Les conteurs à la ronde by Charles Dickens


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Page 33

�S'il faut vous le dire? qu'attendons-nous? Il avoue tout, dit
Tom. Tombons sur lui � l'improviste. Je n'ai jamais vu un plus
laid sc�l�rat.�

�Avec cette somme, continua l'homme, voyez tout ce que nous
pouvons faire. Elle nous tirera de la d�tresse o� nous sommes
tomb�s, Marie; vous savez qu'en cela je dis la v�rit�, sans qu'il
y ait de ma part d'autre faute qu'une excessive confiance dans un
faux ami. Je ne puis vous voir mourir de faim. Je ne puis voir
notre petit enfant, n� dans une position confortable, r�duit �
coucher sur la paille, au fond d'une grange comme cette maison.
Non, je ne le puis, je ne le veux pas.�

Il poursuivit, se passionnant davantage � mesure qu'il parlait. ��
tout prix, je veux vous rendre une chance de confort et
d'ind�pendance.

�Et la paix d'esprit? r�pliqua Marie. Oh! William! je dois vous
dire les horribles craintes qui ont rempli mon �me pendant votre
absence, durant cette terrible nuit. J'ai lu et pri�. J'ai demand�
des consolations au ciel. Oh! William! rendez l'argent � votre
ami. -- Je ne dis rien de l'emprunt; -- rendez cet argent. Je ne
puis le regarder. Manquons de tout; mourons, s'il le faut, mais
rendez cet argent.

Tom Ruddle d�sarma tout doucement son pistolet et passa la manche
de son pardessus sur ses yeux.

�Ayons confiance en Dieu, William, poursuivit la femme, et la
d�livrance viendra. Le temps est tr�s froid, ajouta-t-elle. Il n'y
a plus d'esp�rance visible, mais je ne puis d�sesp�rer de tout �
cette �poque de l'ann�e. Cette grange, comme vous l'appelez,
William, n'est pas un s�jour plus humble que la cr�che de
Bethl�em, dont je viens de lire la touchante histoire.�

En ce moment, les cloches de la vieille �glise sonn�rent � pleine
vol�e. Nous �tions si pr�s de la tour que leurs vibrations
�branlaient les solives sur lesquelles nous nous tenions � cheval
et remplissaient tout le cottage de leur rude harmonie. ��coutez!
s'�cria l'homme �tonn�, qu'est-ce que c'est que cela? -- C'est le
matin de No�l, r�pondit la femme. Ah! William, William! dans quel
esprit nous devrions accueillir ce jour! dans quel esprit
diff�rent nous l'avons maintes et maintes fois accueilli dans des
temps plus heureux!�

L'homme pr�ta l'oreille aux cloches pendant une minute ou deux;
puis il s'agenouilla et cacha sa t�te sur les genoux de sa femme.
Il se fit un profond silence, sauf la musique de No�l. �S'il faut
vous le dire? dit Tom, je me rappelle qu'� cette heure nous
chantions toujours un hymne dans la maison de mon p�re. Allons-
nous-en: je ne voudrais pas pour mille guin�es troubler ces
pauvres gens.

Nos pr�paratifs pour descendre firent un peu de bruit. L'homme
regarda en l'air, tandis que la femme restait absorb�e dans ses
pri�res. Comme ma t�te d�passait juste le niveau du mur, nos yeux
se rencontr�rent. C'�taient bien les m�mes yeux qui �tincelaient
d'un �clat sauvage, quand le coup de pistolet �tait parti du
cabriolet. Nous continu�mes notre descente. L'homme se releva
tranquillement de sa position agenouill�e et mit son doigt sur sa
bouche. En descendant les escaliers, nous le trouv�mes qui nous
attendait sur le seuil de la porte. �Non pas devant elle, dit-il.
Je veux lui �pargner ce triste spectacle, si je puis. Je suis
coupable du vol, mais je ne voulais pas vous faire mal, monsieur.
Le pistolet est parti d�s que je l'ai touch�. Au nom du ciel,
dites-le-lui avec des m�nagements quand vous m'aurez emmen�!�

�S'il faut vous le dire? dit Tom Ruddle, dont les dispositions
belliqueuses s'�taient tout-�-fait �vanouies, le pistolet �tait
mon erreur, et tout ceci est une erreur aussi. Venez me voir, mon
ami et moi, � la banque, apr�s demain, et s'il faut vous le dire?
le diable de vent! il est si piquant qu'il me fait venir les
larmes aux yeux; oui, s'il faut vous le dire, nous nous
arrangerons pour vous en pr�ter davantage.�

Les cloches continuaient de sonner dans l'air. Il �tait pr�s de
minuit, et notre retour au logis � travers les chemins durcis par
la gel�e fut la plus agr�able promenade en voiture que nous
eussions faite de notre vie.

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Books | Photos | Paul Mutton | Wed 14th Jan 2026, 18:29