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Page 58
Enfin nos douleurs s'�vanouissent, et l'esp�rance radieuse entr'ouvre un
avenir qui promet � ce peuple ranim�, de couler sous l'empire de la loi
des jours et des ann�es prosp�res. Dans le n�ant sont rentr�s, pour
ne plus en sortir, des r�glemens d�savou�s par la raison. Toutes les
classes de la soci�t� te f�liciteront d'avoir bris� le joug suspendu sur
leurs t�tes, et consol� notre �le des tourmens _imm�rit�s_ dont elle
�toit victime, Ils peseroient encore sur elle, si ta valeur ne soutenoit
notre existence politique sur le penchant de sa ruine.
L'�cosse s'applaudit d'avoir enfant� celui dont le g�nie rend des
services si �minens au tr�ne britannique. H�ros destin� � fixer le sort
chancelant d'une nation, ta m�moire parmi nous durera autant que notre
�le. La Guadeloupe te contemplera victorieux sur le sol o� campoient ses
l�gions dispers�es, et l'empire des lys se couvrira de deuil en voyant
ses �tendards s'�chapper de ses mains, ses peuples vaincus, ses cit�s
envahies.
Mais Minerve permet-elle � un �thiopien de chanter les exploits des
grands capitaines? Il en �toit digne cet illustre Buchanan, le coryph�e
des po�tes de sa patrie, et l'�mule de Virgile. Il diroit que Haldane,
ce favori de Mars, �gale le fils de P�l�e dans les conseils et dans les
combats.
L'astre du jour pr�cipitant ses coursiers, verse sur notre climat des
torrens de feu qui �touffent ma voix; en agr�ant les vers que t'adresse
un po�te, oublie la teinte de sa peau, pour ne penser qu'� son coeur.
Dans des corps diversement configur�s, la puissance du Cr�ateur a plac�
des ames homog�nes; et qu'importe la couleur � la probit�, � toutes les
vertus?
Sous ta robe rembrunie, Muse, ose p�n�trer dans la demeure du C�sar des
Indes occidentales, vas lui offrir tes hommages: ta face noire ne peut
�tre pour toi un sujet de honte; l'int�grit� des moeurs, l'�clat des
talens et la douce �loquence peuvent orner une figure africaine. Qu'�
l'amour de la sagesse il unisse celui de la patrie; ces qualit�s, en
le discernant du vulgaire de sa caste, acqui�rent par le contraste un
reflet plus brillant.
Cette �le m'a vu na�tre et cro�tre sous les auspices de la c�l�bre
Angleterre; cette �le, tant que tu vivras, n'aura pas � pleurer la perte
d'un p�re. Puisse, sous ton gouvernement, la divinit� tut�laire de notre
contr�e la conserver � jamais florissante!
Vassa. Olaudad Equiano, plus connu sous le nom de Gustave Vassa, naquit,
en 1754, � Essaka, charmante et fertile vall�e � grande distance de la
c�te et de la capitale du B�nin, dont elle est cens�e faire partie,
quoiqu'elle se gouverne d'une mani�re � peu pr�s ind�pendante, sous
l'autorit� de quelques anciens ou chefs, du nombre desquels �toit son
p�re.
A l'�ge de onze ans, Vassa fut enlev� avec sa soeur par des voleurs
d'enfans, pour �tre tra�n� en esclavage; bient�t les barbares lui
ravirent encore la consolation de m�ler ses larmes � celles de sa soeur;
s�par� d'elle � jamais il fut jet� dans un b�timent n�grier, et apr�s
une travers�e dont il raconte les horreurs, il fut vendu aux Barbades,
et revendu � un lieutenant de vaisseau qui l'amena en Angleterre. Il
l'accompagna � Guernesey, au si�ge de Louisbourg en Canada, par l'amiral
Boscaven, en 1758, et au si�ge de Belle-Ile, en 1761.
Les �v�nemens l'ayant report� dans le nouveau Monde, une perfidie le
remit dans les fers. Vendu � Montserrat, Vassa, jouet de la fortune,
tant�t libre, tant�t esclave ou domestique, fit une multitude de
voyages dans la plupart des Antilles et sur divers points du continent
am�ricain, revint souvent en Europe, visita l'Espagne, le Portugal,
l'Italie, la Turquie et le Groenland. Son amour pour la libert�, dont il
avoit go�t� les pr�mices dans son enfance, s'irritoit par les obstacles
qui l'emp�choient de la recouvrer. Vainement il avoit esp�r� qu'un z�le
soutenu pour le service de ses ma�tres lui procureroit cet avantage: la
justice e�t trouv� l� un titre de plus pour briser ses fers; � l'avarice
ce fut un motif de plus pour les resserrer. Avec des hommes d�vor�s de
la soif de l'or, il vit qu'il falloit tenter d'autres moyens; d�s-lors,
s'imposant la plus s�v�re �conomie, il commen�a avec trois _pences_
(environ 6 sols), un tr�s-petit commerce qui lui r�ussit assez pour
amasser un p�cule modique, malgr� les avaries multipli�es que lui causa
la friponnerie des Blancs. Enfin, en 1781, �chapp� aux dangers de la mer
o� plusieurs fois il avoit fait naufrage; �chapp� aux cruaut�s de ses
ma�tres, dont un � Savannah faillit l'assassiner; apr�s trente ans d'une
vie errante et orageuse, Vassa, rendu � la libert�, vint se fixer �
Londres, s'y maria, et publia ses m�moires[326], r�imprim�s dans les
deux Mondes, et dont la neuvi�me �dition est de 1794. Les t�moignages
les plus honorables qui l'accompagnent, attestent que lui-m�me les a
r�dig�s. Cette pr�caution est utile contre une classe d'individus
toujours dispos�s � calomnier les N�gres, pour att�nuer le crime de
leurs oppresseurs.
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