Les conteurs à la ronde by Charles Dickens


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Page 39

Nous parl�mes beaucoup de certains h�ros de l'antiquit� et ensuite
de plusieurs martyrs. Il dit et rien assur�ment n'est plus vrai,
qu'il est avantageux pour l'homme de voir clairement, du
commencement � la fin, en quoi doit consister son h�ro�sme, afin
qu'il puisse s'armer de courage et de patience, se garantir des
surprises, etc. Je commen�ai � penser � moi-m�me, sans toutefois
supposer qu'il y pens�t aussi; mais cela vint par degr�s. � son
avis, disait-il, la surdit� et la c�cit� �taient peut-�tre de tous
les fardeaux les plus lourds � porter.

Il les appelait des calamit�s. Je ne puis vous rapporter tout ce
qu'il me dit, son intention n'�tait pas non plus que cela all�t
plus loin que nous; mais il me dit les plus tristes choses et il
me les dit � dessein. Il ne me d�guisa pas que mon mal �tait sans
rem�de; il �num�ra toutes les privations que me causerait mon
infirmit�; mais rien de tout cela, ajouta-t-il, ne pouvait
m'emp�cher d'�tre un h�ros, et, sous ce rapport, j'avais devant
moi une large et belle carri�re, non pour la renomm�e qui s'y
attache, mais pour la chose en elle-m�me. Je m'�tonnai de n'avoir
pas plus t�t pens� � tout cela, mais je ne crois pas que je
l'oublierai jamais.

� notre retour, je vis Charley r�dant autour de la porte et nous
attendant, cela �tait clair. Il me demanda si je voulais �tre
encore son ami; je n'avais plus, certainement, la moindre rancune.
Comme on ne devait souper que dans une heure, nous all�mes nous
asseoir sur le mur sous le grand poirier, et nous reparl�mes de
tout ce qui s'�tait pass�. J'entendais tout, bien qu'il ne cri�t
pas. Il nous fut ais� de reconna�tre que nous nous �tions bien
tromp�s tous les deux et qu'en r�alit� nous ne nous �tions jamais
ha�s. Depuis lors je l'aime plus que je ne l'avais aim�, et ce
n'est pas peu dire. Il ne triomphe plus de moi, et tous les jours
il me dit cinquante choses auxquelles il ne pensait jamais; par
exemple, que j'avais d'habitude, l'air de ne pas vouloir qu'on me
parl�t; mais je me suis merveilleusement d�fait de cet air-l�. Je
sais que bien des fois il a renonc� � la satisfaction de son
amour-propre et � son plaisir pour me pr�ter son aide et rester
pr�s de moi. Il n'aura plus cette peine en classe, car je ne
retournerai pas chez le docteur Owen; mais je sais comment cela
ira cette fois dans la maison de Charley. Je le sais parce qu'il
m'a dit que Catherine ne rirait plus jamais de moi. Du reste, elle
pourrait le faire sans inconv�nient. Je crois, du moins, que je
saurais supporter d�sormais les rires de tout le monde. Mon p�re
et ma m�re savent, vous savez tous que tout est bien chang� et que
nous ne nous querellerons plus jamais Charley et moi. Je ne
m'enfuirai plus de sa maison, ni d'aucune autre maison. Oh! il
vaut bien mieux regarder les choses en face. Comme vous faites
tous un signe de t�te affirmatif comme vous �tes tous d'accord
avec moi.


IX -- HISTOIRE DE L'INVIT�.

Je fus plac�, il y a vingt ans, comme clerc, pour faire mon
noviciat de la profession l�gale, dans le petit port de mer de
Muddleborough. Habit�e en partie par des agriculteurs, en partie
par des p�cheurs, cette petite ville a conserv� quelques restes
d'une contrebande autrefois lucrative et certaines r�miniscences
des courses heureuses de ses corsaires, auxquels la principale rue
et plusieurs auberges doivent leur fondation. Le recteur, le
banquier, le procureur, mon patron, qui tenait enferm�es dans des
bo�tes en fer blanc les affaires litigieuses de la moiti� du
comt�, et � qui une salle � manger poudreuse servait d'�tude, le
docteur et le propri�taire des deux bricks et du schooner, dont se
composait la marine marchande du port, �taient sans conteste les
sommit�s de l'endroit.

Du banquier ou de mon ma�tre, le procureur, Lequel �tait le plus
haut personnage entre tous? grande question rest�e obscure. Le
banquier Isaac Scrawby passait pour immens�ment riche. Les banques
provinciales par actions n'existaient pas encore, et il n'�tait
pas un fermier ou un p�cheur qui ne pr�f�r�t les bons d�chir�s et
crasseux de Scrawby aux billets les plus neufs de la banque
d'Angleterre; son papier garnissait donc les petits sacs de toile
� voile des p�cheurs, et les vieilles femmes le th�saurisaient
dans leurs bas de laine, comme on le vit bien lorsque, forc� de
suspendre ses paiements dans la premi�re crise apr�s le bill de
Peel, il donna � ses cr�anciers trois shellings pour livre. Mais,
d'un autre c�t�, le procureur Closeleigh, mon patron, outre qu'il
pouvait faire pr�ter de l'argent � tout le monde, connaissait tous
les secrets du comt� et avait la main en toute chose, sauf
pourtant les naissances, sp�cialit� qu'il laissait au docteur.

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Books | Photos | Paul Mutton | Thu 15th Jan 2026, 5:11