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Page 52
Long-temps esclave, Cugoano avoit partag� le sort de ces malheureux, que
l'iniquit� des Blancs d�prave et calomnie.
Comme Othello, il peint le spectacle lamentable des Africains forc�s de
dire un �ternel adieu � leur terre natale; les p�res, les m�res,
les �poux, les fr�res, les enfans invoquant le ciel et la terre, se
pr�cipitant dans les bras les uns des autres, se baignant de larmes,
s'embrassant pour la derni�re fois, et sur le champ arrach� � tout
ce qu'ils ont de plus cher. Ce spectacle, dit-il, attendriroit des
monstres, mais non des colons[306].
[Note 306: _V._ ses R�flexions sur la traite et l'esclavage des
N�gres, traduites de l'anglais, in-12, Paris 1788, p. 10.]
A la Grenade, il avoit vu d�chirer des N�gres � coups de fouet, pour
avoir �t� le dimanche � l'�glise au lieu d'aller au travail. Il avoit vu
casser les dents � d'autres, pour avoir suc� quelques cannes � sucre
[307]. Dans une foule de traits, consign�s sur les registres des cours
de justice, il cite le suivant: Lorsque les capitaines N�griers manquent
de provisions, ou que leur cargaison est trop forte, leur usage est de
jeter � la mer ceux de leurs N�gres qui sont malades, ou dont la vente
promet moins de profit.
[Note 307: _Ibid._, p. 184.]
En 1780, un capitaine n�grier retenu par les vents contraires, sur les
c�tes am�ricaines, et dans un �tat de d�tresse, choisit cent trente-deux
de ses esclaves les plus malades, et les fit jeter � la mer, li�s deux
� deux afin qu'ils ne pussent �chapper � la nage. Il esp�roit que la
compagnie d'assurance le d�dommageroit; dans le proc�s qu'a occasionn�
ce crime, il disoit: �Les N�gres ne peuvent �tre consid�r�s que comme
des b�tes de somme, et pour all�ger le vaisseau, il est permis de livrer
aux flots les effets les moins pr�cieux et les moins lucratifs.�
Quelques-uns de ces malheureux s'�toient �chapp�s des mains de ceux qui
les lioient, et s'�toient eux-m�mes pr�cipit�s, l'un fut sauv� par les
cordes que lui tendirent les matelots d'un autre vaisseau; le barbare
assassin de ces innocens, eut l'audace de le r�clamer comme sa
propri�t�; les juges rejet�rent sa demande[308].
[Note 308: _Ibid._, p. 134 et suiv.]
La plupart des auteurs, qui avoient censur� le commerce de l'esp�ce
humaine, avoient employ� les seules armes de la raison; une voix s'�leva
pour faire retentir le cri de la religion, pour prouver, par la
Bible, que le vol, la vente, l'achat des hommes, leur d�tention dans
l'esclavage, sont des forfaits dignes de mort; et cette voix �tait celle
de Cugoano, qui publia en anglais ses _R�flexions sur la traite et
l'esclavage des N�gres_, dont nous avons une traduction fran�aise.
Son ouvrage est peu m�thodique; il y a des longueurs, parce que la
douleur est verbeuse; l'homme profond�ment affect�, craint toujours
de n'avoir pas assez dit, de n'�tre pas assez compris; on y trouve un
talent sans culture, auquel une �ducation soign�e e�t fait faire de
grands progr�s.
Apr�s quelques observations sur les causes qui diff�rencient les
complexions et la couleur, telles que le climat, le caract�re physique
du pays, le r�gime di�t�tique, il demande: �s'il est plus criminel
d'�tre Noir ou Blanc, que de porter un habit blanc ou noir; si la
couleur et la forme du corps sont un titre pour encha�ner des hommes
dont les vices sont l'ouvrage des colons, et que le r�gime de la
libert�, une �ducation chr�tienne conduiroient � tout ce qui est bon,
utile et juste; mais puisque les colons ne voient qu'� travers les
voiles de l'avarice et de la cupidit�, tout esclave a le droit
imprescriptible de se soustraire � leur tyrannie.
�Les N�gres n'ont jamais franchi les mers pour voler des Blancs; s'ils
l'eussent fait, les nations europ�ennes crieroient au brigandage, �
l'assassinat; elles se plaignent des barbaresques, tandis qu'elles font
pis � l'�gard des N�gres; ainsi � qui doivent rester ces qualifications
odieuses? Les factoreries europ�ennes en Afrique, ne sont que des
cavernes de bandits et de meurtriers; or, voler des hommes, leur ravir
la libert�, c'est plus que prendre leurs biens. Dans cette Europe, qui
se pr�tend civilis�e, on encha�ne, ou l'on pend les voleurs, on envoie
au supplice les assassins, et si les n�griers et les colons ne subissent
pas cette peine, c'est que les peuples et les gouvernemens sont
leurs complices, puisque les loix encouragent la traite, et tol�rent
l'esclavage. Aux crimes nationaux le ciel inflige quelquefois des
punitions nationales: d'ailleurs, t�t ou tard l'injustice est fatale
� ses auteurs�. Cette id�e qui se rattache aux grandes vues de la
religion, est tr�s-bien d�velopp�e dans cet ouvrage; il pr�dit que le
courroux du ciel frappera l'Angleterre qui, sur la traite annuelle de
quatre-vingt mille esclaves pour les colonies, fait elle seule deux
tiers de ce commerce.
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