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Page 60
Son fils, vers� dans la bibliographie, est devenu sous-biblioth�caire du
chevalier Banks, et secr�taire du comit� de vaccine.
SANCHO. La m�re d'Ignace Sancho, jet�e sur un b�timent n�grier, parti de
Guin�e pour les possessions espagnoles en Am�rique, le mit au monde
dans la travers�e, en 1729; arriv� � Carthag�ne, il y fut baptis� par
l'�v�que, sous le nom d'_Ignace_. Le changement de climat conduisit
promptement sa m�re au tombeau; son p�re, livr� aux horreurs de
l'esclavage, se tua dans un moment de d�sespoir.
Ignace n'avoit pas deux ans, lorsqu'il fut amen� en Angleterre par son
ma�tre, qui en fit pr�sent � trois demoiselles soeurs, r�sidantes �
Greenwich. Son caract�re, qu'on assimiloit � celui de l'�cuyer de don
Quichotte, lui en fit donner le nom. Le jeune Sancho parvint �
se concilier la bienveillance du duc de Montagu, qui r�sidoit �
Black-Heath. Ce lord admiroit en lui une franchise qui n'�toit pas
avilie par la servitude, ni alt�r�e par une fausse �ducation; il
l'appeloit souvent, lui pr�toit des livres, et recommandoit aux trois
soeurs de cultiver son esprit; mais pr�s d'elles, Sancho eut lieu
d'apprendre que l'ignorance est un des moyens par lesquels on asservit
les Africains, et que dans l'opinion des planteurs, instruire les
N�gres, c'est les �manciper; souvent elles le mena�oient de le replonger
dans l'esclavage. L'amour de la libert� qui fermentoit dans son ame,
s'exaltoit encore par l'�tude et la m�ditation; il con�ut une passion
violente pour une jeune personne, ce qui lui attira des reproches d'un
autre genre de la part des trois soeurs; il prit alors le parti de
quitter leur maison. Mais le duc, son patron, �toit mort; Sancho, r�duit
� la mis�re, employa 5 shellings qui lui restoient, � l'achat d'un vieux
pistolet, pour terminer sa vie de la m�me mani�re que son p�re: alors
la duchesse, qui d'abord l'avoit mal accueilli, et qui cependant
l'estimoit, l'accepta pour �tre sommelier; il exer�a cet emploi jusqu'�
la mort de sa patrone. Par son �conomie et un legs de cette dame, il se
trouvoit possesseur de 70 livres sterlings, et de 30 d'annuit�.
A la passion de l'�tude, il m�la quelque temps celles du th��tre, des
femmes et du jeu; il renon�a aux cartes � la suite d'une partie o� un
Juif lui avoit gagn� ses habits. Il d�pensa son dernier shelling pour
aller � Drury-Lane, voir jouer Garrik, dont ensuite il devint ami; puis
il voulut se faire acteur dans Othello et Oronoko; mais une articulation
d�fectueuse l'emp�chant de r�ussir dans un �tat qu'il avoit envisag�
comme une ressource contre l'adversit�, il entra au service du chapelain
de la maison Montagu, et sa conduite, devenue tr�s-r�guli�re, lui m�rita
la main d'une personne int�ressante, n�e dans les Indes occidentales.
Vers 1773, des attaques de goutte et la modicit� de sa fortune,
l'auroient replong� dans l'indigence, si la g�n�rosit� de ses
protecteurs et son �conomie ne lui avoient facilit� les moyens de faire
un commerce honn�te. Par son industrie et celle de sa femme, il �leva
sa nombreuse famille; l'estime g�n�rale fut le prix de ses vertus
domestiques. Il mourut le 15 d�cembre 1780. Apr�s sa mort, on donna
au profit de sa famille, en 2 volumes in-8�, une belle �dition de ses
lettres, qui furent bien re�ues. En 1783, elles furent r�imprim�es, avec
la vie et le portrait de l'auteur, peint par Gainsboroug, et grav� par
Bartolozzi[328]. On y a intercal� quelques articles qu'il avoit publi�s
dans les Journaux.
[Note 328: Letters of the late _Ignatius Sancho_, an African, etc., to
which are prefixed memoirs of his life, 2 vol. in-8�, London 1782.]
Jefferson lui reproche de se livrer � son imagination, dont la marche
excentrique est, dit-il, semblable � ces m�t�ores fugitifs qui
sillonnent le firmament. Cependant il lui accorde un style facile, et
des tournures heureuses, en avouant que ses �crits respirent les plus
douces effusions du sentiment. Imlay d�clare qu'il n'a pas eu occasion
de les lire, mais que l'erreur de Jefferson, dans ses jugemens
concernant les N�gres, rend suspect celui qu'il porte de Sancho[329].
[Note 329: V. _Imlay_, p. 215.]
Les lettres sont un genre de litt�rature qui n'est gu�re susceptible
d'analyse, soit � raison de la vari�t� des sujets qu'elles embrassent,
soit par la libert� que se donne l'auteur d'en grouper plusieurs dans
la m�me lettre, d'approfondir les uns lorsqu'� peine il effleure les
autres, et souvent de s'�lancer hors de son sujet, pour finir par des
digressions. On lit Mad. de S�vign�; mais personne ne proposa jamais de
l'analyser. Assur�ment on ne peut lui comparer l'auteur africain; mais
dans le genre o� s'est illustr�e Mad. de S�vign�, apr�s elle il est
encore des places tr�s-honorables. Le style �pistolaire de Sancho
approche de celui de Sterne, dont il a les beaut�s et les d�fauts, et
avec lequel il �toit en relation. Le troisi�me volume des lettres de
Sterne en contient une tr�s-belle � Sancho, o� il lui dit que les
vari�t�s de la nature dans l'esp�ce humaine ne rompent pas les liens de
consanguinit�; il exprime son indignation, de ce que certains hommes
veulent ravaler une portion de leurs semblables au rang des brutes, afin
de pouvoir impun�ment les traiter comme tels[330].
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