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Page 54
IRAS.--Madame...
CHARMIANE.--O madame! madame! madame!
IRAS.--Reine d'�gypte! souveraine...
CHARMIANE.--Tais-toi, tais-toi, Iras...
CL�OPATRE.--Non, je ne suis plus qu'une femme, et assujettie aux m�mes
passions que la servante qui trait les vaches et ex�cute les plus
obscurs travaux. Il m'appartiendrait de jeter mon sceptre aux dieux
barbares, et de leur dire que cet univers fut �gal � leur Olympe
jusqu'au jour o� ils m'ont enlev� mon tr�sor.--Tout n'est plus que
n�ant. La patience est une sotte et l'impatience est devenue un chien
enrag�... Est-ce donc un crime de se pr�cipiter dans la secr�te demeure
de la mort, avant que la mort ose venir � nous? Comment �tes-vous, mes
femmes? Allons, allons, bon courage! Allons, voyons, Charmiane! Mes
ch�res filles!... Ah! femmes, femmes, voyez, notre flambeau est
�teint. (_Aux soldats d'Antoine._)--Bons amis, prenez courage,
nous l'ensevelirons; ensuite, ce qui est brave, ce qui est noble,
accomplissons-le en digne Romaine, et que la mort soit fi�re de nous
prendre. Sortons: l'enveloppe qui renfermait cette grande �me est
glac�e. O mes femmes, mes femmes! suivez-moi, nous n'avons plus d'amis,
que notre courage et la mort la plus courte.
(Elles sortent; on emporte le corps d'Antoine.)
FIN DU QUATRI�ME ACTE.
ACTE CINQUI�ME
SC�NE I
Le th��tre repr�sente le camp de C�sar.
C�SAR, AGRIPPA, DOLABELLA, M�C�NE, GALLUS, _suite_.
C�SAR.--Va le trouver, Dolabella; dis-lui de se rendre, dis-lui que,
d�pouill� de tout comme il l'est, c'est se jouer de nous que de tant
diff�rer.
DOLABELLA.--J'y vais, C�sar.
(Il sort.)
(Derc�tas entre, tenant l'�p�e d'Antoine.)
C�SAR.--Pourquoi cette �p�e, et qui es-tu pour oser para�tre ainsi
devant nous?
DERC�TAS.--Je m'appelle Derc�tas. Je servais Marc Antoine, le meilleur
des ma�tres, et qui m�ritait les meilleurs serviteurs. Je ne l'ai point
quitt�, tant qu'il a �t� debout et qu'il a parl�, et je ne supportais la
vie que pour la d�penser contre ses ennemis. S'il te pla�t de me prendre
� ton service; ce que je fus pour Antoine, je le serai pour C�sar. Si tu
ne le veux pas, je t'abandonne ma vie.
C�SAR.--Qu'est-ce que tu dis?
DERC�TAS.--Je dis � C�sar qu'Antoine est mort.
C�SAR.--La chute d'un si grand homme aurait d� faire plus de bruit.
La terre aurait d� lancer les lions dans les rues des cit�s, et les
habitans des cit�s dans les antres des lions.--La mort d'Antoine n'est
pas le tr�pas d'un seul. Il y avait dans son nom la moiti� de l'univers.
DERC�TAS.--Il est mort, C�sar, non par la main d'un ministre public de
la justice, non par un fer emprunt�. Mais ce m�me bras qui inscrivait
son honneur sur toutes ses actions a d�chir� le coeur qui lui pr�tait ce
courage invincible. Voil� son �p�e, je l'ai d�rob�e � sa blessure; tu la
vois teinte encore de son noble sang.
C�SAR.--Vous avez l'air triste, mes amis.--Que les dieux me retirent
leur faveur, si ces nouvelles ne sont pas faites pour mouiller les yeux
des rois.
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