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Page 42
La plupart des N�gres venus d'Am�rique �tant m�thodistes ou baptistes,
ils ont des _meeting-houses_ ou lieux d'assembl�es, pour leur culte,
et cinq ou six pr�dicateurs noirs, dont la surveillance a contribu�
puissamment au maintien du bon ordre. Les N�gres remplissent avec
fermet�, douceur et justice les fonctions civiles, entre autres celles
du _jury_, car on l'a �tabli dans cette colonie: ils se montrent m�me
tr�s-chatouilleux sur leurs droits. Le gouverneur ayant inflig� de sa
propre autorit� quelques punitions, les condamn�s d�clar�rent qu'ils
vouloient �tre jug�s par leurs pairs, apr�s le _verdict_. En g�n�ral,
ils sont pieux, sobres, chastes, bons �poux, bons p�res, donnent des
preuves multipli�es de sentimens honn�tes; et malgr� les �v�nemens
d�sastreux de la guerre[240], et des �l�mens qui ont ravag� cette
colonie, on y go�te presque tous les avantages de l'�tat social. Ces
faits sont extraits des rapports que publie annuellement la compagnie de
Sierra-Leone[241], et dont la collection m'a �t� remise par le c�l�bre
Willeberforce. En octobre de l'an 1800, la colonie s'accrut par un envoi
de Marrons de la Jama�que, qu'on y d�porta contre la foi du trait�
qu'ils avoient conclu avec le g�n�ral Walpole, et malgr� ses
r�clamations[242].
[Note 240: En 1794, une escadrille fran�aise, occup�e � d�truire les
�tablissemens anglais sur la c�te occidentale d'Afrique, d�truisit,
en partie, la colonie de Sierra-Leone. Ce fait a �t� un titre
d'inculpations graves. En 1796, j'ai lu � l'Institut un m�moire o�,
apr�s avoir compuls� les registres du commandant de l'escadrille, j'ai
prouv� que son attaque dirig�e contre Sierra-Leone, �toit le fruit d'une
erreur. Il croyoit que c'�toit une entreprise purement mercantile, et
non un �tablissement philanthropique. Ce m�moire a �t� publi� dans la
D�cade philosophique, n� 67, et ensuite imprim� s�par�ment. La colonie
de Sierra-Leone, ruin�e une seconde fois pendant la guerre, a lutt�
contre ses malheurs, et s'est r�tablie.]
[Note 241: _V._ Substance of the report, delivered by the court of
direction of Sierra-Leone company, etc.; et particuli�rement celui de
l'an 1794, p. 55 et suiv.]
[Note 242: V. _Dallas_, t. II, p. 78, etc.]
Il paro�t que toutes choses �gales d'ailleurs, les pays o� l'on doit
trouver le moins d'�nergie et d'industrie, sont ceux o� la chaleur
excessive porte � l'indolence, o� les besoins physiques, tr�s-restreints
par cette temp�rature, trouvent facilement � se satisfaire par
l'abondance des denr�es consommables. Il semble encore que, d'apr�s ces
causes, la servitude doit s'attacher aux climats br�lans, et que la
libert�, soit politique, soit civile, doit rencontrer plus d'obstacles
entre les tropiques que dans les latitudes plus �lev�es. Mais qui
pourroit ne pas rire de la gravit� avec laquelle Barr�-Saint-Venant (que
d'ailleurs j'estime) assure que les N�gres, incapables de faire un seul
pas vers la civilisation, seront �dans vingt mille si�cles ce qu'ils
�toient il y a vingt mille si�cles; la honte, dit-il, et le malheur de
l'esp�ce humaine[243]�. Tant de faits accumul�s r�futent surabondamment
ce planteur si instruit de ce qu'�toient les N�gres avant leur
existence, et qui nous r�v�le proph�tiquement ce qu'ils seront dans
vingt mille si�cles. Il y a long-temps que les indig�nes d'Afrique et
d'Am�rique se seroient �lev�s � la civilisation la plus d�velopp�e, si
l'on e�t employ� � cette bonne oeuvre la centi�me partie d'efforts,
d'argent et de temps qu'on a consum�s � tourmenter, � �gorger plusieurs
millions de ces malheureux, dont le sang crie vengeance contre l'Europe.
[Note 243: V. _Barr�-Saint-Venant_, p. 119.]
CHAPITRE VII.
_Litt�rature des N�gres._
Willeberforce, de concert avec les membres de la soci�t� qui s'occupe
de l'�ducation des Africains, a fond� pour eux une esp�ce de coll�ge �
Clapham, distant de Londres d'environ deux myriam�tres. Les premiers
qu'on y a plac�s sont vingt-un enfans envoy�s par le gouverneur de
Sierra-Leone. J'ai visit� cet �tablissement en 1802, pour m'assurer,
par moi-m�me, du progr�s des �l�ves, et j'ai vu qu'entre eux et les
Europ�ens il n'existoit de diff�rence que celle de la couleur. La m�me
observation a �t� faite, 1�. � Paris, au coll�ge de la Marche, o�
Coesnon, ancien professeur de l'Universit�, avoit r�uni un nombre
d'enfans n�gres. Plusieurs membres de l'Institut national qui ont, comme
moi, examin� et suivi les �l�ves dans les d�tails habituels de la vie,
dans les cours particuliers, dans les exercices publics, confirmeront
mon t�moignage. 2�. Elle a �t� faite � l'�cole des N�gres de
Philadelphie, par un homme calomni� avec acharnement, puis assassin�
judiciairement, Brissot[244], citoyen d'une probit� rigide, qui est mort
pauvre comme il avoit v�cu. 3�. Elle a �t� faite � Boston, par le consul
fran�ais Giraud, sur une �cole de quatre cents Noirs qui sont �lev�s
s�par�ment. La loi autorise leur m�lange avec les petits Blancs; mais
ceux-ci les tourmentoient par suite d'une pr�vention h�r�ditaire qui
n'est point encore totalement effac�e, et qui, � partir des principes de
la droite raison, n'est fl�trissante que pour les Blancs, fl�trissante
surtout pour les loges de francs-ma�ons de cette ville; elles
fraternisent entre elles, mais elles n'ont jamais visit� la loge
africaine. Une seule fois, elle a �t� plac�e sur la m�me ligne,
lorsqu'au service fun�bre pour Washington, elle fit partie du cort�ge.
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