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Page 38
En partant des id�es re�ues parmi nous, commun�ment on croit qu'un
peuple n'est pas civilis�, s'il n'a des historiens et des annales. Nous
ne pr�tendons pas mettre les N�gres au niveau de ceux qui, h�ritiers des
d�couvertes de tous les �ges, y ajoutent les leurs; mais peut-on inf�rer
de l� que les N�gres sont incapables d'entrer en partage du d�p�t des
connaissances humaines? Si, par la raison qu'on ne poss�de pas, on �toit
inhabile � poss�der, les descendans des anciens Germains, Helv�tiens,
Bataves et Gaulois, seroient encore barbares; car il fut un temps o� ils
n'avoient pas m�me l'�quipement des Quipas du Mexique, ni des Hurons
runiques de la Scandinavie. Qu'avoient-ils donc? Des traditions vagues
et d�figur�es par le cours des si�cles, comme en ont toutes les
peuplades n�gres; et, n�anmoins, ils avoient, comme tous les Celtes dont
ils faisoient partie, une existence et des conf�d�rations politiques,
un gouvernement r�gulier, des assembl�es nationales, et surtout leur
libert�.
Nous conviendrons, avec l'historien de la Jama�que, que l'�tat de la
l�gislation dans chaque pays, peut indiquer (seulement � quelques
�gards) le degr� de civilisation; car, en appliquant cette mesure �
l'Angleterre sa patrie, on pourroit lui demander si la loi non abrog�e,
qui autorise un mari � vendre sa femme, est un sympt�me de civilisation
perfectionn�e? La m�me question peut �tre faite sur les lois
n�roniennes, qui r�duisent les catholiques d'Irlande au rang des Ilotes.
Malgr� les t�ches qui d�parent la constitution britannique, on ne peut
lui �ter l'avantage d'�tre une de celles qui savent le mieux allier la
s�curit� de l'�tat avec la libert� individuelle; sous des formes moins
compliqu�es, la m�me chose existe chez plusieurs de ces nations noires,
� qui Long refuse la facult� de combiner des id�es[223]. Sur la plupart
des c�tes d'Afrique, il y a une foule de royaumes qu'on pourroit appeler
microscopiques, o� le chef n'a que l'autorit� d'un p�re de famille[224].
Dans Gambie, le Boudou et d'autres petits �tats, le gouvernement est
monarchique, mais l'exercice du pouvoir y est temp�r� par les chefs des
tribus, sans l'avis desquels il ne peut faire la guerre ni la paix[225].
[Note 223: V. f. II, p. 377 et 378.]
[Note 224: _Beaver_, p. 328.]
[Note 225: V. _Mango-Park_, p. 128.]
Les laborieux Daccas qui occupent la pointe fertile du Cap-Verd, sont
organis�s en r�publique; quoique s�par�s par des sables arides du roi
de Damel, ils sont souvent en guerre avec lui. Quand le roi de Damel se
brouilla avec le gouvernement du S�n�gal, dont il ne recevoit plus de
_coutumes_, et qu'il traita avec les Anglais, r�cemment �tablis � Gor�e,
il leur proposa de l'aider � r�duire ce peuple. Pour les stimuler, il
all�guoit que les Daccas n'�toient pas comme les autres N�gres soumis
� un chef, mais libres comme l'�toient les Fran�ais. Ce trait de
diplomatie africaine m'a �t� communiqu� par Broussonnet.
Voil� donc des peuples qui ont saisi les id�es compliqu�es de
constitution, de gouvernement, de trait�s et d'alliances; s'ils n'ont
pas approfondi davantage ces notions politiques, c'est qu'il falloit
na�tre.
Dans l'empire de Bornou, la monarchie, dit le voyageur Lucas, est
�lective, ainsi que le gouvernement, de Kachmi. Quand le chef est
mort, on confie � trois anciens ou notables, le droit de choisir son
successeur parmi les enfans du d�c�d�, sans �gard � la primog�niture.
L'�lu est conduit par les trois anciens devant le cadavre du d�funt,
dont on prononce l'�loge ou la condamnation, suivant qu'il l'a m�rit�,
et l'on annonce au successeur qu'il sera heureux ou malheureux, selon le
bien ou le mal qu'il fera au peuple. Des usages semblables existent chez
les peuples voisins[226].
[Note 226: V. _Lucas_, t. I, p. 190 et suiv.]
Ici se place naturellement l'anecdote suivante. Le commandant d'un
fort portugais, qui attendoit l'envoy� d'un roi africain, ordonne les
pr�paratifs les plus somptueux, pour lui en imposer par le prestige
de l'opulence. L'envoy� arrive; il est introduit dans un salon
magnifiquement d�cor�; le commandant est assis sous un dais, on n'offre
pas m�me un si�ge � l'ambassadeur n�gre; il fait un signe, � l'instant
deux esclaves de sa suite se placent � genoux, et les mains � terre sur
le parquet; il s'assied sur leur dos. Ton roi, lui dit le commandant,
est-il aussi puissant que celui du Portugal? Mon roi, r�pond le N�gre, a
cent serviteurs qui valent le roi de Portugal, mille comme toi, un comme
moi.... et il part[227].
[Note 227: Anecdote racont�e par _Bernardin-Saint-Pierre._ L'auteur
des _Anecdotes africaines_ rapporte la m�me chose Zingha; il ajoute que
quand elle se leva, l'esclave �tant rest�e dans la m�me posture, on le
lui fit observer; elle r�pondit: La soeur d'un roi ne s'assied jamais
deux fois sur le m�me si�ge; il reste � la maison dans laquelle elle l'a
occup�.]
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