Antoine et Cléopâtre by William. Spurious and doubtful works Shakespeare


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Page 60

IRAS.--Que les dieux nous en pr�servent!

CL�OPATRE.--Oui, voil� le sort qui nous attend, Iras. D'insolents
licteurs nous montreront au doigt comme des courtisanes publiques; de
mis�rables rimeurs nous chansonneront sur des airs discordants; les
histrions, en improvisant, nous traduiront sur le th��tre, et �taleront
aux yeux du peuple nos f�tes nocturnes d'Alexandrie: Antoine, ivre,
sera amen� sur la sc�ne, et moi je verrai quelque �colier � la voix
glapissante, repr�senter Cl�op�tre, et avilir ma grandeur sous le r�le
d'une prostitu�e.

IRAS.--O grands dieux!...

CL�OPATRE.--Oui, cela est certain.

IRAS.--Jamais je ne verrai ces horreurs, car je suis bien s�re que mes
ongles sont plus forts que mes yeux.

CL�OPATRE.--C'est l�, c'est l� le moyen de d�jouer tous ces pr�paratifs,
et de d�jouer leurs absurdes projets. (_Charmiane revient_.) C'est toi,
Charmiane!--Allons, mes femmes, parez-moi en reine: allez, rapportez mes
plus brillants atours; je vais encore sur les bords du Cydnus, au-devant
de Marc-Antoine. Allons, Iras, ob�is.--Oui, courageuse Charmiane, nous
en finirons; et quand tu auras rempli cette derni�re t�che, je te
donnerai la permission de te reposer jusqu'au jour du jugement. Apporte
ma couronne; n'oublie rien. Mais, pourquoi ce bruit?

(Iras sort.--On entend un bruit dans l'int�rieur.)

UN GARDE.--Il y a un paysan qui veut absolument �tre introduit devant
Votre Majest�; il vous apporte des figues.

CL�OPATRE.--Qu'on le fasse entrer. (_Le garde sort_.) Quel faible
instrument suffit pour ex�cuter une grande action! Il m'apporte la
libert�. Ma r�solution est prise, et je ne sens plus rien en moi d'une
femme. Des pieds � la t�te je suis chang�e en marbre inflexible;
maintenant la lune inconstante n'est plus ma plan�te.

(Le garde revient avec un paysan portant une corbeille.)

LE GARDE.--Voil� cet homme.

CL�OPATRE.--�loigne-toi, et laisse-nous seuls. (_Le garde sort._) (_Au
paysan._) As-tu l� ce joli reptile du Nil qui tue sans douleur?

LE PAYSAN.--Oui, vraiment, je l'ai: mais je ne voudrais pas �tre
la cause que vous eussiez envie de le toucher; car sa morsure est
immortelle: ceux qui en meurent n'en reviennent jamais, ou bien
rarement.

CL�OPATRE.--Te rappelles-tu quelques personnes qui en soient mortes?

LE PAYSAN.--Plusieurs; des hommes, et des femmes aussi; pas plus tard
qu'hier, j'ou�s parler d'une femme, une fort honn�te femme, mais un peu
sujette � mentir[40]; ce qui ne convient pas � une femme, � moins que ce
ne soit en tout honneur. On disait comment elle �tait morte de cette
morsure, quelle douleur elle avait ressentie. Vraiment, elle rend un
fort bon t�moignage � cette b�te; mais qui croira la moiti� de ce qu'on
dit ne sera pas sauv� par la moiti� de ce qu'on fait. Mais le plus
dangereux, c'est que ce reptile est un �trange reptile.

[Note 40: Le paysan plaisante ici sur le verbe _to lie_, mentir et se
coucher, _to lie in the uay of honesty_ est _se coucher_ en tout
honneur avec son mari. Mentir en tout honneur serait plus difficile �
expliquer.]

CL�OPATRE.--Va-t'en, adieu.

LE PAYSAN.--Je vous souhaite beaucoup de plaisir avec cette b�te.

CL�OPATRE.--Adieu.

LE PAYSAN.--N'oubliez pas, voyez-vous, que le ver fera son devoir de
ver.

CL�OPATRE.--Oui, oui, adieu.

LE PAYSAN.--Songez bien, madame, qu'il ne faut donner le ver � garder
qu'� des personnes prudentes, car il n'y a, ma foi, rien de bon �
attendre du ver.

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Books | Photos | Paul Mutton | Sat 17th Jan 2026, 17:07