De la littérature des nègres, ou Recherches sur leurs facultés intellectuelles, leurs qualités m


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Page 24

[Note 157: _Labat_, IV, p. 183.]

Un N�gre, condamn� au feu � la Martinique, et tr�s-passionn� pour le
tabac, demande une cigare allum�e, qu'on lui place dans la bouche: il
fumoit encore, dit Labat, lorsque d�j� ses membres �toient attaqu�s par
le feu.

En 1750, les N�gres de la Jama�que s'insurgent, ayant Tucky � leur
t�te; leurs vainqueurs allument les b�chers, et tous les condamn�s vont
gaiement au supplice. L'un d'eux avoit vu de sang froid ses jambes
r�duites en cendres; une de ses mains se d�gage, parce que le brasier
avoit consum� les liens qui l'attachoient; de cette main il saisit un
tison, et le lance au visage de l'ex�cuteur[158].

[Note 158: V. _Bryant-Edwards_, Hist. des Indes occidentales; et
Biblioth�que britannique, t. XIX, p. 495 et suiv.]

Au dix-septi�me si�cle, et lorsque la Jama�que �toit encore soumise aux
Espagnols, une partie des esclaves avoient reconquis leur ind�pendance,
sous la conduite de Jean de Bolas. Leur nombre s'accrut, et ils
devinrent formidables, quand ils eurent �lu pour chef Cudjoe, dont
le portrait est ins�r� dans l'ouvrage de Dalas. Cudjoe, �galement
valeureux, habile et entreprenait, �tablit, en 1730, une conf�d�ration
entre toutes les peuplades de Marrons, fit trembler les Anglais, et les
r�duisit � faire un trait�, par lequel reconnoissant la libert� de ces
Noirs, ils leur c�dent � perp�tuit� une portion du territoire de la
Jama�que[159].

[Note 159: V. Dallas, t. I, p. 25, 46, 60, etc.]

L'historien portugais Barros dit, quelque part, que m�me aux soldats
suisses, il pr�f�reroit des N�gres. Pour rehausser l'�loge de ceux-ci,
il alloit prendre dans l'Helv�tie le point de comparaison qui �toit �
ses yeux le plus honorable. Parmi les traits de bravoure qu'a receuillis
le P. Labat, un des plus signal�s arriva lors du si�ge de Carthag�ne:
toutes les troupes de ligne avoient �t� repouss�es � l'attaque du fort
de la Bocachique; les N�gres, amen�s de Saint-Domingue, l'assaillirent
avec une imp�tuosit� qui for�a les assi�g�s � se rendre[160].

[Note 160: _Labat_, t. IV, p. 184.]

En 1703, les Noirs prirent les armes pour la d�fense de la Guadeloupe,
et firent plus que le reste des troupes fran�aises. Dans le m�me temps
ils d�fendirent la Martinique, contre les Anglais[161]. On se rappelle
la conduite honorable des N�gres et des sang-m�l�s, au si�ge de
Savannah, � la prise de Pensacola. Pendant notre r�volution, incorpor�s
aux troupes fran�aises, ils en ont partag� les dangers et la gloire.

[Note 161: _V_. Le M�moire pour le nomm� _Roc_, N�gre, contre le sieur
_Poupet_, par _Poncet de la Grave_, _Henrion de Pancey_ et de _Foisi_
in-8�, Paris 1770, p. 14.]

Il �toit N�gre ce prince africain Oronoko, vendu � Surinam. Madame Behn
avoit �t� t�moin de ses infortunes; elle avoit vu la loyaut� et le
courage des N�gres en contraste avec la bassesse et la perfidie de leurs
oppresseurs. Revenue en Angleterre, elle composa son _Oronoka._ Il est
� regretter que sur un canevas historique, elle ait brod� un roman. Le
simple r�cit des malheurs de ce nouveau Spartacus, et de ses compagnons,
e�t suffi pour attendrir les lecteurs.

Il �toit N�gre ce Henri Diaz, pr�conis� dans toutes les histoires du
Br�sil, auquel Brandano (qui � la v�rit� n'�toit pas colon) accorde
tant d'esprit et de sagacit�. D'esclave, Henri Diaz devint colonel d'un
r�giment de fantassins de sa couleur. Ce r�giment, compos� de Noirs,
existe encore dans l'Am�rique portugaise, sous le nom de _Henri Diaz._
Les Hollandais, alors possesseurs du Br�sil, en vexoient les habitans.
A cette occasion La Clede se r�pand en r�flexions sur l'impolitique des
conqu�rans qui, au lieu de faire aimer leur domination, aggravent
le joug, fomentent des haines, et am�nent t�t ou tard des r�actions
funestes � ceux-ci, et utiles � la libert� des peuples. En 1637, Henri
Diaz se joignit aux Portugais, pour chasser les Hollandais. Ceux-ci,
assi�g�s dans la ville D'arecise, ayant fait une sortie, furent
repouss�s avec grande perte, par le g�n�ral n�gre; il prit d'assaut
un fort qu'ils avoient �lev� � quelque distance de cette ville. A
l'habilet� dans la tactique, aux ruses de guerre par lesquelles il
d�concertait souvent les g�n�raux hollandais, il joignoit le courage le
plus audacieux. Dans une bataille o� la sup�riorit� du nombre faillit
l'accabler, s'apercevant que quelques-uns de ses soldats commen�oient �
foiblir, il s'�lance au milieu d'eux en criant; _Sont-ce l� les vaillans
compagnons de Henri Diaz?_ Son discours et son exemple leur infuse, dit
un historien, une nouvelle vigueur, et l'ennemi qui d�j� se croyoit
vainqueur, est charg� avec une imp�tuosit� qui l'oblige � se replier
pr�cipitamment dans la ville. Henri Diaz force Arecise � capituler,
Fernanbouc � se rendre, et d�truit enti�rement l'arm�e batave. Au milieu
de ses exploits, en 1645, une balle lui perce la main gauche; afin de
s'�pargner les longueurs d'un pansement, il la fait couper, en disant
que chaque doigt de la droite lui vaudra une main pour combattre. Il est
� regretter que l'histoire ne nous dise pas o�, quand et comment mourut
ce g�n�ral. Menezes exalte son exp�rience consomm�e, et s'extasie sur
ces Africains tout � coup transform�s en guerriers intr�pides[162].

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Books | Photos | Paul Mutton | Wed 14th Jan 2026, 11:47