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Page 40
[Note 234: _V._ Le Critical Review, avril 1807, p. 369.]
[Note 235: _V._ De l'influence de la d�couverte de l'Am�rique sur le
bonheur du genre humain, par _Le Gentil_, in-8�, Paris 1788, p. 74 et
suiv.]
La province de Fernanbouc, dans l'Am�rique m�ridionale, a vu un corps
politique form� par des N�gres, que Malte-Brun appelle encore _rebelles,
r�volt�s_, dans un M�moire curieux sur le Br�sil, d'apr�s Barloeus et
Rochapitta, l'un Hollandais, l'autre Portugais, et qui est ins�r� dans
sa Traduction de Barrow[236].
[Note 236: Gaspari Barlaei, _rerum per Octennium in Brasilia gestarum
historia, in-fol._, 1647, Amsterdam, p. 243, etc. Rocha pitta, America
portugueza, l. VIII. Voyage � la Cochinchine, t. I, p. 218 et suiv.]
Entre les ann�es 1620 et 1630, des N�gres fugitifs, unis � quelques
Brasiliens, avoient form� deux �tats libres, le grand et le petit
Palmar�s, ainsi nomm�s de la quantit� de palmiers qu'ils avoient
plant�s. Le grand Palmar�s fut presqu'enti�rement d�truit par les
Hollandais en 1644. L'historien portugais, qui paro�t avoir ignor�, dit
Malte-Brun, l'ancienne origine de ces peuplades, prend leur restauration
en 1650, pour leur commencement r�el.
A la fin de la guerre avec les Hollandais, les esclaves du voisinage de
Fernanbouc, accoutum�s aux souffrances et aux combats, r�solurent de
former un �tablissement qui assur�t leur libert�. Quarante, d'entr'eux,
en devinrent les fondateurs, et bient�t leur troupe se grossit par une
multitude d'autres N�gres et Mul�tres. Mais n'ayant pas de femmes, ils
ex�cut�rent, sur une vaste �tendue de pays, un enl�vement pareil � celui
des Sabines. Devenus formidables � tout le voisinage, les Palmaresiens
adopt�rent une forme de culte qui �toit, si on peut le dire, une
parodie du christianisme; ils cr��rent une constitution, des loix, des
tribunaux, choisirent un chef nomm� _Zombi_, c'est-�-dire, _puissant_,
dont la dignit� �toit � vie, mais �lective; ils fortifi�rent leurs
villages plac�s sur des �minences, et sp�cialement leur capitale, dont
la population �toit de vingt mille ames; ils �levoient des animaux
domestiques et beaucoup de volailles. Barloeus d�crit leurs jardins,
leur culture de cannes � sucre, de patates, de manioc, de millet, dont
la r�colte �toit signal�e par des f�tes et des chants joyeux. Pr�s de
cinquante ans s'�toient �coul�s sans qu'ils fussent attaqu�s; mais en
1696, les Portugais combin�rent une exp�dition pour surprendre les
Palmaresiens. Ceux-ci, ayant leur Zombi ou chef � leur t�te, firent des
prodiges de valeur; enfin, subjugu�s par des forces sup�rieures, les uns
se donn�rent la mort pour ne pas survivre � la perte de leur libert�;
les autres, livr�s � la rage des vainqueurs, furent vendus et dispers�s:
ainsi s'�teignit une r�publique qui pouvoit r�volutionner le nouveau
Monde, et qui �toit digne d'un meilleur sort.
A la fin du dix-septi�me si�cle, l'iniquit� d�truisit la colonie de
Palmar�s. A la fin du dix-huiti�me, la justice et la bienveillance ont
cr�� celle de Sierra-Leone, dont on va parler.
D�s l'an 1751, Franklin avoit �tabli en principe, que le travail d'un
homme libre co�te moins cher, et produit plus que celui d'un esclave.
Smith et Dupont de Nemours, d�velopp�rent cette id�e par des calculs
d�taill�s, l'un dans ses _Recherches sur la richesse des nations;_
l'autre, dans le sixi�me volume des _Eph�m�rides du citoyen_, publi� en
1771. Il y consigna, le premier, le projet de remplacer la traite, et de
porter la civilisation au sein de l'Afrique, en formant sur les c�tes
des �tablissemens de N�gres libres, pour y cultiver les denr�es
coloniales.
Cette id�e saisie par Fothergil, a �t� reproduite par Demanet, Golberry,
Postleth-Wright qui, dans les deux �ditions de son Dictionnaire de
commerce, s'est montr� successivement l'antagoniste et l'apologiste des
N�gres; Pruneau-de-Pomme-Gouje qui, ayant eu le malheur de faire la
traite, en demande pardon � Dieu et au genre humain; Pelletan, qui
regarde cette colonisation comme le moyen assur� de changer la face de
ces contr�es d�sol�es; Wadstrom qui a publi� le r�sultat de son voyage
en Afrique avec Sparrman.
Mais d�j� le docteur Isert avoit tent� de l'ex�cuter � Aquapin, sur les
rives de la Volta; et dans ses lettres, il fait un tableau touchant des
moeurs de ses colons n�gres. Il a eu des successeurs dans la direction
de cet �tablissement, dont j'ignore la situation actuelle.
En 1792, les Anglais voulurent former une colonie libre � Bulam. Cette
tentative �choua comme celle de Cayenne avoit �chou� en 1763, et par les
m�mes causes, plan vicieux, mauvaise ex�cution, impr�voyance. Beaver,
qui a publi� en tr�s-grand d�tail la relation de l'�tablissement
commenc� � Bulam, prouve la possibilit� de la r�ussite, il en
indique les moyens[237]. Par l� m�me, son livre seroit une r�ponse �
Barr�-Saint-Venant, qui r�voque en doute cette possibilit�, si d�j�
celui-ci n'�toit r�fut� par l'existence de la colonie form�e �
Sierra-Leone.
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