Antoine et Cléopâtre by William. Spurious and doubtful works Shakespeare


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Page 50

�ROS.--Oui, seigneur.

ANTOINE.--Ce qui nous para�t un coursier est effac� en moins d'une
pens�e par la s�paration des nuages, et se confond avec eux comme l'eau
dans l'eau.

�ROS.--Oui, seigneur.

ANTOINE.--Eh bien! bon serviteur, cher �ros, ton g�n�ral n'est plus
qu'une de ces formes imaginaires. Je suis encore Antoine, mais je ne
puis plus garder ce corps visible, mon serviteur.--C'est pour l'�gypte
que j'ai entrepris cette guerre, et la reine, dont je croyais poss�der
le coeur, car elle poss�dait le mien, mon coeur qui, pendant qu'il �tait
� moi, s'�tait attach� un million de coeurs, perdus maintenant; elle,
qui a arrang� les cartes avec C�sar, et, par un jeu perfide, a livr� ma
gloire au triomphe de mon ennemi.--Non, ne pleure pas, cher �ros; pour
finir mes destins, je me reste � moi-m�me. (_Entre Mardian._) Oh! ta
vile ma�tresse! elle m'a vol� mon �p�e!

MARDIAN.--Non, Antoine, ma ma�tresse vous aimait, et elle a associ� sans
r�serve sa fortune � la v�tre.

ANTOINE.--Loin de moi, eunuque insolent; tais-toi. Elle m'a trahi, il
faut qu'elle meure.

MARDIAN.--La mort est une dette que chacun ne peut payer qu'une fois,
et elle l'a d�j� acquitt�e. Ce que vous vouliez faire est fait; elle
a pr�venu votre bras; et le dernier mot qu'elle a prononc�, c'est:
_Antoine, g�n�reux Antoine!_ Elle a voulu encore prononcer votre nom,
mais un dernier g�missement l'a laiss� � moiti� prononc� entre ses
l�vres et son coeur; elle a expir� avec votre nom enseveli dans son
sein.

ANTOINE.--Elle est morte?

MARDIAN.--Morte.

ANTOINE.--�ros, �te-moi mon armure: la t�che de la longue journ�e est
finie, et il est temps de dormir. Tiens-toi pour bien pay� de ton
message, puisque tu sors vivant de ces lieux. Va-t'en. (_Mardian sort_.)
�te-moi cette armure, le septuple bouclier d'Ajax ne peut comprimer les
battements de mon coeur. O mes flancs! brisez-vous; toi, mon coeur,
sois une fois plus fort que la chair qui t'emprisonne.--D�p�che, �ros,
d�p�che. Je ne suis plus un guerrier.--D�bris de mon armure, allez
loin de moi, vous avez �t� port�s avec honneur.--Laissez-moi seul
un moment.--(_�ros sort_.) O Cl�op�tre! je je vais te rejoindre, et
implorer ton pardon par mes larmes. Allons, il faut finir, tout d�lai
est un nouveau supplice. Puisque la torche est �teinte, couchons-nous et
n'allons pas plus loin. Maintenant toute r�sistance serait inutile, et
nuirait au lieu de servir. La force s'embarrasse de ses propres
efforts; apposons notre sceau, et tout est fini.--�ros!--Je viens, � ma
reine!--�ros!--Attends-moi dans ces lieux, o� les ombres reposent sur
les fleurs. L�, les mains dans les mains, nous fixerons sur nous les
regards des ombres attir�es par l'h�ro�que majest� de nos m�nes.
Didon et son �n�e verront leur cour d�serte, et toute la foule nous
suivra.--�ros! Viens donc!

(�ros para�t.)

�ROS.--Que veut mon ma�tre?

ANTOINE.--Depuis que Cl�op�tre n'est plus, j'ai v�cu avec tant de
d�shonneur que les dieux abhorrent ma bassesse. Moi, qui avec mon �p�e
partageais l'univers, moi qui construisit sur le dos verd�tre de Neptune
des cit�s avec mes vaisseaux, je m'accuse de manquer du courage d'une
femme. Mon �me est moins noble que la sienne, elle qui par sa mort dit �
notre C�sar: Je n'ai d'autre vainqueur que moi-m�me.--�ros, tu m'as jur�
que, si jamais les circonstances l'exigeaient (et elles l'exigent bien
maintenant), quand je me verrais poursuivi par une suite de malheurs et
d'horreurs in�vitables, alors, sur mon ordre, tu me donnerais la mort.
Fais-le, le temps est venu. Ce n'est pas moi que tu frapperas; c'est
C�sar que tu vas priver du fruit de la victoire. Rappelle la couleur sur
tes joues.

�ROS.--Que les dieux m'en gardent! Ferais-je ce que n'ont pu faire tous
les traits des Parthes ennemis, lanc�s vainement contre vous?

ANTOINE.--Cher �ros, voudrais-tu donc, des fen�tres de la vaste Rome,
voir ton ma�tre les bras crois�s, courbant son front humili� et le
visage dompt� par une honte p�n�trante, tandis que l'heureux C�sar,
marchant devant lui dans son char, raillerait la bassesse de celui qui
le suit?

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Books | Photos | Paul Mutton | Fri 16th Jan 2026, 22:05