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Page 26
Il �toit Mul�tre cet Alexandre Dumas, qui avec quatre cavaliers attaqua,
pr�s de Lille, un poste de cinquante Autrichiens, en tua six, et fit
seize prisonniers. Longtemps il commanda une l�gion � cheval, compos�e
de Noirs et de sang-m�l�s, qui �toient la terreur des ennemis... A
l'arm�e des Alpes, il monta au pas de charge le Saint-Bernard, h�riss�
de redoutes, s'empara des canons qu'il dirigea sur le champ contre
l'ennemi. D'autres d�j� ont racont� les exploits qui l'ont signal� en
Europe et en Afrique, car il fut de l'exp�dition d'�gypte. A son retour,
il eut le malheur de tomber entre les mains du gouvernement napolitain,
qui, pendant deux ans, le retint dans les fers avec Dolomien. Alexandre
Dumas, g�n�ral de division, nomm� par l'Empereur, l'Horatius-Cocl�s du
Tyrol, est mort en 1807.
Il est N�gre ce Jean Kina de Saint-Domingue, partisan d'une mauvaise
cause, lorsqu'il a combattu contre la libert� des hommes de sa couleur;
mais qui, renomm� peur sa bravoure, re�ut � Londres un accueil
si distingu�. Le gouvernement britannique vouloit lui confier le
commandement d'une compagnie de sang-m�l�s, destin�s � prot�ger les
quartiers �loign�s de la colonie de Surinam. En 1800 il repasse aux
Antilles: un d�dain humiliant lui rappelle qu'il est affranchi, son
coeur s'indigne; il excite une insurrection pour prot�ger ses fr�res
contre les colons qui faisaient avorter les N�gresses � force de
travail, et vouloient vendre les N�gres libres; bient�t il est pris,
renvoy� � Londres, et renferm� � Newgate[166].
[Note 166: _V_. L'ouvrage intitul�: Paris, t. XXXI, p. 405 et suiv.]
Il �toit N�gre ce Mentor, n� � la Martinique en 1771. Fait prisonnier
en se battant contre les Anglais, � la vue des c�tes d'Ouessant, il
s'empare du b�timent qui le conduisoit en Angleterre, et l'am�ne �
Brest.
A la plus heureuse physionomie r�unissant l'am�nit� du caract�re et un
esprit fin que la culture avoit perfectionn�, on l'a vu occuper le si�ge
l�gislatif � c�t� de l'estimable Tomany. Tel �toit Mentor, dont la
conduite post�rieure a peut-�tre profan� ces brillantes qualit�s; il a
�t� tu� � Saint-Domingue.
Il avoit port� les cha�nes de l'esclavage ce Toussaint-Louverture, �tant
hattier sur l'habitation Breda, au g�reur de laquelle il envoya des
secours p�cuniaires. Tant de preuves ont mis en �vidence sa bravoure et
celle de Rigaud, g�n�ral mul�tre, son comp�titeur, que personne ne la
conteste. Sous ce rapport, Toussaint est comparable au Cacique Henri,
dont on peut lire la vie dans Charlevoix. J'ai en communication d'un
manuscrit intitul�: _R�flexions sur l'�tat actuel de la colonie de
Saint-Domingue, par Vincent, ing�nieur_. Voici le portrait qu'il trace
du g�n�ral n�gre;
�Toussaint, � la t�te de son arm�e, se trouve l'homme le plus actif
et le plus infatigable dont on puisse se faire une id�e. L'on peut
rigoureusement dire qu'il est partout o� un jugement sain et le danger
lui font croire que sa pr�sence est n�cessaire. Le soin particulier de
toujours tromper sur sa marche les hommes m�mes dont il a besoin, et
auxquels on croit qu'il accorde une confiance qui n'est cependant �
personne, fait qu'il est �galement attendu tous les jours dans les
chefs-lieux de la colonie. Sa grande sobri�t�, la facult� donn�e � lui
seul de ne jamais se reposer, l'avantage qu'il a de reprendre le travail
du cabinet apr�s de p�nibles voyages, de r�pondre � cent lettres par
jour, et de lasser habituellement cinq secr�taires en font un homme
tellement sup�rieur � tout ce qui l'entoure, que le respect, la
soumission pour lui vont jusqu'au fanatisme dans le tr�s-grand nombre de
t�tes. L'on peut m�me assurer, qu'aucun individu aujourd'hui n'a
pris sur une masse d'hommes ignorans le pouvoir qu'a pris le g�n�ral
Toussaint sur ses fr�res�.
L'ing�nieur Vincent ajoute que Toussaint est dou� d'une m�moire
prodigieuse; qu'il est bon p�re, bon �poux; que ses qualit�s civiques
sont aussi s�res que sa vie politique est astucieuse et coupable.
Toussaint r�tablit le culte � Saint-Domingue, et son z�le lui avoit
m�rit� l'�pith�te de _capucin_, de la part de gens � qui on pouvoit en
donner une autre. Avec moi, il entretint une correspondance dont le but
�toit d'obtenir, douze eccl�siastiques vertueux. Plusieurs partirent
sous la direction de l'estimable �v�que Mauviel, sacr� pour
Saint-Domingue, qui se d�vouoit g�n�reusement � cette mission p�nible.
Toussaint, �gar� par les suggestions de quelques moines dissidens,
lui suscita des tracasseries, quoiqu'il e�t pr�c�demment f�licit� la
colonie, de son arriv�e, par une proclamation solennelle. Que Toussaint
ait �t� cruel, hypocrite et tra�tre, ainsi que les N�gres et Mul�tres
associ�s � ses op�rations, je ne pr�tends pas le nier; mais les
Blancs....... Ne jugeons pas une cause sur l'audition d'une seule
partie. Un jour peut-�tre les N�gres �criront, imprimeront � leur tour,
ou l'impartialit� guidera la plume de quelque Blanc. Les faits, r�cens
sont, dit-on, le domaine de l'adulation et de la satire. Tandis que des
gens le peignent, sans restriction, sous des couleurs odieuses, par
un autre exc�s Whitchurch, dans son po�me d'_Hispaniola_, en fait un
h�ros[167]. Quoique Toussaint soit mort, la post�rit� qui rectifie,
casse ou confirme les jugemens des contemporains, n'est peut-�tre pas
encore arriv�e pour lui.
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