De la littérature des nègres, ou Recherches sur leurs facultés intellectuelles, leurs qualités m


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Page 30

[Note 185: In-4�, London 1787.]

Adanson, qui visita le S�n�gal en 1754, et qui en parle comme d'un
�lys�e, en trouva les N�gres tr�s-sociables, et d'un excellent
caract�re. Leur aimable simplicit�, dans ce pays enchanteur, me
rappeloit, dit-il, l'id�e des premiers hommes; il me sembloit voir
le monde � sa naissance[186]. En g�n�ral, ils ont conserv� l'estimable
bonhomie des moeurs domestiques; ils se distinguent par beaucoup de
tendresse envers leurs parens, beaucoup de respect pour la vieillesse,
vertu patriarchale et presqu'inconnue parmi nous[187]. Ceux qui sont
mahom�tans contractent une certaine alliance avec ceux qui ont �t�
circoncis � la m�me �poque, et se regardent comme fr�res. Ceux qui sont
chr�tiens conservent toute leur vie une v�n�ration particuli�re pour
leurs parrains et marraines.

[Note 186: _Adanson,_ p. 31 et 118. _V._ aussi Lamiral l'_Afrique, et
le peuple africain,_ p. 64.]

[Note 187: _Demanet,_ p. 11.]

Ces mots rappellent une institution sublime que la philosophie envioit
derni�rement au christianisme; cette esp�ce d'adoption religieuse r�pand
sur les enfans des relations d'amour et de bienfaisance qui, dans le
cas �ventuel et malheureusement trop fr�quent, o�, en bas �ge, ils
perdroient les auteurs de leurs jours, pr�pare aux orphelins des
conseils et un asile.

Robin parle d'un esclave � la Martinique, qui ayant gagn� de quoi se
racheter, pr�f�ra de racheter sa m�re[188]. L'outrage le plus sanglant
qu'on puisse faire � un N�gre, c'est de maudire son p�re ou sa m�re[189],
ou d'en parler avec m�pris. Frappez-moi, disoit un esclave � son
ma�tre, mais ne maudissez pas ma m�re[190]. C'est de Mungo-Park que
j'emprunte ce fait et le suivant. Une N�gresse ayant perdu son fils, son
unique consolation etoit de penser que cet enfant n'avoit jamais dit un
mensonge[191]. Casaux raconte qu'un N�gre voyant un Blanc maltraiter
son p�re, enleva vite l'enfant de ce brutal, de peur, dit-il, qu'il
n'apprenne � imiter sa conduite.

[Note 188: V. _Robin,_ t. I, p. 204.]

[Note 189: V. _Long,_ t. II, p. 416.]

[Note 190: _V._ Voyage dans l'int�rieur de l'Afrique, par
_Mungo-Park,_ t. II, p. 8 et 10.]

[Note 191: _Ibid.,_ p. 11.]

La v�n�ration des Noirs pour leurs a�eux les suit par del� les bornes de
la vie; ils vont s'attendrir sur la cendre de ceux qui ne sont plus. Un
voyageur nous a conserv� l'anecdote d'un Africain qui recommandoit � un
Fran�ais de respecter les s�pultures. Qu'e�t pens� le premier s'il avoit
pu croire qu'un jour elles seroient profan�es dans toute la France, chez
une nation qui se dit civilis�e?

Les Noirs, au rapport de Stedman, sont si bienveillans les uns envers
les autres, qu'il est inutile de leur dire: _Aimez votre prochain comme
vous-m�mes[192]._ Les esclaves du m�me pays surtout, ont un penchant
marqu� � s'entr'aider. H�las! presque toujours les malheureux n'ont rien
� esp�rer que de ceux auxquels ils sont associ�s par l'infortune.

[Note 192: _Stedman,_ t. III, p. 66.]

Plusieurs Marrons avoient �t� condamn�s � �tre pendus; on offre la gr�ce
� l'un d'eux, � condition qu'il sera l'ex�cuteur. Il refuse; il aime
mieux mourir. Le ma�tre nomme un de ses esclaves pour le remplacer...
Attendez que je me pr�pare... Il va dans la case, prend une hache, se
coupe le poing; revient au ma�tre, et lui dit: Exige maintenant que je
sois le bourreau de mes camarades[193].

[Note 193: _V._ Le Bonnet de Nuit, par _Mercier,_ t. II, article
_Morale._]

Dickson nous a conserv� le fait suivant. Un N�gre avoit tu� un Blanc; un
autre homme accus� du crime alloit �tre mis � mort. �Le meurtrier va se
d�clarer � la justice, parce qu'il ne pourroit supporter le remords
d'avoir caus� � deux individus la perte de la vie�. L'innocent est
rel�ch�, et le N�gre est envoy� au gibet, o� il resta vivant six � sept
jours.

Le m�me Dickson a v�rifi� que sur cent vingt mille, tant N�gres que
sang-m�l�s, � la Barbade, dans le cours de trente ans, on n'a ou� parler
que de trois meurtres de la part des N�gres, quoiqu'ils fussent souvent
provoqu�s par la cruaut� des planteurs[194].

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Books | Photos | Paul Mutton | Wed 14th Jan 2026, 22:21