu'Eum�ne �tait sur le
point de livrer bataille aux Gaulois.

16 �paminondas, g�n�ral th�bain, persuad� que ses troupes
marcheraient avec plus de confiance contre les Lac�d�moniens, si
un motif religieux les animait, enleva pendant la nuit les armes
suspendues en troph�es dans les temples, et fit entendre aux
soldats que les dieux les suivaient pour les secourir dans le
combat.

17 Ag�silas, roi de Lac�d�mone, ayant fait quelques prisonniers
aux Perses, dont l'aspect est effrayant quand ils ont leur costume
de guerre, les mit � nu, et montra leurs corps blancs et d�licats
� ses troupes, afin qu'elles n'eussent que du m�pris pour de
pareils soldats.

18 G�lon, tyran de Syracuse, ayant fait dans une guerre contre les
Carthaginois, un grand nombre de prisonniers, choisit les plus
faibles, surtout parmi les auxiliaires, qui �taient tr�s noirs, et
les fit para�tre nus en pr�sence de ses soldats, pour exciter leur
m�pris.

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Books | Photos | Paul Mutton | Tue 13th Jan 2026, 13:27