De la littérature des nègres, ou Recherches sur leurs facultés intellectuelles, leurs qualités m


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Page 37

[Note 215: _V_. Fragment d'un voyage, etc., t. I, p. 413 et suiv.; et
t. II, p. 380, etc.]

Les m�mes observations s'appliquent aux N�gres de Malacca et d'autres
parties des Indes. On envoie des esclaves noirs et blancs � Manille.
Sandoval, qui les a fr�quent�s, assure que tous sont dou�s d'une grande
aptitude, surtout pour la musique; leurs femmes excellent dans les
ouvrages � l'aiguille[216]. Lescalier, en voyageant dans le continent
asiatique, a trouv� que les N�gres � cheveux longs sont tr�s-instruits,
parce qu'ils ont des �coles. Comme les autres Indiens, ils fabriquent
les mousselines recherch�es que ce pays envoie en Europe. La France,
disoit un autre voyageur, est pleine des �toffes faites par les esclaves
noirs[217].

[Note 216: V. _Sandoval_, part. I, t. ii, c. xx, p. 205.]

[Note 217: _V_. Journal d'un voyage aux Indes, sur l'escadre de _du
Quesne_, t. II, p. 214.]

En lisant Winterbottam, Ledyard, Lucas Houghton, Mungo-Park et Horneman,
on voit, que les habitans de l'Afrique int�rieure, plus moraux, plus
avanc�s dans la civilisation que ceux des c�tes, les surpassent encore �
travailler la laine, le cuir, le bois et les m�taux, � tisser, teindre
et coudre. Outre les travaux des champs, qui les occupent beaucoup, ils
ont des manufactures et fondent le minerai. Les habitans du pays de
Houssa qui, selon Horneman, sont le peuple le plus intelligent de
l'Afrique, donnent aux instrumens tranchans une trempe plus fine que
les Europ�ens; leurs limes sont sup�rieures � celles de France et
d'Angleterre[218].

[Note 218: V. _Mungo-Park_, t. II, p. 35, 39-40. The Journal of
_Frederic Horneman Travels_, in-4�, London 1802, p. 33 et suiv.]

Ces d�tails font d�j� pressentir ce qu'on doit penser quand, pour
ravaler les Noirs, Jefferson nous dit que jamais on ne vit chez eux une
nation civilis�e. Un probl�me non r�solu, jusqu'� pr�sent, mais non pas
insoluble, c'est la mani�re de concilier le d�veloppement de toutes les
facult�s intellectuelles, de tous les talens, sans laisser germer
cette corruption que les arts d'agr�mens tra�nent, je ne dis pas
in�vitablement, mais constamment � leur suite.

Quoi qu'il en soit, en nous bornant � l'acception que pr�sente l'id�e de
sociabilit�, c'est-�-dire, d'aptitude � vivre avec les hommes en rapport
de services mutuels; l'id�e d'un �tat polic� qui a une forme constitu�e
de gouvernement et de religion, un pacte conservateur des personnes,
des propri�t�s, et qui place sous la sauvegarde des loix, ou des usages
ayant force de loi, l'exercice des travaux agricoles, industriels et
commerciaux; qui pourroit disputer � plusieurs peuples noirs la qualit�
de civilis�s? Seroit-ce � ceux dont parle L�on l'Africain qui, dans les
montagnes, ont quelque chose de sauvage, mais qui, dans les plaines, ont
b�ti des villes o� ils cultivent les sciences et les arts? Une relation
ins�r�e dans la collection de Prev�t, les d�peint comme plus avanc�s que
beaucoup de nations europ�ennes[219].

[Note 219: V. _Prevot_, t. IV, p. 283.]

Bosman, qui trouva le pays d'Agonna tr�s-bien gouvern� par une femme
[220], s'enthousiasme � l'aspect de celui de Juida, du nombre des
villes, de leurs moeurs, de leur industrie. Plus d'un si�cle apr�s, son
r�cit a �t� confirm� par Pruneau-de-Pomme-Gouje, qui exalte
l'intr�pidit� et l'habilit� des Juda�ques[221]. Les d�tails de la vie
pr�sentent chez eux une complication d'�tiquettes et de civilit�s plus
�tendues qu'� la Chine; la sup�riorit� de rang y a bien, comme partout,
ses pr�tentions orgueilleuses, mais les personnes d'�gale condition qui
se rencontrent, s'agenouillent et se b�nissent[222]. Sans approuver ce
c�r�monial minutieux, il faut cependant y reconno�tre les traits d'une
nation qui a franchi la barbarie.

[Note 220: V. _Bosman_, lettre 5.]

[Note 221: _V_. Description de la Nigritie, par _D. P._ in-8�, Paris
1789.]

[Note 222: _Bosman_, lettre 18.]

Deniau, consul fran�ais, qui a r�sid� treize ans � Juida, m'assuroit
que le gouvernement de cette contr�e peut rivaliser, en astuces
diplomatiques, avec ceux d'Europe, qui ont perfectionn� cet art funeste.
Que de preuves en offre la conduite de cette fameuse Gingha ou Zingha,
reine d'Angola, morte en 1663, � quatre-vingt-deux ans, � qui un esprit
�minent, et une intr�pidit� f�roce assurent une place dans l'histoire.
Comme la plupart des grands criminels de son rang, elle voulut, dans sa
vieillesse, expier ses forfaits par des remords qui ne rendoient pas la
vie aux malheureux qu'elle avoit fait p�rir.

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Books | Photos | Paul Mutton | Thu 15th Jan 2026, 12:13