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Page 40
CL�OPATRE.--Plus d'une fois le p�re de votre C�sar, apr�s avoir r�v� �
la conqu�te des royaumes, posa ses l�vres sur cette main indigne de lui,
et la couvrit d'une pluie de baisers.
(Antoine entre avec �nobarbus.)
ANTOINE.--Des faveurs!... par Jupiter tonnant!--Qui es-tu?
THYR�US.--Un homme qui ex�cute les ordres du plus puissant des hommes et
du plus digne d'�tre ob�i.
�NOBARBUS.--Tu seras fouett�!
ANTOINE, _� ses esclaves_.--Approchez ici.--(_A Cl�op�tre_.)--Et toi,
milan!--Eh bien! dieux et diables! mon autorit� s'�vanouit! Nagu�re,
quand je criais hol�! des rois accouraient aussit�t, comme une
troupe d'enfants dans une course, et me r�pondaient: Que me
voulez-vous?--N'avez-vous point d'oreilles? Je suis encore Antoine.
(_Ses gens entrent_.) Saisissez-moi cet insolent, et fouettez-le.
�NOBARBUS.--Il vaut mieux se jouer � un jeune lionceau qu'� un vieux
lion mourant.
ANTOINE.--Par la lune et les �toiles!--Qu'il soit fouett�! Fussent-ils
vingt des plus puissants tributaires qui rendent hommage � C�sar, si je
les surprenais ayant l'insolence de baiser la main de cette... Comment
s'appelle-t-elle? Jadis, c'�tait Cl�op�tre! Fouettez-le jusqu'� ce que
vous le voyiez vous regarder d'un air suppliant comme un �colier et vous
demander mis�ricorde par ses g�missements. Qu'on m'emm�ne.
THYR�US.--Marc-Antoine...
ANTOINE.--Qu'on l'entra�ne, et quand il sera fouett�, qu'on le ram�ne.
Ce valet de C�sar lui reportera un message. (_On emm�ne Thyr�us_.--_A
Cl�op�tre_.) Vous �tiez � moiti� fl�trie quand je vous ai connue.--Ai-je
laiss� dans Rome ma couche vierge encore? Ai-je renonc� � �tre le p�re
d'une post�rit� l�gitime, et par la perle des femmes, pour �tre tromp�
par une femme qui regarde des valets?
CL�OPATRE.--Mon cher seigneur...
ANTOINE.--Vous avez toujours �t� perfide. Mais quand nous nous
endurcissons dans nos penchants d�prav�s, � malheur! les justes dieux
ferment nos yeux, laissent perdre notre raison dans notre propre
infamie, nous font adorer nos erreurs, et rient de nous voir marcher
fi�rement � notre perte.
CL�OPATRE.--- Oh! en sommes-nous l�?
ANTOINE.--Je vous ai trouv�e comme un mets refroidi sur la table de
Jules-C�sar mort; de plus, vous �tiez aussi un reste de Cn�ius Pomp�e;
sans compter toutes les heures souill�es de vos d�bauches clandestines,
et qui n'ont pas �t� enregistr�es dans le livre de la Renomm�e; car je
suis s�r, quoique vous puissiez deviner, que vous ne savez pas ce que
c'est, ce que ce doit �tre que la vertu.
CL�OPATRE.--Pourquoi tout cela?
ANTOINE.--Souffrir qu'un malheureux qui re�oit un salaire et dit: _Dieu
vous le rende_, prenne des libert�s famili�res avec cette main qui
s'encha�ne � la mienne dans nos jeux, avec cette main, sceau royal et
gage des grands coeurs! Oh! que ne suis-je sur la montagne de Bascan,
pour couvrir de mes cris le mugissement des b�tes � cornes! car j'ai un
motif terrible de fureur; et m'exprimer avec courtoisie, ce serait �tre
comme un homme qui, se voyant la corde au cou, remercie le bourreau de
l'adresse qu'il montre. (_Thyr�us rentre avec les gens d'Antoine_.)
Est-il fouett�?
L'ESCLAVE.--Solidement, seigneur.
ANTOINE.--A-t-il jet� des cris? A-t-il demand� gr�ce?
L'ESCLAVE.--Oui, seigneur.
ANTOINE, _� Thyr�us_.--Si ton p�re vit encore, qu'il regrette de n'avoir
pas eu une fille au lieu de toi. Repens-toi d'avoir suivi C�sar dans ses
triomphes, puisque tu as �t� fouett� pour l'avoir suivi. D�sormais,
que la blanche main d'une dame te donne la fi�vre, tremble � sa seule
vue.--Retourne � C�sar; apprends-lui ta r�ception. Vois et dis-lui
� quel point il m'irrite contre lui; car il affecte l'orgueil et le
d�dain, et s'arr�te � ce que je suis, sans se souvenir de ce que je fus.
Il m'irrite, et, dans ce moment, cela est fort ais�, � pr�sent que les
astres favorables qui jadis �taient mes guides ont fui de leur orbite et
ont pr�cipit� leur feu dans l'ab�me de l'enfer. Si mon langage et ce que
j'ai fait lui d�plaisent, dis-lui qu'Hipparchus, mon affranchi, est en
sa puissance et qu'il peut, � son plaisir, le fouetter, le pendre ou le
torturer comme il voudra, pour s'acquitter avec moi. Presse-le de le
faire; maintenant, toi et tes coups, allez-vous-en.
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