Le grillon du foyer by Charles Dickens


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Page 39

Elle �tait depuis quelques instants sous cette impression de
regret quand le Grillon du Foyer se mit � chanter, sans que
personne autre qu'elle l'entend�t. Ce chant n'�tait pas gai, mais
bas, faible, triste. Il �tait si douloureux que ses larmes
commenc�rent � couler, et elles tomb�rent en abondance quand
l'apparition qui s'�tait tenue toute la nuit pr�s du voiturier, se
tint derri�re elle en montrant son p�re.

Elle entendit bient�t plus distinctement la voix du Grillon, et
quoique aveugle, elle sentit que l'apparition se penchait vers son
p�re.

-- Dot, dit la jeune fille aveugle, dites-moi ce qu'est ma maison:
ce qu'elle est en r�alit�.

-- C'est un pauvre lieu, Berthe, bien pauvre et bien nu. L'hiver
prochain elle ne pourra gu�re garantir du vent et de la pluie.
Elle est mal pr�serv�e du mauvais temps, Berthe. Et Dot ajouta en
baissant la voix, mais distinctement; comme votre pauvre p�re avec
son habit de toile.

La fille aveugle, fort agit�e, se leva et tira un peu � part la
femme du voiturier.

-- Ces pr�sents dont j'ai pris tant de soins, qui me venaient
presque � souhait, et que je recevais avec tant de joie, dit-elle
en tremblant, d'o� venaient-ils? Est-ce vous qui les envoyiez?

-- Non.

-- Qui donc?

Dot vit qu'elle le savait d�j� et garda le silence. La fille
aveugle se couvrit encore le visage de ses mains, mais maintenant
d'une autre mani�re.

-- Ch�re Dot, un moment! Un moment! ne quittons pas ce sujet.
Parlez-moi doucement. Vous �tes sinc�re, je le suis. Vous ne
voudriez pas me tromper, n'est-ce pas?

-- Non, vraiment, Berthe!

-- Non, je suis s�re que vous ne voudriez pas. Vous avez trop
compassion de moi. Dot, regardez dans la chambre o� nous �tions,
o� est mon p�re, mon p�re si plein de compassion et d'amour pour
moi, et dites-moi ce que vous voyez.

-- Je vois, dit Dot, qui la comprit bien, un vieillard assis sur
une chaise, appuy� tristement sur le dossier, avec son visage dans
sa main, comme si son enfant devait le consoler, Berthe.

-- Oui, oui, elle le consolera. Allons.

-- C'est un vieillard us� par les soucis et le travail. C'est un
homme maigre, abattu, pensif, � cheveux gris. Je le vois
maintenant accabl� et courb�, s'agitant pour rien. Mais je l'ai vu
d�j� bien souvent, Berthe, en s'agitant pour travailler de
plusieurs mani�res pour un objet sacr�. Et, j'honore sa t�te
grise, et je le b�nis!

La jeune aveugle, la quittant et allant se jeter aux genoux du
vieillard, pressa sa t�te grise sur son sein.

-- La vue m'est rendue, s'�cria-t-elle, j'y vois. J'�tais aveugle
et maintenant mes yeux se sont ouverts. Je ne l'avais jamais
connu. Dire que j'aurais pu mourir sans avoir jamais connu un p�re
qui m'a si tendrement aim�e!

Aucune parole ne peut rendre l'�motion de Caleb.

-- Il n'est aucune figure sur la terre, s'�cria l'aveugle en
l'embrassant, que je puisse aimer et ch�rir autant que celle-ci,
quelque belle qu'elle f�t. Plus cette t�te est grise, et ce visage
us�, plus ils me sont chers, mon p�re. Qu'on ne dise plus
d�sormais que je suis aveugle. Il n'y a pas une ride sur son
visage, pas un cheveu sur sa t�te, qui soit oubli� dans mes
pri�res et dans mes actions de gr�ces.

Caleb essaya d'articuler �ma Berthe.�

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Books | Photos | Paul Mutton | Thu 15th Jan 2026, 1:49