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Page 31
Il recula de devant la porte, comme un homme qui marchant endormi,
s'�veille d'un mauvais r�ve, et il posa son fusil, puis, se
couvrant le visage de ses mains, il se rassit aupr�s du feu, et
trouva du soulagement � fondre en larmes.
Le Grillon du Foyer sortit et vint dans la chambre, et lui apparut
en forme de f�e: �Je l'aime, dit cette voix merveilleuse r�p�tant
les paroles dont il se souvenait bien, pour la musique innocente
qu'il m'a fait entendre.�
-- Elle disait cela, s'�cria le voiturier. C'est vrai.
-- Cette maison a �t� heureuse, John; et j'aime le Grillon � cause
d'elle.
-- Elle l'a �t�. Dieu le sait, r�pondait le voiturier. Elle l'a
toujours rendue heureuse... jusqu'� pr�sent.
-- Si gracieusement paisible, disait la voix, si int�rieure, si
gaie, si occup�e, si l�g�re de coeur.
-- Sans cela je n'aurais jamais pu l'aimer comme je l'aimais,
r�pondait le voiturier.
La voix le reprenant dit: -- Comme je l'aime.
Le voiturier r�p�ta, mais faiblement: -- Comme je l'aimais. Sa
langue r�sistait � sa volont�, et aurait voulu parler � sa guise
pour elle-m�me et pour lui.
La f�e, dans une attitude d'invocation, leva la main et dit:
-- Sur votre propre foyer...
-- Le foyer qu'elle a souill�, interrompit le voiturier.
-- Le coeur qu'elle a... combien de fois... b�ni et illumin�, dit
le Grillon; le foyer qui, sans elle, �tait un compos� de quelques
briques et de barreaux de fer rouill�s, et qui est devenu par elle
l'autel de votre maison, sur lequel vous avez sacrifi� les petites
passions, l'�go�sme, et vous avez offert l'hommage d'un esprit
tranquille, d'une nature confiante, et un coeur plein de
sensibilit�; de sorte que la fum�e de cette pauvre chemin�e est
sortie au dehors r�pandant un parfum plus agr�able que le meilleur
encens qui br�le dans les plus splendides temples du monde! Au nom
de votre propre foyer, dans son paisible sanctuaire, entour� de
tous ses plus beaux souvenirs, �coutez-la! �coutez-moi! �coutez
tout ce qui parle le langage de votre foyer et de votre maison!
-- Et qui plaide pour elle? dit le voiturier.
-- Tout ce qui parle le langage de votre foyer et de votre maison
doit plaider pour elle, r�pondit le Grillon; car ils disent la
v�rit�.
Et pendant que le voiturier, sa t�te appuy�e sur ses mains,
restait assis sur sa chaise � m�diter, l'apparition �tait aupr�s
de lui, lui sugg�rant des r�flexions en vertu de son pouvoir, et
les lui pr�sentant comme dans un miroir ou dans un tableau. Cette
apparition n'�tait pas solitaire. Du foyer, de la chemin�e, de la
sonnette, de la pipe, du chaudron, du berceau, du plancher, des
murs, du collier, de l'escalier, de la voiture au dehors, et de la
table au dedans, de tous les ustensiles de m�nage, de tous les
objets avec lesquels sa femme �tait famili�re, et o� elle avait
attach� des souvenirs d'elle-m�me qui remplissaient la pens�e de
son infortun� mari, des esprits s'�chappaient, non pas pour se
tenir debout � cot� de lui comme le Grillon, mais pour se mettre �
l'ouvrage. Tous rendaient honneur � son image. Ils le tiraient par
les pans de son habit pour lui montrer quand elle paraissait. Ils
se groupaient autour d'elle, l'embrassaient et r�pandaient des
fleurs sur ses pas. Ils essayaient de couronner sa belle t�te avec
leurs petites mains. Ils montraient qu'ils �taient pleins d'amour
pour elle; et qu'il n'y avait pas de cr�ature laide, m�chante ou
accusatrice qui s'�lev�t contre elle, tandis qu'eux tous
l'applaudissaient.
Les pens�es du voiturier �taient toutes fix�es sur l'image de sa
femme. Elle �tait toujours l�.
Elle �tait assise, faisant jouer son aiguille, devant le feu, et
se chantant � elle-m�me. C'�tait bien la gaie, la laborieuse, la
constante petite Dot! Toutes ces figures de f�es tournaient autour
de lui et concentraient leurs regards sur lui, et semblaient dire:
-- Est-ce l� la jeune femme que vous pleurez!
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