De la littérature des nègres, ou Recherches sur leurs facultés intellectuelles, leurs qualités m


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Page 31

[Note 194: Dickson, _Letters on slavery,_ 1789, p. 20 et suiv.]

Je doute qu'on puisse trouver beaucoup de r�sultats pareils, en
compulsant les greffes des tribnnaux criminels de l'Europe.

La reconnoissauce des Noirs, ajoute Stedman, les porte � s'exposer �
la mort pour sauver leurs bienfaiteurs[195]. Cowry raconte qu'un esclave
portugais ayant fui dans les bois, apprend que son ma�tre est traduit en
jugement pour cause d'assassinat; le N�gre se constitue prisonnier en
place du ma�tre, donne des preuves fausses, mais judiciaires, de son
pr�tendu crime, et subit la mort � la place du coupable[196].

[Note 195: _Stedman,_ t. III, p. 70 et 76.]

[Note 196: _Cowry,_ p. 27.]

Le Journal de litt�rature, par Grosier, a recueilli des d�tails
attendrissans sur un N�gre de du Colombier, propri�taire dans les
colonies, r�sidant pr�s de Nantes. L'esclave �toit devenu libre; mais le
ma�tre �toit devenu pauvre. Le N�gre vendit tout ce qu'il avoit pour le
nourrir. Quand cette ressource fut �puis�e, il cultiva un jardin dont il
vendoit les produits pour continuer cette bonne oeuvre. Le ma�tre tombe
malade; le N�gre, malade lui-m�me, d�clare qu'il ne s'occupera de sa
sant� que quand le ma�tre sera gu�ri; mais ce bon Africain succombe de
fatigues, et apr�s vingt ans de services gratuits meurt, en 1776, en
l�guant � du Colombier le peu qui lui restoit[197].

[Note 197: _V._ Journal de litt�rature, des sciences et des arts, t.
III, p. 188 et suiv.]

On conno�t trop peu l'anecdote de Louis Desrouleaux, N�gre, p�tissier
� Nantes, puis au Cap, o� il avoit �t� esclave d'un nomm� Pinsum, de
Bayonne, capitaine n�grier. Ce capitaine, revenu en France avec de
grandes richesses, s'y ruine; il repasse � Saint-Domingue: ceux qui
se disoient ses amis lorsqu'il �toit opulent, daignent � peine le
reconno�tre. Louis Desrouleaux, qui avoit acquis de la fortune, les
suppl�e tous; il apprend le malheur de son ancien ma�tre, s'empresse
de le chercher, le loge, le, nourrit, et cependant lui propose d'aller
vivre en France, o� son amour propre ne sera pas mortifi� par l'aspect
des ingrats qu'il a faits. Mais je n'ai rien pour vivre en France,...
15,000 francs annuels vous suffiront-ils?... Le colon pleure de joie; le
N�gre lui passe le contrat, et la pension a �t� pay�e jusqu'� la mort de
Louis Desrouleaux, arriv�e en 1774.

S'il �toit permis d'intercaler ici un fait �tranger � mon sujet, je
citerois la conduite des Indiens envers l'�v�que Jacquemin, qui a �t�
vingt-deux ans missionnaire � la Guyane. Ces Indiens, qui l'aimoient
tendrement, le voyant d�nu� de tout lorsqu'on cessa de payer les
pasteurs, vont le trouver et lui disent: P�re, tu es �g�, reste avec
nous, nous chasserons pour toi, nous p�cherons pour toi.

Et comment ces hommes de la nature seroient-ils ingrats envers leurs
bienfaiteurs, lorsqu'ils sont bienfaisans m�me envers leurs oppresseurs?
Dans la travers�e on a vu des Noirs encha�n�s, partager leur triste et
ch�tive nourriture avec les matelots[198].

[Note 198: _Stedman,_ t. I, p. 270.]

Une maladie contagieuse avoit fait p�rir le capitaine, le contre-ma�tre
et la plupart des matelots d'un vaisseau n�grier; ce qui restoit �tant
insuffisant pour la manoeuvre, les N�gres s'y emploient; par leur
secours le vaisseau arrive � sa destination, ensuite ils se laissent
vendre[199].

[Note 199: _Stedman,_ t. I, p. 270.]

Les philantropes d'Angleterre aiment � citer ce bon et religieux Joseph
Rachel, N�gre libre aux Barbades, qui s'�tant enrichi par le n�goce,
consacra toute sa fortune � faire du bien. Les malheureux, quelle que
f�t leur couleur, avoient des droits sur son coeur; il distribuoit aux
indigens, pr�toit � ceux qui pouvoient rendre, visitoit les prisonniers,
leur donnoit des conseils, t�choit de ramener les coupables � la vertu.
Il est mort en 1758, � Bridgetown, pleur� des Noirs et des Blancs[200].

[Note 200: _Dickson,_ p. 180.]

Les Fran�ais doivent b�nir la m�moire de Jasmin Thoumazeau; n� en
Afrique en 1714, il fut vendu � Saint-Domingue en 1736. Ayant obtenu la
libert�, il �pousa une N�gresse de la C�te-d'Or, et fonda au Cap, en
1756, un hospice pour les pauvres N�gres et sang-m�l�s. Pendant plus de
quarante ans, avec son �pouse, il s'est vou� � leur soulagement, et
leur a consacr� tous ses soins et sa fortune. La seule peine qu'ils
�prouvassent au milieu des malheureux auxquels leur charit� prodiguoit
des secoure, �toit l'inqui�tude qu'apr�s eux l'hospice ne f�t abandonn�.
En 1789, le cercle des Philadelphes du Cap, et la soci�t� d'agriculture
de Paris, d�cern�rent des m�dailles � Jasmin[201], qui est mort vers la
fin du si�cle.

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Books | Photos | Paul Mutton | Thu 15th Jan 2026, 0:01