Le grillon du foyer by Charles Dickens


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Page 38

-- Je le savais, dit Berthe fi�rement. Je le leur ai dit. J'ai
m�pris� ce qu'ils disaient. La bl�mer justement! Elle pressa sa
main dans la sienne, et appuya sa douce joue sur sa joue. -- Non,
je ne suis pas assez aveugle pour cela.

Son p�re se mit � c�t� de Dot, et Berthe de l'autre en lui prenant
chacun une main.

-- Je sais tout cela, dit Berthe, mieux que vous ne le croyez.
Mais personne aussi bien qu'elle. Pas m�me vous, mon p�re. Il n'y
a personne aussi sinc�re et aussi vraie avec moi qu'elle. Si la
vue pouvait m'�tre rendue un seul instant, je la d�couvrirais dans
une foule sans qu'on me d�t un seul mot. Ma soeur!

-- Berthe, ma ch�re, dit Caleb, j'ai quelque chose sur le coeur
qu'il faut que je vous dise pendant que nous sommes tous trois
seuls. �coutez-moi avec bienveillance. J'ai une confession � vous
faire, ma ch�re fille.

-- Une confession, mon p�re?

-- Je me suis �loign� de la v�rit�, mon enfant, et je me suis
perdu moi-m�me dit Caleb avec une expression douloureuse de sa
physionomie boulevers�e. Je me suis �loign� de la v�rit� avec
l'intention de vous faire du bien, et j'ai �t� cruel.

Elle tourna vers lui son visage �tonn� en r�p�tant le mot cruel.

-- Il s'accuse trop vivement, Berthe, dit Dot. Vous allez le dire,
vous serez la premi�re � le dire.

-- Lui cruel pour moi! s'�cria Berthe avec un sourire
d'incr�dulit�.

-- Sans le vouloir, mon enfant, dit Caleb; mais je l'ai �t�, sans
toutefois m'en douter, jusqu'� hier soir. Ma ch�re fille aveugle,
�coutez-moi et pardonnez-moi. Le monde dans lequel vous vivez, mon
coeur, n'existe pas comme je vous l'ai d�peint. Les yeux auxquels
vous vous �tes fi�e vous ont tromp�e.

Elle tourna encore vers lui son visage frapp� d'�tonnement, mais
elle se recula en se rapprochant de son amie.

-- Votre chemin dans la vie �tait rude, ma pauvre enfant, dit
Caleb, et j'ai voulu vous l'adoucir. J'ai alt�r� les objets,
chang� le caract�re des gens, invent� bien des choses qui n'ont
jamais exist�, afin de vous rendre plus heureuse. Je vous ai fait
des cachotteries, je vous ai forg� des tromperies. Dieu me
pardonne! et je vous ai entour�e de choses imaginaires.

-- Mais les personnes vivantes ne sont pas imaginaires? dit-elle
avec force, mais en p�lissant beaucoup et en s'�loignant de lui.
Vous ne pouvez pas les changer.

-- Je l'ai fait, Berthe, dit Caleb. Il y a une personne que vous
connaissez, ma colombe...

-- Oh! mon p�re, pourquoi dites-vous que je la connais? r�pondit-
elle d'un ton d'amer reproche. Qui puis-je conna�tre, moi qui n'ai
personne pour me guider, moi mis�rable aveugle?

Dans l'angoisse de son coeur, elle tendit ses mains en avant comme
si elle cherchait son chemin, et puis elle en couvrit sa figure
avec un air de tristesse et de d�laissement.

-- Le mariage qui a lieu aujourd'hui, dit Caleb, se fait avec un
homme s�v�re, avare et �go�ste. Un ma�tre dur pour vous et pour
moi, ma ch�re, pendant bien des ann�es. Laid dans ses regards et
dans son caract�re. Toujours froid et insensible. Diff�rent de ce
que je vous l'ai d�peint en toutes choses, mon enfant, en toutes
choses.

-- Oh! pourquoi, dit la fille aveugle tortur�e au-del� de ce
qu'elle pouvait supporter, pourquoi avoir toujours agi ainsi!
Pourquoi avez-vous rempli mon coeur de joie pour venir, comme la
mort, m'y arracher tous les objets de mon amour! � ciel, comme je
suis aveugle! comme je suis seule et sans appui!

Son p�re d�sol� penchait la t�te, et ne r�pondait que par son
repentir et par sa douleur.

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Books | Photos | Paul Mutton | Thu 15th Jan 2026, 0:00