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Page 21
Alors l'autre petite fille l'avait prise par la main et elles
avaient tourn� toutes les deux le coin de l'aile orientale.
�Vous �tes une m�chante petite fille, dis-je � miss Rosemonde, car
vous me contez des histoires. Que dirait votre ch�re maman qui est
au ciel et qui n'a jamais dit un mensonge de sa vie, si elle
entendait sa petite Rosemonde raconter de pareils contes!�
�En v�rit�, Hester, dit en sanglotant ma petite lady; je vous dis
la v�rit�. Ne me dites pas cela! lui r�pondis-je d'un ton s�v�re.
J'ai suivi la trace de vos pas sur la neige. On n'en voyait pas
d'autre; et si vous aviez tenu une petite fille par la main pour
monter sur cette colline, n'aurait-elle pas laiss� l'empreinte de
ses pieds � c�t� des v�tres?�
�Ce n'est pas ma faute, ch�re Hester, dit-elle en pleurant, si
vous ne les avez pas vus; je n'ai jamais regard� � ses pieds; mais
elle tenait ma main serr�e dans sa petite main, et elle �tait
froide, tr�s froide.
Elle m'a conduite en haut du chemin des _Fells_ jusqu'aux deux
houx. L�, j'ai vu une dame qui pleurait et poussait des sanglots;
mais d�s qu'elle m'a vue, elle a cess� de pleurer; elle m'a souri
d'un air fier et noble; elle m'a prise sur ses genoux et a
commenc� � me bercer pour m'endormir. C'est l�, tout, Hester, mais
c'est bien la v�rit�; et ma ch�re maman le sait, dit-elle en
fondant en larmes. Alors je pensai que l'enfant avait la fi�vre et
je fis semblant de croire � son histoire, qu'elle me r�p�ta,
mainte et mainte fois, sans y rien changer.
� la fin, Doroth�e frappa � la porte avec le d�jeuner de miss
Rosemonde, et me dit que les vieilles dames �taient descendues
dans la salle � manger o� elles d�siraient me parler. La veille au
soir toutes les deux �taient mont�es dans notre chambre � coucher,
mais trouvant la petite endormie, elles s'�taient content�es de la
regarder, sans me faire de question.
�Je ne l'�chapperai pas, pensai-je en moi-m�me en traversant la
galerie du nord, et pourtant je reprenais courage, car j'avais
confi� l'enfant � une garde. Elles seules �taient � bl�mer de
l'avoir laiss�e courir toute seule. J'entrai donc hardiment et je
racontai toute l'histoire � mistress Stark. Je la racontai aussi �
miss Furnivall en criant de toutes mes forces contre son oreille;
mais quand je parlai de l'autre petite fille qui avait attir� miss
Rosemonde dehors dans la neige et l'avait conduite � la grande et
belle dame pr�s des houx, miss Furnivall jeta les bras en l'air,
ses vieux bras amaigris et s'�cria... � ciel! pardonne! ayez
mis�ricorde, Seigneur!�
Mistress Stark la retint dans son fauteuil, assez rudement � ce
qu'il me parut; mais mistress Stark n'en �tait plus ma�tresse, et
miss Furnivall me parla d'un ton d'autorit� m�l� d'une �trange
anxi�t�.
�Hester! gardez-la bien de cet enfant! cet enfant l'entra�nerait �
la mort! Enfant de malheur! Dites bien � Rosemonde qu'elle s'en
d�fie; car c'est un enfant m�chant et pervers! Alors, mistress
Stark me fit sortir de la salle � manger et je n'�tais pas f�ch�e
d'�tre dehors, mais miss Furnivall continuait de crier: oh! aie
piti� de moi! ne pardonneras-tu jamais! Il y a tant d'ann�es, tant
d'ann�es!�
Comme vous le pensez bien, mon esprit ne pouvait �tre en repos
apr�s cet �v�nement. Je n'osais quitter miss Rosemonde, ni le jour
ni la nuit. Ne pouvait-elle pas s'�chapper de nouveau pour courir
apr�s quelque imagination? J'avais cru, d'ailleurs, m'apercevoir
d'apr�s certaines bizarreries de miss Furnivall, qu'elle avait le
cerveau d�rang�. Je redoutais quelque chose de semblable pour ma
ch�re petite, car cela, vous le savez, peut tenir de famille.
Il ne cessait de geler � pierre fendre et toutes les fois que la
nuit �tait plus orageuse qu'a l'ordinaire, entre les bouff�es de
vent nous entendions le vieux lord jouer du grand orgue. Mais
vieux lord ou non, partout o� allait miss Rosemonde, je la
suivais; car mon amour pour elle, pauvre petite orpheline, �tait
plus fort que ma peur de cette terrible musique. C'�tait � moi,
d'ailleurs, de l'amuser et de la tenir en ga�t�, comme il
convenait � son �ge. Nous jouions donc ensemble, nous courions
ensemble, par-ci, par-l�, partout; car je n'osais jamais la perdre
de vue dans cette grande et solitaire demeure. Un certain apr�s-
midi, peu de jours avant la No�l, nous jouions toutes les deux sur
le tapis du billard dans la grande salle. Nous ne savions pas le
jeu bien entendu, mais elle aimait � faire rouler les douces
billes d'ivoire avec ses petites mains, et j'aimais � faire tout
ce qu'elle faisait; peu � peu, sans que nous y prissions garde, il
commen�a � faire noir dans la salle, quoiqu'il f�t clair encore en
plein air. Je songeais � la reconduire dans notre chambre, quand
tout-�-coup elle s'�cria:
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