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Page 37
[Note 28: �C'est ainsi que le d�bauch� Antoine traitait le sublime
patriotisme de Brutus.� WARBURTON.]
CL�OPATRE.--Ah! restez-l�.
�ROS.--La reine, seigneur, la reine!
IRAS.--Avancez vers lui, madame. Parlez-lui. Il est hors de lui, il est
accabl� par la honte.
CL�OPATRE.--Allons, soutenez-moi donc.--Oh!
�ROS.--Noble seigneur, levez-vous: la reine s'approche; sa t�te est
pench�e et la mort va la saisir; mais vous pouvez la consoler et la
rappeler � la vie.
ANTOINE.--J'ai port� un coup mortel � ma r�putation! le coup le plus
l�che....
�ROS.--Seigneur, la reine...
ANTOINE.--O �gyptienne, o� m'as-tu conduit? Vois, je cherche � d�rober
mon ignominie � tes yeux, en jetant mes regards en arri�re, sur ce que
j'ai laiss� derri�re moi, plong� dans le d�shonneur.
CL�OPATRE.--Ah! seigneur, seigneur, pardonnez � mes timides vaisseaux;
j'�tais loin de pr�voir que vous me suivriez.
ANTOINE.--�gyptienne, tu savais trop bien que mon coeur �tait attach� au
gouvernail de ton vaisseau, et que tu me tra�nerais � la remorque. Tu
connaissais ton empire absolu sur mon �me, et tu savais qu'un signe de
toi m'e�t fait d�sob�ir aux ordres des dieux m�mes.
CL�OPATRE.--Oh! pardonne-moi!
ANTOINE.--Maintenant il faut que j'envoie d'humbles propositions � ce
jeune homme. Il faut que je supplie, que je rampe dans tous les d�tours
de l'humiliation; moi qui gouvernais, en me jouant, la moiti� de
l'univers, qui cr�ais et an�antissais, � mon gr�, les fortunes! Tu
savais trop � quel point tu avais asservi mon �me, et que mon �p�e,
affaiblie par ma passion, lui ob�irait toujours.
CL�OPATRE.--Oh! pardon.
ANTOINE.--Ah! ne pleure pas; une seule de tes larmes vaut tout ce que
j'ai jamais pu gagner ou perdre: donne-moi un baiser, il me paye de
tout.--Nous avons envoy� notre ma�tre d'�cole[29].--Est-il de retour?--Ma
bien-airn�e, je me sens abattu. Un peu de vin l�-dedans et quelques
aliments.--La fortune sait que plus elle me menace, et plus je la brave.
[Note 29: Euphronius.]
SC�NE X
Le camp de C�sar en �gypte.
C�SAR, AGRIPPA, DOLABELLA, THYR�US, _suite_.
C�SAR.--Qu'on fasse entrer l'envoy� d'Antoine. Le connaissez-vous?
DOLABELLA.--C�sar, c'est son ma�tre d'�cole; preuve qu'il est bien
d�plum�, puisqu'il envoie ici une si petite plume de son aile, lui qui
avait tant de rois pour messagers, il n'y a que quelques mois.
(Entre Euphronius.)
C�SAR.--Approche et parle.
EUPHRONIUS.--Tel que je suis, je viens de la part d'Antoine; j'�tais,
il n'y a pas longtemps, aussi petit dans ses desseins que la goutte de
ros�e sur une feuille de myrte en comparaison de l'Oc�an.
C�SAR.--Soit; remplis ta commission.
EUPHRONIUS.--Il salue en toi le ma�tre de sa destin�e et demande � vivre
en �gypte. Si tu refuses, il abaisse ses pr�tentions et te prie de le
laisser respirer entre la terre et le ciel, en simple citoyen, dans
Ath�nes. Voil� pour ce qui le regarde.--Quant � Cl�op�tre, elle rend
hommage � ta grandeur; elle se soumet � ta puissance et te demande, pour
ses enfants, le diad�me des Ptol�m�es, qui maintenant est assujetti � ta
volont� supr�me.
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