De la littérature des nègres, ou Recherches sur leurs facultés intellectuelles, leurs qualités m


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Page 61

[Note 330: _V._ Letters of the rev. _Lawrence Sterne_, to his intimate
friend, etc., 3 vol. in-8�, London 1775.]

Quelquefois Sancho descend au ton trivial; quelquefois s'�levant avec
son sujet, il est po�tique; mais en g�n�ral il a la gr�ce et la l�g�ret�
du style �pistolaire. Spirituellement badin, lorsqu'entre l'empire
tyrannique de la mode � gauche, la sant� et le bonheur � droite, il
place un homme du monde irr�solu dans son choix.

Grave quand il expose les motifs de la providence, qui a donn� au g�nie
la pauvret� pour compagne; pompeux lorsqu'interrogeant la nature, elle
lui montre partout les ouvrages et la main du Cr�ateur.

�D'apr�s le plan de la divinit�, le commerce, dit-il, doit rendre
communes � tout le globe les productions de chaque contr�e, unir les
nations par le sentiment des besoins r�ciproques, les liens de l'amiti�
fraternelle, et faciliter la diffusion g�n�rale des bienfaits de
l'Evangile; mais ces pauvres Africains, que le ciel a gratifi�s, d'un
sol riche et _luxuriant_[331], sont la portion la plus malheureuse de
l'humanit�, par l'horrible trafic des esclaves; et ce sont des chr�tiens
qui le font�.

[Note 331: C'est le terme anglais qui dit plus que fertile; notre
langue n'a pas d'�quivalent.]

On se rappelle la fin tragique du docteur Dodd, condamn� � mort pour
crime de faux, et dont toute la vie ant�rieure avoit �t� un mod�le de
sagesse. On regrette qu'il ait subi son supplice, quand on a lu la
lettre dans laquelle Sancho d�veloppe les raisons qui militoient pour
lui obtenir sa gr�ce.

On contesteroit quelques-unes des assertions morales de Sancho, si ses
�crits n'offroient d'ailleurs des hommages multipli�s � la vertu. Il la
fait aimer en peignant les remords de la duchesse de K...., bourrel�e
par cette conscience qui est, dit-il, le _grand chancelier de l'ame_.
�Agissez donc de mani�re � m�riter toujours l'approbation de votre
coeur..... Pour �tre vraiment brave, il faut �tre vraiment bon..... Nous
avons la raison pour gouvernail, la religion pour ancre, l'esp�rance
pour �toile polaire, la conscience pour moniteur fid�le....., et la
perspective du bonheur pour r�compense�. Dans la m�me lettre, repoussant
des souvenirs qui �toient pour sa vertu de nouveaux �cueils, il s'�crie:
�Pourquoi me rappeler ces mati�res combustibles, lorsque glissant
rapidement sur la route des ann�es j'approche du terme de ma carri�re?
N'ai-je pas la goutte, six enfans et une �pouse? O raison, o� es-tu?
Vous voyez qu'il est bien plus facile de pr�cher que d'agir; mais nous
savons discerner le bien du mal, armons-nous contre le vice. Dans un
camp, le g�n�ral qui compare sa force et la position de son ennemi,
place ses gardes avanc�es de mani�re � �viter les surprises. Faisons
de m�me dans le cours ordinaire de la vie, et croyez-moi, mon ami, une
victoire gagn�e sur la passion, l'immoralit�, l'orgueil, m�rite plut�t
des _Te Deum_, que celles qu'on remporte dans les champs de l'ambition
et du carnage[332]�.

[Note 332: _Passim_, t. I, lettre 7.]

J'invite le lecteur � ne pas se borner aux extraits qu'on vient de lire,
ils ne peuvent faire conno�tre l'auteur que d'une mani�re imparfaite;
plus est imposante et respectable l'autorit� de Jefferson, plus il
importe de combattre son jugement, beaucoup trop s�v�re, et de ne pas
d�rober � Sancho l'estime qui lui est due.

PHILLIS-WHEATLEY. Cette N�gresse, vol�e en Afrique � l'�ge de sept
ou huit ans, fut transport�e en Am�rique, et vendue, en 1761, �
John Wheatley, riche n�gociant de Boston; des moeurs aimables, une
sensibilit� exquise et des talens pr�coces la firent ch�rir dans cette
famille � tel point qu'on la dispensa, non-seulement des travaux
p�nibles r�serv�s aux esclaves, mais encore des soins du m�nage.
Passionn�e pour la lecture, et sp�cialement pour celle de la Bible, elle
apprit rapidement le latin. En 1772, � dix-neuf ans, Phillis Wheatley
publia un petit volume de po�sies qui renferme trente-neuf pi�ces; elles
ont eu plusieurs �ditions en Angleterre et aux �tats-Unis; et pour
�ter tout pr�texte � la malveillance de dire quelle n'en �toit que le
pr�te-nom, l'authenticit� en fut constat�e � la t�te de ses oeuvres, par
une d�claration de son ma�tre, du gouverneur, du lieutenant gouverneur,
et de quinze autres personnes respectables de Boston, qui la
connoissoient.

Son ma�tre l'affranchit en 1775. Deux ans plus tard, elle �pousa un
homme de sa couleur, qui �toit aussi un ph�nom�ne par la sup�riorit� de
son entendement sur celui de beaucoup de N�gres; aussi ne fut-on pas
�tonn� de voir son mari, marchand �picier, devenir avocat sous le nom du
docteur Peter, et plaider devant les tribunaux les causes des Noirs. La
r�putation dont il jouissoit le conduisit � la fortune.

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Books | Photos | Paul Mutton | Sat 17th Jan 2026, 11:22