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Page 39
Sans doute la civilisation est presque nulle dans plusieurs de ces �tats
n�gres, o� l'on ne parle du roitelet qu'� travers une sarbacane; o�
quand il a d�n�, un h�raut annonce qu'alors les autres potentats du
monde peuvent d�ner � leur tour. Ce n'est qu'on barbare, ce roi de
Kakongo qui, r�unissant tous let pouvoirs, juge toutes les causes, avale
une coupe de vin de palmier � chaque sentence qu'il prononce, sans quoi
elle seroit ill�gale, et termine quelquefois cinquante proc�s dans
une s�ance[228]. Mais ils furent aussi barbares les anc�tres des Blancs
civilis�s; comparez la Russie du quinzi�me si�cle, et celle du
dix-neuvi�me.
[Note 228: _V_. Hist. de Loango, etc.]
On vient d'�tablie que dans les r�gions africaines, il est des �tats o�
l'art social a fait des progr�s. De nouvelles preuves vont �lever cette
v�rit� jusqu'� l'�vidence.
Les Foulahs, dont le royaume est d'environ soixante myriam�tres de
longueur, sur trente-neuf de largeur, ont des villes assez populeuses.
Temboo, la capitale, a sept mille habitans; l'Islamisme, en y r�pandant
ses erreurs, y a introduit des livres, la plupart concernant la religion
et la jurisprudence. Temboo, Laby, et presque toutes les villes des
Foulahs, et de l'empire de Bornou, ont des �coles[229]. les N�gres, au
rapport de Mungo-Park, aiment l'instruction; ils ont des avocats
pour d�fendre les esclaves traduits devant des tribunaux[230], car la
domesticit� est inconnue chez eux, mais l'esclavage y est tr�s-doux. Ce
voyageur trouva de la magnificence au sein de l'Afrique, � S�go, ville
de trente mille ames, quoiqu'inf�rieure en tout � Jenne, � Tombuctoo et
� Houssa.
[Note 229: V. _Lucas et Ledyard,_ t. I, p. 190 et suiv. _V._ Substance
of the report, p. 136.]
[Note 230: V. _Mungo-Park, p. 13 et p. 37.]
Aux nations africaines, dont on vient de parler, doivent �tre joints
les Boushouanas, visit� par Barrow, qui vante l'excellence de leur
caract�re, la douceur de leurs moeurs, et le bonheur dont ils jouissent.
Ils ont aussi franchi les bornes qui s�parent le sauvage de l'homme
civilis�, et leur perfectionnement moral est tel, que des missionnaires
chr�tiens pourroient exercer utilement leur z�le dans ce pays. Likakou,
leur capitale, ville de dix � quinze mille ames, est situ�e � cent
vingt-cinq myriam�tres du Cap, le gouvernement est patriarchal, le chef
a droit de d�signer son successeur; mais en tout il agit d'apr�s les
voeux du peuple, que lui transmet son conseil compos� de vieillards; car
chez les Boushouanas la vieillesse et l'autorit� sont encore comme chez
les anciens peuples, des expressions synonymes[231]. Il est affligeant
que des contre-temps, dont Barrow donne le d�tail, l'ayent emp�ch�
d'aller chez les Barrolous, qu'on lui a peints comme plus avanc�s dans
la civilisation, qui n'ont aucune id�e de l'esclavage, et chez lesquels
on trouve de grandes villes, o� divers arts sont florissans [232].
J'oubliois de dire, d'apr�s Golberry, qu'en Afrique on ne voit pas un
seul mendiant, except� les aveugles, qui vont r�citer des passages du
Coran, ou chanter des couplets[233].
[Note 231: _V_. Voyage � la Cochinchine, etc., t. I, p. 289 et suiv.]
[Note 232: _Ibid._, p. 319 et suiv.]
[Note 233: _V_. Fragment d'un voyage, etc., t. II, p. 400.]
Des colons reprochent aux N�gres marrons, si improprement appel�s
rebelles, soit de Surinam, soit de la montagne bleue � la Jama�que,
de n'avoir pas organis� un �tat qui, en restreignant la libert�
individuelle, assureroit la libert� sociale. Tout ce qu'on vient de lire
est une r�ponse anticip�e � cette objection. Se pourroit il que les arts
de la paix fussent cultiv�s par une troupe fugitive, toujours cach�e
dans les for�ts et les marais, toujours occup�e � se nourrir et � se
d�fendre contre ses oppresseurs, qui sont les v�ritables r�volt�s?...
oui, r�volt�s contre tous les sentimens de la justice et de la nature.
On objectera peut-�tre encore que les N�gres de Ha�ti n'ont pu, jusqu'�
pr�sent, asseoir parmi eux une forme stable de gouvernement, et qu'ils
se d�chirent de leurs propres mains. Mais dans le cours orageux de notre
r�volution, sacr�e dans ses principes, calomni�e par ceux dont les
efforts sont parvenus � la d�naturer dans sa marche et ses r�sultats,
n'a t-on pas vu tous les genres de cruaut�? N'avoit-on pas, suivant
l'expression d'un d�put�, mis la nation en coupe r�gl�e, et allum� un
volcan qui a d�vor� plusieurs g�n�rations? La main de l'�tranger a
souvent agit� parmi nous les tisons de la discorde; c'est un fait qui
n'est pas probl�matique. En 1807, un �crivain anglais maudissoit encore
la perversit� rafin�e, par laquelle les gouvernemens europ�ens ont,
dit-il, vici� et _infernalis�_ l'esprit de cette r�volution fran�aise,
dont le but �toit louable, mais qu'ils ont envisag�e comme Satan
envisageoit le paradis[234]. Qui peut douter que des mains �trang�res
n'en ayent fait autant � Saint-Domingue? Six mille N�gres et Mul�tres
se joignirent autrefois aux Cara�bes, concentr�s dans les �les de
Saint-Vincent et la Dominique. Ces Cara�bes noirs, sont robustes et
fiers de leur ind�pendance[235]; toutes les donn�es acquises sur leur
compte par des hommes qui les ont fr�quent�s, portent � croire que leur
�tat social se perfectionneroit rapidement, s'ils ne redoutoient avec
raison la rapacit� de l'Europe, et s'ils pouvoient go�ter en paix les
fruits de leurs champs qu'ils auroient cultiv�s sans trouble. Depuis un
si�cle, ils luttent sans rel�che contre les �l�mens et les tyrans.
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