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Page 40
-- Et dans ma c�cit�, moi qui le croyais si diff�rent dit-elle en
le caressant avec des larmes de la plus exquise affection. L'avoir
pr�s de moi, chaque jour pensant toujours � moi, et n'avoir jamais
r�v� de cela!
-- Le p�re si �l�gant en habit bleu a disparu, Berthe, dit le
pauvre Caleb.
-- Rien n'a disparu, r�pondit-elle. Cher p�re, non. Tout est l� en
vous. Le p�re que j'aimais tant, le p�re que je n'ai jamais assez
aim�, et assez connu, le bienfaiteur que j'appris d'abord �
respecter et � aimer � cause de sa sympathie pour moi, tout cela
est en vous. Rien n'est mort pour moi. L'�me de tout ce qui
m'�tait le plus cher est ici, ici avec ce visage rid� et cette
t�te grise. Je ne suis point aveugle, mon p�re.
Pendant ces paroles, toute l'attention de Dot avait �t� fix�e sur
le p�re et la fille; mais en jetant les yeux sur le petit faucheur
et la prairie mauresque, elle vit que l'horloge allait sonner dans
quelques minutes, et imm�diatement elle fut saisie d'une agitation
nerveuse.
-- Mon p�re, dit Berthe avec h�sitation, Dot?
-- Oui, ma ch�re, dit Caleb; elle est l�.
-- N'y a-t-il pas de changement en elle? Ne m'avez-vous jamais
rien dit d'elle qui ne f�t vrai?
-- Je crains que je ne l'eusse fait, ma ch�re, r�pondit Caleb, si
j'avais pu la peindre mieux qu'elle n'�tait. Mais si je l'avais
chang�e, c'e�t �t� la rendre moins bien. On ne peut rien d�peindre
de mieux qu'elle.
La confiance de l'aveugle en faisant cette question, son plaisir
et son orgueil en entendant la r�ponse, et son bonheur en
l'embrassant de nouveau, �taient charmants � contempler.
-- Cependant il peut arriver plus de changement que vous ne le
pensez, ma ch�re, dit Dot. Des changements en mieux, je veux dire;
des changements pour la plus grande joie de nous tous. Il ne faut
pas trop vous en �mouvoir s'ils arrivent.
-- Quelles sont ces roues qu'on entend sur la route?
-- Vous avez l'oreille fine, Berthe. Sont-ce des roues?
-- Oui, et elles vont vite.
-- Je... je... je sais que vous avez l'oreille d�licate, dit Dot
en mettant la main sur son coeur, et parlant �videmment aussi vite
qu'elle le pouvait pour cacher son agitation; car je l'ai remarqu�
souvent, et vous avez �t� tr�s prompte � distinguer le pas
�tranger la nuit pass�e. Cependant je ne sais pas, en me souvenant
que vous dites: -- de qui est ce pas? -- je ne sais pas pourquoi
vous f�tes attention � ce pas plut�t qu'� un autre. Mais, comme je
viens de le dire, il y a de grands changements dans le monde, de
grands changements, et nous ne pouvons mieux faire que de nous
pr�parer � n'�tre surpris presque de rien.
Caleb s'�tonna du sens de ces paroles, en s'apercevant qu'elles
s'adressaient � lui non moins qu'� sa fille. Il la vit, avec
surprise, si agit�e, et si d�sol�e qu'elle pouvait � peine
respirer, et se tenant � une chaise pour s'emp�cher de tomber.
-- C'est un bruit de roues, en effet, dit-elle tout �mue; elles
approchent! Plus pr�s encore! Tr�s pr�s! Elles s'arr�tent � la
porte du jardin! Et maintenant vous entendez le pas d'un homme en
dehors; le m�me pas, Berthe, n'est-ce pas? Et maintenant...
Elle poussa un cri de joie inexprimable; et, courant vers Caleb,
elle mit la main sur ses yeux, pendant qu'un jeune homme entrait
dans la chambre, et jetant son chapeau en l'air, s'approcha d'eux.
-- C'est fini? cria Dot.
-- Oui!
-- Heureusement fini?
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