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Page 28
Les N�gres cependant, loin de c�der au sentiment d'une l�gitime
indignation contre un gouvernement qui manquoit � ses engagemens, lui
accordent une ann�e pour d�lib�rer et choisir la paix ou la guerre. Ils
f�tent de leur mieux les commissaires, leur prodiguent une bienveillance
hospitali�re, et les renvoient en leur rappelant, que les colons
de Surinam �toient eux-m�mes les artisans de leurs d�sastres par
l'inhumanit� avec laquelle ils traitoient leurs esclaves[172]. Stedman,
� qui nous devons ces d�tails, ajoute que les champs de cette r�publique
de Noirs sont couverts d'ignames, de ma�s, de plantaniers et de manioc.
[Note 172: _Stedman_, t. I, p. 88 et suiv.]
Tous les auteurs qui, sans pr�jug�, parlent des N�gres, rendent justice
� leur naturel heureux et � leurs vertus. Il est m�me des partisans
de l'esclavage � qui la force de la v�rit� arrache des aveux en leur
faveur. Tels sont, 1�. l'historien de la Jama�que, Long, qui admire chez
plusieurs un excellent caract�re, un coeur aimant et reconnoissant; chez
tous la tendresse paternelle et filiale port�e au supr�me degr�[173].
[Note 173: _V. Long_, t. II, p. 416.]
2�. Duvallon, qui par le r�cit des malheurs de la pauvre et d�cr�pite
Irrouba, est s�r d'attendrir son lecteur et de faire ex�crer le colon
f�roce dont elle avoit �t� la m�re nourrici�re[174].
[Note 174: _V._ Vue de la colonie espagnole, etc., en 1802, par
_Duvallon_, in-8�, Paris 1803, p. 268 et suiv. �Allons voir la
centenaire, dit quelqu'un de la compagnie, et l'on s'avan�a jusqu'� la
porte d'une petite hutte o� je vis paroitre, l'instant d'apr�s, une
vieille N�gresse du S�n�gal, d�cr�pite au point qu'elle �toit pli�e en
double, et oblig�e de s'appuyer sur les bordages de sa cabane, pour
recevoir la compagnie assembl�e � sa porte, et en outre presque sourde,
mais ayant encore l'oeil assez bon. Elle �toit dans le plus extr�me
d�nuement, ainsi que le t�moignoit assez tout ce qui l'entouroit, ayant
� peine quelques haillons pour la couvrir, et quelques tisons pour la
rechauffer, dans une saison dont la rigueur est si sensible pour la
vieillesse, et pour la caste noire surtout. Nous la trouv�mes occup�e �
faire cuire un peu de riz � l'eau pour son souper, car elle ne recevoit
de ses ma�tres aucune subsistance r�gl�e, ainsi que son grand �ge et ses
anciens services le requ�roient. Elle �toit, au surplus, abandonn�e �
elle-m�me, et dans cet �tat de libert� que la nature, �puis�e en elle,
avoit oblig� ses ma�tres � lui laisser, et dont en cons�quence elle
lui �toit plus redevable qu'� eux. Or il faut apprendre au lecteur,
qu'ind�pendamment de ses longs services, cette femme, presque
centenaire, avoit anciennement nourri de son lait deux enfans blancs,
parvenus � une parfaite croissance, et morts avant elle, les propres
fr�res d'un de ses ma�tres qui se trouvoit avec nous. La vieille
l'aper�ut, et l'appelant par son nom, en le tutoyant (suivant l'usage
des N�gres de Guin�e), avec un air de bonhomie et de simplesse vraiment
attendrissant: Eh bien! quand feras-tu, lui dit-elle, r�parer la
couverture de ma cabane? il y pleut comme dehors. Le ma�tre leva les
yeux et les dirigea sur le toit, qui �toit � la port�e de la main. J'y
songerai, dit-il.--Tu y songeras! tu me dis toujours cela, et rien ne
se fait.--N'as-tu pas tes enfans? (deux N�gres de l'atelier, ses
petits-fils), qui pourroient bien arranger la cabane.--Et toi, n'es-tu
pas leur ma�tre, et n'es-tu pas mon fils toi-m�me? Tiens, ajouta-t-elle,
en le prenant par le bras et l'introduisant dans sa cabane, entre et
vois-en par toi-m�me les ouvertures; _aye donc piti�_, mon fils, de la
vieille Irrouba, et fais au moins r�parer le dessus de son lit; c'est
tout ce qu'elle te demande, et le bon Dieu te le rendra. Et quel �toit
ce lit? H�las! trois ais grossi�rement joints sur deux traverses, et sur
lesquels �toit �tendue une couche de cette esp�ce de plante parasite du
pays, nomm�e _barbe-espagnole_. Le toit de la cabane est entr'ouvert, la
bise et la pluie fouettent sur ta mis�rable couche, et ton ma�tre voit
tout cela, et il y est insensible! Pauvre Irrouba!
Robert.]
Les m�mes vertus �clatent dans ce que racontent des N�gres,
Hilliard-d'Auberteuil, Falconbridge, Grandville-Sharp, Benezer, Ramsay,
Horneman, Pinkard, Robin, etc., et surtout Clarkson, qui, ainsi que
Wilberforce, s'est immortalis� par ses ouvrages et son z�le dans la
d�fense des Africains. George Robert, navigateur anglais, pill� par
un corsaire son compatriote, se r�fugie � l'�le Saint-Jean, l'une de
l'archipel du Cap-Vert; il est secouru par les N�gres. Un pamphl�taire
anonyme qui n'ose nier le fait, t�che d'en att�nuer le m�rite, en disant
que l'�tat de George Robert auroit touch� un tigre[175]. Durand
pr�conise la modestie, la chastet� des �pouses n�gresses, et la bonne
�ducation des Mul�tres � Gor�e[176]. Wadstrom, qui se loue beaucoup de
leur accueil, leur croit une sensibilit� affectueuse et douce,
sup�rieure � celle des Blancs. Le capitaine Wilson, qui a v�cu chez eux,
vante leur constance en amiti�; ils pleuroient � son d�part.
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