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Page 35
Je n'�tais pas mont�e depuis plus d'un quart d'heure, et je
n'avais pas fini de me d�shabiller, lorsque j'entendis tapoter �
ma porte. �Qui est l�? Demandai-je un peu effray�e. -- C'est moi,
cuisini�re, r�pondit Thomas, j'ai besoin de vous parler.� Je ne
pouvais m'imaginer ce qu'il me voulait, car il avait eu tout le
temps de me dire les choses les plus particuli�res. J'avais
d'ailleurs un peu raison de croire qu'il avait vu la veuve Rogers
cette apr�s-midi l� m�me. Je me rhabillai donc et je sortis dans
le corridor, o� se tenait Thomas d'un air plus grave que je ne lui
avais jamais vu, m�me � l'�glise. �Descendez, cuisini�re, murmura-
t-il, j'ai quelque chose � vous dire;� tout cela d'un air si
solennel que je ne pouvais vraiment deviner ce dont il �tait
question.
Nous voil� donc descendus dans la cuisine. Je ranimai le feu et je
m'assis tout pr�s; Thomas prit une chaise et se pla�a de l'autre
c�t�. Il avait l'air d'�tre � un enterrement. �Cuisini�re, dit-il,
je suis certain que vous apprendrez bient�t du nouveau. -- Bon
Dieu, Thomas, lui r�pondis-je, qu'apprendrai je donc? -- Eh bien!
dit-il, vous apprendrez que l'alderman est mort. -- Mort!
m'�criai-je, voil� qui est bien �trange!�
�Pas � moiti� si �trange que ce que je viens d'entendre,
cuisini�re, ajouta Thomas d'une vois s�pulcrale, je viens
d'entendre le spectre de l'alderman et je suis certain que nous ne
le reverrons plus en vie! En entrant dans la salle � manger pour
d�barrasser le souper des jeunes ladies, j'ai trouv� un grand
verre de punch au milieu du plateau. Vous savez que c'est la
mani�re dont elles s'y prennent souvent quand je reviens tremp�
apr�s avoir conduit l'alderman. (Pour de v�ritables ladies comme
elles, il e�t �t� trop familier de dire: Thomas, voil� un verre de
punch pour vous). J'allais donc boire le verre de punch � la sant�
de l'alderman, poursuivit Thomas, lorsque j'entends la porte du
vestibule s'ouvrir et crac, crac, crac, le son des pas de
l'alderman qui le traverse. D'abord je ne trouvai rien de bien
extraordinaire � son retour � Brownham, malgr� l'heure avanc�e de
la nuit. Je d�posai donc mon verre de punch, et prenant une
chandelle, je sortis de la salle � manger pour �clairer. Je ne vis
rien du tout; mais les pas de mon ma�tre me devan�aient, crac,
crac, crac, et montaient l'escalier. Je les suivis jusqu'au
premier palier; mais l� encore, je n'aper�us pas d'alderman, rien
absolument. Bon Dieu! monsieur, m'�criai-je alors, o� �tes-vous?
Ne faites pas cela pour me faire peur! Je m'arr�tai et j'�coutai;
aucune r�ponse, aucun son que le crac, crac, crac! Les pas
mont�rent jusqu'� la porte de la chambre � coucher de l'alderman;
je l'entendis s'ouvrir et se fermer; puis je n'entendis plus rien.
Mais, cuisini�re, toutes les portes ext�rieures sont ferm�es et
barr�es pour la nuit. Comment donc l'alderman aurait-il pu entrer
dans la maison? Aussi s�r que vous �tes en vie, c'est son spectre
que j'ai entendu!�
Je le crus aussi dans le moment, et maintenant j'en suis certaine.
Nous pass�mes toute la nuit assis au coin du feu, pour �tre pr�ts
quand la nouvelle viendrait de Dewcester. Le lendemain, de grand
matin, il arriva un expr�s. Thomas le fit entrer, et avant qu'il
nous e�t expliqu� ce qui l'amenait � Brownham, Thomas lui dit:
�L'alderman Playford est mort.� Le messager fut fort �tonn�, comme
vous le pensez bien. Mis�ricorde! s'�cria-t-il, comment donc le
savez-vous?... -- Il est mort, la nuit derni�re, repartit Thomas,
au moment o� l'horloge sonnait minuit. J'ai entendu ses pas dans
le vestibule et sur l'escalier. Le pas de l'alderman ne ressemble
� aucun autre, et j'ai su par l� qu'il devait �tre mort.
Je nous souhaite � tous en attendant l'autre monde, une vie longue
et heureuse en celui-ci.
VIII -- L'HISTOIRE DE L'�COLIER SOURD.
Je ne sais comment vous avez fait tous, ni ce que vous avez
racont�. Je pensais pendant ce temps-l� � ce que je pourrais vous
dire � mon tour d'int�ressant; mais je ne sais rien de bien
particulier qui me soit arriv�, si ce n'est pourtant tout ce qui
concerne Charley Felkin, et comment il m'invita � aller chez lui.
Je vous dirai cette histoire si vous voulez.
Charley, vous le savez, est d'une ann�e plus jeune que moi.
J'�tais depuis douze mois chez le docteur Owen quand il y arriva.
Il devait �tre dans ma salle d'�tudes et dans mon dortoir; il ne
savait rien des usages des �coles, ce qui le mit d'abord fort mal
� son aise, comme la plupart des nouveaux. Ce fut moi qui fus
charg� de le mettre au courant, et nous e�mes beaucoup de rapports
ensemble. Bient�t sa tristesse se dissipa; il prit son parti comme
les autres; nous dev�nmes grands amis. Il prit go�t � nos jeux, et
il cessa d'�tre m�lancolique. Nous avions de longues causeries les
jours de pluie et pendant les grandes promenades de l'�t�; mais
nos meilleures conversations avaient toujours lieu quand nous
�tions couch�s. Je n'�tais pas sourd alors. Oh! comme nous aimions
� parler de la maison paternelle, � raconter des histoires de
revenants Et toutes sortes d'autres histoires. Personne, que je
sache, ne nous entendit jamais, sauf une seule fois; encore en
f�mes-nous quittes pour un terrible roulement sur la porte, et
l'ordre du docteur de nous endormir � l'instant.
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