De la littérature des nègres, ou Recherches sur leurs facultés intellectuelles, leurs qualités m


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Page 35

A l'�ge de... il �pousa une veuve, madame de Cristiani, n�e Kellermann,
Belge d'origine. Le prince ignoroit ce mariage; peut �tre Angelo
avoit-il des raisons pour le cacher: un �v�nement post�rieur a justifi�
son silence. L'empereur Joseph II, qui s'int�ressoit vivement � tout ce
qui concernoit Angelo, qui le distinguoit publiquement, m�me en prenant
son bras dans les promenades, d�couvrit un jour, sans en pr�voir les
suites, le secret d'Angelo au prince de Liechtenstein. Celui-ci le fait
appeler, le questionne; Angelo avoue son mariage. Le prince lui annonce
qu'il le bannit de sa maison, et raye son nom de son testament; il lui
avoit destin� des diamans d'une valeur assez consid�rable, dont Angelo
�toit par� quand il suivoit son ma�tre les jours de gala.

Angelo, qui avoit demand� si souvent pour d'autres, ne dit pas un
mot pour lui-m�me; il quitta le palais pour habiter dans un faubourg
�loign�, une petite maison achet�e depuis long-temps, et appropri�e
pour son �pouse. Il vivoit avec elle dans cette retraite, jouissant du
bonheur domestique. L'�ducation la plus soign�e de sa fille unique,
madame la baronne d'He�chtersleben qui n'existe plus, la culture de son
jardin, la soci�t� de quelques hommes �clair�s et vertueux, tels �toient
ses occupations et ses d�lassemens.

Environ deux ans apr�s la mort du prince Wenceslas de Lichtenstein, son
neveu et h�ritier, le prince Fran�ois, aper�oit Angelo dans la rue; il
fait arr�ter son carrosse, l'y fait entrer, lui dit que tr�s-convaincu
de son innocence, il est r�solu de r�parer l'iniquit� de son oncle. Il
assigne en cons�quence � Angelo un traitement r�versible apr�s sa mort,
comme pension annuelle, � madame Solimann. La seule chose que le prince
demandoit d'Angelo, c'�toit d'inspecter l'�ducation de son fils, Louis
de Lichtenstein.

Angelo remplissoit ponctuellement les devoirs de cette nouvelle
vocation, et se rendoit journellement chez le prince, pour veiller sur
l'�l�ve recommand� � ses soins. Le prince voyant que la longueur du
chemin devoit �tre p�nible pour Angelo, surtout quand le temps �toit
mauvais, lui offrit une habitation. Voil� donc Angelo �tabli, pour la
seconde fois, dans le palais Lichtenstein; mais il y mena sa famille; il
y vivoit en retraite comme auparavant dans la soci�t� de quelques amis,
dans celle des savans, et livr� aux belles-lettres qu'il cultivoit
avec z�le. Son �tude favorite �toit l'histoire; son excellente m�moire
l'aidoit beaucoup; il �toit en �tat de citer les noms, les dates,
l'ann�e de naissance de toutes les personnes illustres, et des
principaux �v�nemens.

Son �pouse, qui languissoit depuis longtemps, se soutint encore quelques
ann�es, par les tendres soins d'un �poux qui lui prodigua tous les
secours de l'art; mais enfin elle succomba. D�s-lors Angelo fit des
r�formes dans son m�nage; il n'invitoit plus d'amis � sa table; il
ne buvoit que de l'eau pour en donner l'exemple � sa fille, dont
l'�ducation alors achev�e �toit enti�rement son ouvrage. Peut-�tre aussi
vouloit-il, par une �conomie s�v�re, assurer la fortune de cette fille
unique.

Angelo fit encore plusieurs voyages dans un �ge avanc�, tant�t pour ses
propres affaires, tant�t pour celles des autres, estim� et aim� partout:
on se rappeloit ses actes de complaisance, et les bienfaits qu'il avoit
r�pandus, � des �poques d�j� tr�s-�loign�es. Les circonstances l'ayant
conduit � Milan, feu l'archiduc Ferdinand, qui en �toit gouverneur, le
combla d'amiti�s.

Il a joui, jusque vers la fin de sa carri�re, d'une sant� robuste; son
ext�rieur pr�sentoit � peine quelques sympt�mes de vieillesse, ce qui
occasionnoit des b�vues et des disputes amicales; car souvent des
personnes qui ne l'avoient pas vu depuis vingt ou trente ans, le
prenoient pour son propre fils, et le traitoient d'apr�s cette erreur.

Attaqu� d'un coup d'apoplexie dans la rue, � l'�ge de soixante et quinze
ans, on s'empressa de lui donner des secours qui furent inefficaces. Il
mourut le 21 novembre 1796, regrett� de tous ses amis, qui ne peuvent
penser � lui sans attendrissement, et sans verser des larmes. L'estime
de tous les hommes de bien l'a suivi dans le tombeau.

Angelo �toit d'une stature moyenne, svelte et bien proportionn�e; la
r�gularit� de ses traits, et la noblesse de sa figure, formoient par
leur beaut� un contraste avec les id�es d�favorables qu'on a commun�ment
de la physionomie des N�gres; une souplesse extraordinaire dans tous les
exercices du corps, donnoit � son maintien, � ses mouvemens de la gr�ce
et de la l�g�ret�: � toute la d�licatesse de la vertu unissant un
jugement sain, relev� par des connoissances �tendues et solides, il
poss�doit six langues, l'italien, le fran�ais, l'allemand, le latin, le
boh�mien, l'anglais, et parloit surtout avec puret� les trois premi�res.

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Books | Photos | Paul Mutton | Thu 15th Jan 2026, 8:44