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Page 44
[Note 254: _V_. Voyage au S�n�gal, p. 149.]
Sur divers points de la c�te il y a des N�gres sachant deux ou trois
langues, et faisant les fonctions d'interpr�tes[255]. En g�n�ral ils ont
la conception rapide, et jouissent d'une m�moire surprenante. Villaut,
Barbot, et d'autres voyageurs en font la remarque[256]. Stedman a connu
un N�gre qui savoit le Coran par cour; on raconte la m�me chose de
Job-ben-Saiomon, fils du roi mahom�tan de Bunda, sur la Gambie. Salomon,
pris en 1730, fut conduit en Am�rique, et vendu dans le Maryland. Une
suite d'aventures extraordinaires, qu'on peut lire dans le _More-lak_,
le conduisirent en Angleterre, o� son air de dignit�, la douceur de son
caract�re, et ses talens lui firent des amis, entre autres le chevalier
Hans-Sloane, pour lequel il traduisit divers manuscrits arabes. Apr�s
avoir �t� accueilli avec distinction � la cour de Saint-James, la
compagnie d'Afrique, qui s'y int�ressoit, le fit reconduire � Bunda en
1734. Un oncle de Salomon lui dit en l'embrassant: Depuis soixante ans
tu es le premier que j'aye vu revenir des �les am�ricaines. Salomon
�crivit � ses amis d'Europe et du nouveau Monde, des lettres qui furent
traduites et lues avec int�r�t. Son p�re �tant mort, il lui succ�da, et
se fit aimer dans ses �tats[257].
[Note 255: V. Clarckson, p. 125.]
[Note 256: V. _Prevot_, t, IV, p. 198.]
[Note 257: _V_. le More-lack (par _le Cointe-Marsillac_), in-8�, Paris
1789, c. XV.]
Le fils du roi de Nimbana, venu en Angleterre pour faire ses �tudes,
avoit embrass� avec un succ�s �clatant divers genres de sciences, et
appris l'h�breu pour lire la Bible en original. Ce jeune homme, qui
donnoit de grandes esp�rances, mourut peu de temps apr�s son retour en
Afrique.
Ramsay, qui a pass� vingt ans au milieu des N�gres, leur attribue l'art
mimique � tel point qu'ils pourraient rivaliser, dit-il, avec nos
Roscius modernes.
Labat assure qu'ils sont naturellement �loquens. Poivre fut souvent
�tonn� par le talent des Madecasses, en ce genre, et Rochon a cru devoir
ins�rer dans son voyage de Madagascar, le discours d'un de leurs chefs,
qu'on peut lire avec plaisir, m�me apr�s celui de Logan[258].
[Note 258: _V_. Voyage � Madagascar et aux Indes occidentales, par
_Rochon_, in-8�, Paris, 3 vol., t. I, p. l73 et suiv.]
Stedman, qui les croit capables de grands progr�s, et qui leur accorde
sp�cialement le g�nie po�tique et musical, �num�re leurs instrumens �
corde et � bouche au nombre de dix-huit[259]; et cependant on ne voit
pas dans sa liste leur fameux balafou[260], form� d'une vingtaine de
tuyaux de bois dur qui vont en diminuant, et qui r�sonne comme un petit
orgue.
[Note 259: V. _Stedman_, c. XXVI.]
[Note 260: D'autres disent _balafat_ ou _balafo_, et le comparent �
une �pinette.]
Grainger d�crit une sorte de guitare invent�e par les N�gres, sur
laquelle ils jouent des airs qui respirent une m�lancolie douce et
sentimentale[261]; c'est la musique des coeurs afflig�s. La passion
des N�gres pour le chant ne prouve pas qu'ils soient heureux; c'est
l'observation de Benjamin Rush, qui indique les maladies r�sultantes de
leur �tat de d�tresse et de malheur[262].
[Note 261: The sugar cane, a poem, in four books, by _James Grainger_,
in-4�, 1764.]
[Note 262: _V_. American Museum, t. IV, p. 82.]
Le docteur Gall m'assurait qu'aux N�gres manquent les deux organes de
la musique et des math�matiques. Quand sur le premier article, je lui
objectois qu'un des caract�res les plus saillans des N�gres est leur
go�t invincible pour la musique, en convenant du fait, il m'opposoit
leur incapacit� de perfectionner ce bel art. Mais l'�nergie de ce
penchant n'est-elle pas un signe incontestable de talent? Il est
d'exp�rience que les hommes r�ussissent dans les �tudes vers lesquelles
une propension d�cid�e, une volont� forte les entra�nent. Qui peut
pr�sager � quel point les N�gres excelleront dans cette partie, quand
les connoissances de l'Europe entreront dans leur domaine? peut-�tre
auront-ils des Gluck et des Piccini. D�j� Gossec n'a pas d�daign� de
transporter, dans une pi�ce de circonstance, le _Camp de Grand-Pr�,_ un
air des N�gres de Saint-Domingue.
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