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Page 59
[Note 326: The interesting narrative of the life of Olaudah Equiano,
or _Gustavus Vassa,_ the African, written by himself, 9e �dition, in-8�,
London 1794, avec le portrait de l'auteur.]
L'ouvrage est �crit avec la na�vet�, j'ai presque dit la crudit� de
caract�re d'un homme de la nature; c'est la mani�re de Daniel de Fo�,
dans son Robinson Cruso�; c'est celle de Jamerai Duval, qui, de gardien
de vaches chez des hermites, devint biblioth�caire de l'empereur
Fran�ois 1er, et dont les m�moires in�dite, mais tr�s-dignes de voir le
jour, sont entre les mains d'Ameilhon[327].
[Note 327: Les deux volumes publi�s de ses oeuvres n'en forment que la
moindre partie, et la moins int�ressante.]
On s'associe aux mouvemens de surprise que causent � Vassa un
tremblement de terre, l'aspect de la neige, une peinture, une montre, un
quart de cercle, et � la mani�re dont il interroge sa raison sur
l'usage des instrumens. L'art de la navigation avoit pour lui un charme
inexprimable; il y entrevoyoit d'ailleurs un moyen d'�chapper un jour �
l'esclavage; en cons�quence il fit prix avec un capitaine de b�timent
pour lui donner des le�ons souvent interrompues et contrari�es, mais
l'activit� et l'intelligence du disciple suppl�oient � tout. Le docteur
Irvin, qu'il avoit servi, lui avoit enseign� la mani�re de dessaler
l'eau de la mer par la distillation. Quelque temps apr�s Vassa �tant
d'une exp�dition qui avoit pour objet de chercher le passage au Nord,
dans un moment de d�tresse, il fit usage des proc�d�s du docteur, et
fournit � l'�quipage de l'eau potable.
Quoiqu'enlev� tr�s-jeune de son pays, sa tendresse pour sa famille et sa
m�moire lui avoient conserv� une riche provision de souvenirs. On lit
avec int�r�t la description qu'il fait de cette contr�e, o� la nature
f�conde prodigue ses bienfaits. L'agriculture est la principale
occupation des habitans, qui sont tr�s-laborieux, quoiqu'ils ayent une
passion d�mesur�e pour la po�sie, la musique et la danse. Vassa se
rappelle parfaitement que les m�decins du B�nin suppl�ent � la saign�e
par des ventouses; qu'ils excellent dans l'art de gu�rir les plaies,
et de combattre l'effet des poisons. Il trace un tableau curieux des
superstitions, des habitudes de son pays, qu'il compare avec celles des
contr�es o� il a voyag�. Ainsi � Smyrne il retrouve parmi les Grecs les
danses usit�es dans le Benin; ailleurs il met en parall�le les coutumes
des Juifs, et celles de ses compatriotes chez lesquels la circoncision
est g�n�ralement admise. On y est cens� contracter une impuret� l�gale
par l'attouchement d'un mort, et les femmes y sont sujettes aux m�mes
purifications que chez les H�breux.
Un effet de l'adversit� est souvent de donner plus d'�nergie aux
sentimens religieux. L'homme abandonn� des hommes et malheureux sur la
terre, �l�ve ses affections au ciel pour y chercher un consolateur et un
p�re: tel �toit Vassa. Il ne succomba point � la continuit� des maux qui
pesoient sur lui; p�n�tr� de la pr�sence du souverain �tre, il portoit
ses regards au del� des bornes de la vie, vers une r�gion nouvelle.
Long-temps incertain sur le choix d'une religion, il peint avec �nergie
ses anxi�t�s, dans un po�me de cent douze vers anglais, qui fait partie
de ses M�moires. Il �toit choqu� de voir dans toutes les soci�t�s
chr�tiennes, tant de gens dont les actions heurtent directement les
principes, qui blasph�ment le nom de Dieu, dont ils se pr�tendent les
adorateurs: par exemple, il s'indigne de ce que le roi de Naples et sa
cour alloient le dimanche � l'Op�ra. Il voyoit des hommes observer, les
uns quatre, les autres six ou sept pr�ceptes du d�calogue, et il ne
concevoit pas qu'on p�t �tre vertueux � moiti�. Il ignoroit que, suivant
l'expression de Nicole, on ne peut rien conclure de la doctrine �
la conduite, ni de la conduite � la doctrine. Baptis� dans l'�glise
anglicane, apr�s avoir flott� dans l'incertitude, il se fit m�thodiste;
on fut m�me sur le point de l'envoyer comme missionnaire, en Afrique.
A l'�cole de l'adversit�, Vassa �toit devenu tr�s-sensible aux
infortunes des autres, et personne plus que lui ne pouvoit s'appliquer
la maxime de T�rence. Il d�plore le sort des Grecs, trait�s par les
Turcs � peu pr�s comme le sont les N�gres par les colons; il s'attendrit
m�me sur les gal�riens de G�nes, envers lesquels on outrepassoit les
bornes d'une juste punition.
Il avoit vu ses compatriotes africains en proie � tous les supplices
que peuvent inventer la cupidit� et la rage; il met en contraste cette
cruaut� et la morale de l'Evangile, ce sont les extr�mes; il propose
des vues sur la direction d'un commerce europ�en avec l'Afrique, qui du
moins ne blesseroit pas la justice. En 1789, il pr�senta au Parlement
d'Angleterre une p�tition pour la suppression de la traite. Si Vassa vit
encore, le bill rendu derni�rement sur cet objet aura consol� son coeur
et sa vieillesse. Certes il seroit bien � plaindre celui qui, apr�s
avoir lu ses m�moires, n'�prouveroit pas pour l'auteur des sentimens
d'affection.
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