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Page 43
Dans le cours du mois, Peter disparut. On observa que tous ceux
qui l'avaient pris sous leur patronage, Smoker et Tiles, Jolly,
Kinine, et Tammy, semblaient particuli�rement charm�s et prenaient
un air myst�rieux, quand ils entendaient le reste du public
s'�tonner de cette disparition sans tambour ni trompette.
Une semaine environ apr�s le d�part de Peter, mistress Jolly s'en
vint trouver mistress Smoker pour lui demander si elle avait
entendu parler de son mari. Mistress Smoker n'avait aucune
nouvelle � donner, mais elle demanda � son tour � mistress Jolly
si elle savait ce que pouvait �tre devenue cette brute de Smoker?
Les deux femmes v�rifi�rent alors leur situation financi�re. Les
deux maris avaient fait des ventes � leur insu et lev� de
l'argent. Smoker avait mis en loterie sa jument favorite Slap
Bang, et Jolly non-content d'encaisser les plus grosses factures
de la Saint-Jean avait encore enlev� le pot d'argent du grand-p�re
de mistress Jolly. Tous les deux avaient emport� leurs habits des
dimanches, leurs selles et leurs pistolets. Ce fut un terrible
scandale et un cri de haro g�n�ral que ne purent apaiser les
lettres �crites par les deux maris disparus. L'une �tait dat�e de
Londres, l'autre de Liverpool. Tous les deux disaient qu'ils
avaient trouv� un moyen unique de faire fortune, sans courir de
risque, et qu'ils seraient de retour dans trois mois. Les soup�ons
s'�taient un instant port�s sur Peter: mais chose singuli�re! tous
les deux demandaient pr�cis�ment de ses nouvelles et priaient,
l'un qu'on ne lui f�t pas payer son verre d'ale quand il viendrait
trinquer avec les buveurs, l'autre qu'on donn�t un morceau de
boeuf ou de mouton � son chien toutes les fois que cela lui serait
agr�able.
Au milieu du toll� g�n�ral, Peter descendit un beau matin de
l'imp�riale de la diligence de la ville voisine de Muddleborough,
et se glissa � l'improviste dans le cercle des comm�res de la
taverne du Cheval et du Jockey. Son histoire �tait courte cette
fois et positive. Il ne s'�tait absent� que pour aller toucher sa
pension. Il avait aper�u au Th��tre royal de Covent-Garden, Jolly
dans un �tat complet d'ivresse, mais il s'�tait abstenu de lui
parler. Moins d'une heure apr�s son arriv�e, Peter �tait enferm�
avec Kinine dans le laboratoire du pharmacien et il passa la
soir�e enti�re avec Tammy, le marguillier.
La semaine d'ensuite on annon�a que M. Kinine vendait sa pharmacie
et quittait la ville pour n'y plus revenir. Les uns disaient qu'il
allait �tudier pour se faire recevoir m�decin; d'autres qu'il
avait fait un h�ritage; d'autres enfin qu'il �tait ruin�. Le fait
est qu'il partit et qu'on ne le revit plus � Muddleborough. La
derni�re fois que j'entendis parler de lui, il faisait un cours
public sur l'�lectro-biologie, ou sur toute autre chose, -- entr�e
deux pence par personne.
Par une co�ncidence assez bizarre, dans la m�me semaine o� Kinine
c�da la place � son successeur Bluster, qui tient encore sa
pharmacie, Tammy, le marguillier, partit pour Manchester, sous
pr�texte d'acheter des marchandises, mais ce n'�tait pas l'�poque
de ses achats annuels. Il laissa la direction du magasin au jeune
Binks, qui devait plus tard �pouser mistress Tammy. M. Tammy fut
absent six mois. Durant ce temps, la pauvre mistress Tammy disait
� qui voulait l'entendre qu'elle en avait perdu la t�te; et quand
il revint, il �tait �aussi maigre qu'une belette, aussi chauve
qu'un vautour et aussi jaune qu'une guin�e.� Ainsi le d�clarait
miss Spark; mais tr�s peu de gens le virent, car il se mit au lit
et mourut, ne parlant dans son d�lire que de fourgons, de tr�sor,
de doublons d'Espagne et du tra�tre Peter. Le jour de son
enterrement, tout fut connu. Tammy �tait all� en Portugal avec
Peter, qui, apr�s l'avoir conduit au milieu du pays, l'avait
d�nonc� � la police comme un espion h�r�tique et �tait d�camp�
avec les mules, le bagage et tout l'argent destin� � l'achat de la
vigne, des barriques � double fond, des voitures et de tous les
compl�ments de l'entreprise.
Le pauvre Tammy, apr�s sa mise en libert�, s'�tait vu forc� de
regagner Oporto � pied et presque en mendiant. Arriv� dans cette
ville, la premi�re personne dont il avait fait rencontre, au
bureau de la police, �tait son compatriote Kinine en train de
demander des renseignements sur ce coquin de Peter, qui, apr�s une
bombance � Londres, avait disparu avec ses malles et ses billets
de banque, produits de la vente de son fond de commerce, pour
rejoindre Tammy en Portugal.
Quand la pauvre mistress Tammy raconta cette triste histoire au
d�jeuner des fun�railles, la bombe �clata. Peter avait pris pour
dupe la ville tout enti�re; chacun, depuis le savetier jusqu'au
recteur, avait plac� des fonds sur le tr�sor portugais cach� dans
un puits. Smoker tomba en faillite; Jolly fui forc� de cong�dier
son gar�on boucher et de tuer ses b�tes lui-m�me. Tout le monde
avait pay� plus ou moins cher le plaisir d'�couter les histoires
de Peter. Il avait escamot� les �pargnes enfouies dans les bas des
vieilles femmes, l'argent �conomis� par les jeunes servantes pour
s'acheter des rubans; il avait re�u cinquante livres sterlings et
plusieurs trait�s bibliques du recteur et deux fois autant, plus
un fusil tout neuf, de M. Closeleigh, mon patron. Le banquier lui
avait donn� cent livres sterlings, en ses propres bons d'une livre
chaque. Enfin le ma�tre d'�cole du village voisin lui avait pr�t�
ses seules et uniques cinq livres. Somme toute, Peter avait trouv�
dans notre ville une v�ritable banque de cr�dulit� et il l'avait
mise � sec.
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