Les conteurs à la ronde by Charles Dickens


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Page 20

�Cela est impossible, me r�pondit Doroth�e; je n'y suis jamais
all�e moi-m�me; les portes restent constamment ferm�es;
l'intendant de milord en a les cl�s, � ce que je crois. Dans tous
les cas, ni moi ni James ne les avons jamais vues.

�Il ne me reste donc, m'�criai-je, qu'� retourner voir si elle ne
s'est pas cach�e dans le salon de ces dames, sans �tre remarqu�e
d'elles. Oh! si je l'y trouve, je la fouetterai bien pour la
frayeur qu'elle m'a donn�e.� Je disais cela, mais je n'avais pas
la moindre intention de le faire. Me voil� rentr�e dans le salon
occidental, o� je dis � mistress Stark que, n'ayant pu trouver
nulle part miss Rosemonde, je la priais de me laisser bien
chercher derri�re les meubles et les rideaux. Je commen�ais �
croire que la pauvre petite avait pu se blottir dans quelque coin
bien chaud et s'y laisser gagner par le sommeil. Nous regard�mes
de tous c�t�s; miss Furnivall se leva et regarda aussi; elle
tremblait de tous ses membres: miss Rosemonde n'�tait bien
certainement dans aucun recoin du salon, Nous voil� de nouveau en
campagne, et cette fois tout le monde dans la maison, cherchant
partout o� nous avions d�j� cherch�, mais sans rien trouver. Miss
Furnivall tremblait et frissonnait tellement, que mistress Stark
la reconduisit dans le salon toujours bien chauff�, apr�s m'avoir
fait promettre de leur amener l'enfant d�s qu'elle serait
retrouv�e. Mis�ricorde! Je commen�ais � croire que nous ne la
retrouverions pas, quand je m'imaginai de regarder dans la cour de
la grande fa�ade, toute couverte de neige. J'�tais alors au
premier �tage; mais il faisait un si beau clair de lune, que je
distinguai tr�s bien l'empreinte de deux petits pieds, dont on
pouvait suivre la trace depuis la porte de la grande salle
jusqu'au coin de l'aile orientale. Je descendis comme un �clair;
je ne sais comment. J'ouvris, par un violent effort, la roide et
lourde porte de la salle, et, rejetant par-dessus ma t�te la jupe
de ma robe en guise de manteau, je me mis � courir. Je tournai le
coin oriental, et l� une grande ombre noire couvrait la neige;
mais parvenue de nouveau sous le clair de lune, je retrouvai
l'empreinte des petits pas montant vers les _Fells_. Il faisait un
froid rigoureux, si rigoureux, que l'air enlevait presque la peau
de mon visage tandis que je courais; mais je n'en courais pas
moins, pleurant � la pens�e de l'�pouvante et du p�ril o� devait
�tre mon enfant ch�rie. J'�tais en vue des deux houx, quand
j'aper�us un berger qui descendait la colline, et portait un objet
envelopp� dans son manteau. Ce berger cria apr�s moi et me demanda
si je n'avais pas perdu un enfant. Les pleurs et le vent
�touffaient ma voix. Il s'approcha de moi, et je vis miss
Rosemonde �tendue dans ses bras, immobile, blanche et roide comme
si elle �tait morte. Le berger me dit qu'il �tait mont� aux
_Fells_ pour rassembler son troupeau avant le froid intense de la
nuit, et que dans les houx (grandes marques noires sur le flanc de
la colline, o� on ne voyait pas d'autre buisson � plusieurs milles
� la ronde) il avait trouv� ma petite lady, mon agneau, ma reine,
d�j� roide et dans le fatal sommeil que produit la gel�e. Je
pleurais de joie en la tenant de nouveau dans mes bras, car je ne
voulus pas la laisser porter au berger; je la pris sous mon
manteau et la tins contre mon coeur. Je la r�chauffai l�
tendrement, et je sentais la vie rentrer avec la chaleur dans ses
petits membres; mais elle �tait encore insensible � notre arriv�e
dans le manoir. Je n'avais pas moi-m�me assez d'haleine pour
parler. J'entrai par la porte de la cuisine.

�Apportez vite la bassinoire,� fut tout ce que je pus dire. Je
montai miss Rosemonde dans notre chambre, o� je me mis � la
d�shabiller pr�s du feu, que Bessy avait entretenu. J'appelai mon
petit agneau des plus doux noms et des plus gais que je pouvais
imaginer, et cependant j'�tais presque aveugl�e par les larmes. �
la fin, oh! � la fin, elle ouvrit ses grands yeux bleus. Alors je
la mis dans le lit bien chaud, et j'envoyai Doroth�e pr�venir miss
Furnivall que nous l'avions retrouv�e et que tout allait bien. Je
r�solus de passer la nuit enti�re � c�t� du lit de ma petite. Elle
tomba dans un profond sommeil aussit�t que sa jolie t�te eut
touch� l'oreiller, et je la veillai jusqu'au matin. Quand elle
s'�veilla, son visage �tait aussi frais, aussi clair que ses
id�es; je le croyais du moins alors, et, mes chers amis, je le
crois encore aujourd'hui.

Elle me raconta qu'elle avait eu le d�sir d'aller pr�s de
Doroth�e, parce que les deux vieilles dames s'�taient endormies,
et qu'il faisait triste dans le salon. En traversant le corridor
de l'ouest, elle avait aper�u, � travers la crois�e �lev�e, la
neige qui tombait � gros flocons. Cela lui avait donn� le d�sir de
voir la terre toute blanche, et elle �tait entr�e pour cela dans
la grande salle o�, s'approchant des crois�es, elle avait vu, en
effet, la terrasse couverte d'une neige �blouissante. Une petite
fille lui �tait apparue, du m�me �ge � peu pr�s qu'elle, �mais si
jolie, disait ma mignonne, si jolie! Et cette petite fille m'a
fait signe de sortir. Et elle avait l'air d'�tre si bonne, que je
ne pouvais lui refuser.�

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Books | Photos | Paul Mutton | Tue 13th Jan 2026, 17:52