Le grillon du foyer by Charles Dickens


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Page 30

Mais lentement, lentement, � mesure que le voiturier �tait assis
froid et sombre � son foyer, d'autres pens�es plus s�v�res
commenc�rent � na�tre. L'�tranger �tait sous son toit outrag�.
Trois pas le conduiraient � sa chambre. Un coup l'abattrait. �Vous
pourriez commettre un meurtre avant de le savoir,� avait dit
Tackleton. Comment y aurait-il meurtre s'il donnait au coquin le
temps de se mettre en d�fense? Cet homme �tait plus jeune que lui.

C'�tait une pens�e malsaine, provenant d'un esprit qui voyait trop
noir. C'�tait une pens�e m�chante qui le portait � changer sa
paisible demeure en un lieu hant� par les fant�mes, o� les
voyageurs solitaires redouteraient de passer la nuit, et o� les
�mes timides verraient des ombres se d�battre au clair de lune �
travers les fen�tres vides, et entendraient des bruits effrayants
pendant les temp�tes.

Elle avait mont� l'escalier avec l'enfant pour aller le coucher.
Pendant qu'il �tait aupr�s du feu, elle s'approcha de lui sans
qu'il l'entendit -- dans son d�sespoir il �tait insensible � tous
les bruits -- et elle avait plac� son petit escabeau � ses pieds.
Il ne s'en aper�ut que quand il sentit sa main dans la sienne, et
qu'il la vit le regarder en face.

Avec �tonnement? non. Ce fut sa premi�re impression, et il
d�sirait vivement la voir; � dire vrai, non, elle ne le regardait
pas avec �tonnement, mais avec un oeil interrogateur, mais sans
�tonnement. Son regard fut d'abord alarm� et s�rieux; ensuite il
prit une expression �trange, sauvage, jointe � un sourire
effrayant, quand elle reconnut ses pens�es, puis elle porta ses
mains tordues � son front, pendant que sa t�te se penchait, et que
ses cheveux tombaient.

Quoiqu'il e�t sur elle les droits de la toute-puissance, il en
avait aussi la mis�ricorde � un trop haut degr� pour peser sur
elle, m�me du poids d'une plume, mais il ne pouvait supporter de
la voir prostern�e sur ce m�me si�ge o� il l'avait si souvent
regard�e avec amour et orgueil, quand elle �tait innocente et
gaie. Lorsqu'elle se fut relev�e et qu'elle s'en fut all�e en
sanglotant, il se sentit soulag� en voyant vide la place plut�t
que de la voir occup�e par sa pr�sence si longtemps ch�re. C'�tait
une angoisse encore plus poignante que de se rappeler sa
d�solation actuelle, et le brisement des liens qui l'attachaient �
la vie.

Plus il sentait cela, plus il voyait qu'il aurait pr�f�r� la voir
morte pr�matur�ment avec son enfant sur son sein, et plus sa
col�re contre son ennemi s'enflammait. Il regarda autour de lui
pour chercher une arme.

Un fusil �tait pendu au mur, et il fit un ou deux pas vers la
chambre du perfide �tranger. Il savait que le fusil �tait charg�.
Une id�e vague de tuer cet homme comme une b�te sauvage se saisit
de lui, et elle grandit dans son esprit jusqu'� devenir un d�mon
monstrueux qui le poss�da compl�tement, rejetant au dehors toute
pens�e plus douce et y �tablissant son empire sans partage.

Cette phrase n'est pas exacte. Il ne rejetait pas toute pens�e
plus douce, mais il la transformait avec artifice. Il changeait
ses pens�es en verges pour l'exciter, tournant l'eau en sang,
l'amour en haine, la douceur en f�rocit�. L'image de sa femme
�plor�e, humili�e, mais suppliant sa tendresse et sa piti� avec un
pouvoir irr�sistible, ne quittait pas son esprit; mais en y
restant elle le poussait vers la porte, lui faisait mettre l'arme
� l'�paule, appliquer le doigt � la d�tente, et lui criait: �Tue-
le dans son lit!�

Il renversa le fusil pour frapper la porte avec la crosse; d�j� il
l'avait lev�e en l'air; une vague pens�e venait de lui crier � cet
homme de fuir par la fen�tre, au nom de Dieu... lorsque, tout �
coup, le feu de la chemin�e jeta une vive clart�, et le Grillon du
Foyer se mit � chanter.

Aucun son, aucune voix humaine, pas m�me celle de sa femme,
n'aurait �t� capable de l'�mouvoir et de l'adoucir. Les paroles
sans art, avec lesquelles elle lui avait parl� de son amour pour
ce m�me Grillon, retentissaient de nouveau � ses oreilles; sa
physionomie et ses mani�res tremblantes d'�motion �taient encore
devant ses yeux; sa douce voix -- cette voix qui �tait la musique
la plus agr�able au foyer d'un honn�te homme -- p�n�tra en
fr�missant jusqu'au fond de sa bonne nature, et le rappela � la
vie et � l'action.

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Books | Photos | Paul Mutton | Wed 14th Jan 2026, 10:12