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Page 53
En tout temps il y eut, dit-on, des esclaves; mais en tout temps il y
eut aussi des sc�l�rats; les mauvais exemples n'ont jamais l�gitim� les
mauvaises actions. Cugoano �tablit la comparaison entre l'esclavage
ancien et le moderne, et prouve que ce dernier, chez les chr�tiens,
est pire que chez les pa�ens, pire surtout que chez les H�breux qui
n'enlevoient pas les hommes pour les asservir, ne les vendoient pas sans
leur consentement, et ne mettoient pas � prix la t�te des fugitifs. Le
Deuteronome dit m�me formellement: �Tu ne livreras pas � son ma�tre
l'esclave fugitif qui a cherch� un asile dans ta maison[309]�. A
l'expiration de la septi�me ann�e qui �toit jubilaire, l'homme �toit
rendu de droit � la libert�; en un mot, la servitude chez les H�breux
n'�toit qu'un vasselage temporaire.
[Note 309: _Deuteronome_, XXIII, 15.]
De l'Ancien Testament, l'auteur passe au Nouveau; il en discute les
faits, les principes, et l'on sent quelle sup�riorit� donne � ses
argumens cette morale c�leste, qui ordonne d'aimer le prochain comme
nous m�mes, de faire � autrui ce que nous d�sirons pour nous. �Je
voudrois, dit-il, en l'honneur du christianisme, que l'art odieux de
voler les hommes e�t �t� connu des pa�ens[310]�; il devoit dire: pour
l'honneur des chr�tiens. La traite et l'esclavage des N�gres, est la
plus grande iniquit� qui d�shonore le nom chr�tien; ma�s cette iniquit�
dont la religion g�mit, ne l'inculpe pas plus que des pr�varications des
juges n'inculpent la justice.
[Note 310: La langue anglaise est peut-�tre la seule qui, pour
l'action de voler des enfans, ait un terme propre, _kidnap_, verbe, et
ses d�riv�s.]
�Le clerg�, par son institution, est messager d'�quit�; il doit veiller
sur la soci�t�, lui d�voiler ses erreurs, la ramener � la v�rit�, � la
vertu, sinon les p�ch�s publics frappent sur sa t�te. Or, il est �vident
que les eccl�siastiques ne connoissent pas la v�rit�, ou qu'ils n'osent
la dire; d�s-lors ils entrent en partage des forfaits nationaux�.
Il auroit pu ajouter que l'adulation et la l�chet� sont des vices sur
lesquels le clerg� de ces derniers si�cles n'instruit presque jamais,
et dont il a souvent donn� l'exemple. On conno�t la conduite et les
r�ponses de S. Ambro�se � Th�odose, de S. Basile au pr�fet Modeste;
d'autres ont occup� leurs si�ges, mais ont-ils eu beaucoup de
successeurs? Quoique Bossuet fut, comme on l'a dit, non un pr�lat de
cour, mais un pr�lat � la cour, peut-�tre eussent-ils pens� que sa
r�ponse � la question de Louis XIV, sur la com�die, sentoit encore un
peu le courtisan, et pas assez l'�v�que.
Le bon Cugoano avoit vu partout des temples �lev�s au Dieu des
chr�tiens, et des pasteurs charg�s de r�p�ter ses pr�ceptes; pouvoit-il
croire que des enfans de l'Evangile fouleroient aux pieds la morale
consacr�e dans le livre d�positaire des oracles divins? il a eu trop
bonne opinion des Europ�ens, et cette erreur, qui honore son coeur, est
pour eux une fl�trissure de plus.
CAPITEIN (Jacques-Elisa-Jean), n� en Afrique, fut achet�, � Page de sept
ou huit ans, sur les bords de la rivi�re Saint-Andr�, par un marchand
n�grier, qui en fit pr�sent � l'un de ses amis. Celui-ci donna au jeune
N�gre le nom de Capitein, le fit instruire et baptiser, et l'amena en
Hollande, o� il apprit la langue du pays, et se livra d'abord � la
peinture, pour laquelle il avoit une grande inclination. Il fit ses
premi�res �tudes � La Haye. Mlle Roscam, pieuse et savante, qui,
semblable � Mlle Schurman, s'occupoit beaucoup des langues, enseigna
au jeune Africain le latin, et les �l�mens du grec, de l'h�breu, du
chald�en. De La Haye il passa � l'Universit� de Leyde, trouva partout
des protecteurs z�l�s, et se livra � la th�ologie, sous d'habiles
professeurs, avec l'intention de retourner dans son pays pour y porter
la foi � ses compatriotes. Apr�s avoir fait, ses cours pendant quatre
ans, il prit ses grades, et fut envoy�, en 1742, comme missionnaire
calviniste, � Elmina, en Guin�e. Une gazette anglaise s'appuyant de
l'autorit� de Metz�re, ministre de l'Evangile � Harlem, d�bitoit, comme
bruit vague, que Capitein, retourn� en Guin�e, y avoit repris les moeurs
idol�tres [311]. Cette anecdote est seulement adoucie dans une lettre
que m'adresse de Vos, ministre mennonite d'Amsterdam, auteur de bons
ouvrages contre l'esclavage des N�gres et le duel. Il pr�tend que
Capitein, cit� avec �loge avant son d�part, et dont le portrait, grav�
par Tanje d'apr�s Van Dyck, circuloit dans toute la Hollande, ne soutint
pas sa r�putation; qu'� son retour en Europe, des bruits f�cheux se
r�pandirent sur l'immoralit� de sa conduite: on assure m�me, dit-il,
qu'il n'�toit pas �loign� d'abjurer le christianisme. Si le premier
article est vrai, le second devient probable; comme tant d'autres il se
seroit fait incr�dule pour s'�tourdir sur les infractions � la morale
�vang�lique. Cependant ces reproches sont-ils fond�s? De Vos lui-m�me
en att�nue une partie par la mani�re douteuse dont il les �nonce, et
Blumenbach m'a �crit et r�p�t� que ses recherches ce lui avaient procur�
aucun renseignement contre Capitein, dont il a fait graver le portrait
dans ses recueils sur les vari�t�s de figures humaines.
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