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Page 31
LUCIANA.--Que je ne revoie jamais le jour, que je ne dorme jamais la
nuit, si elle ne dit � Votre Altesse la pure v�rit�!
ANGELO.--O femme parjure! elles rendent toutes deux de faux t�moignages.
Sur ce point le fou les accuse justement.
ANTIPHOLUS.--Mon souverain, je sais ce que je dis. Je ne suis point
troubl� par les vapeurs du vin, ni �gar� par le d�sordre de la col�re,
quoique les injures que j'ai re�ues puissent faire perdre la raison � un
homme plus sage que moi: cette femme m'a enferm� dehors aujourd'hui, et
je n'ai pu rentrer pour d�ner: cet orf�vre que vous voyez, s'il n'�tait
pas d'accord avec elle, pourrait en rendre t�moignage: car il �tait avec
moi alors: il m'a quitt� pour aller chercher une cha�ne, promettant de
me l'apporter au Porc-�pic, o� Baltasar et moi avons d�n� ensemble:
notre d�ner fini, et lui ne revenant point, je suis all� le chercher:
je l'ai rencontr� dans la rue, et ce marchand en sa compagnie: l� ce
parjure orf�vre m'a jur� effront�ment que j'avais aujourd'hui re�u de
lui une cha�ne, que, Dieu le sait! je n'ai jamais vue: et pour cette
cause, il m'a fait arr�ter par un sergent! J'ai ob�i, et j'ai envoy� mon
valet � ma maison chercher de certains ducats: il est revenu, mais sans
argent. Alors, j'ai pri� poliment l'officier de m'accompagner lui-m�me
jusque chez moi. En chemin, nous avons rencontr� ma femme, sa soeur, et
toute une troupe de vils complices: ils amenaient avec eux un certain
Pinch, un malheureux au maigre visage, � l'air affam�, un squelette
d�charn�, un charlatan, un diseur de bonne aventure, un escamoteur r�p�,
un mis�rable n�cessiteux, aux yeux enfonc�s, au regard rus�, une momie
ambulante. Ce dangereux coquin a os� se donner pour un magicien; me
regardant dans les yeux, me t�tant le pouls, me bravant en face, lui qui
� peine a un visage, et il s'est �cri� que j'�tais poss�d�, Aussit�t ils
sont tous tomb�s sur moi, ils m'ont garott�, m'ont entra�n�, et m'ont
plong�, moi et mon valet, tous deux li�s, dans une humide et t�n�breuse
cave de ma maison. � la fin, rongeant mes liens avec mes dents, je les
ai rompus; j'ai recouvr� ma libert�, et je suis aussit�t accouru ici
pr�s de Votre Altesse: je la conjure de me donner une ample satisfaction
pour ces indignit�s et les affronts inou�s qu'on m'a fait souffrir.
ANGELO.--Mon prince, d'apr�s la v�rit�, mon t�moignage s'accorde avec le
sien en ceci, c'est qu'il n'a pas d�n� chez lui, mais qu'on lui a ferm�
la porte.
LE DUC.--Mais lui avez-vous livr� on non la cha�ne en question?
ANGELO.--Il l'a re�ue de moi, mon prince; et lorsqu'il courait dans
cette rue, ces gens-l� ont vu la cha�ne � son cou.
LE MARCHAND.--De plus, moi je ferai serment que, de mes propres
oreilles, je vous ai entendu avouer que vous aviez re�u de lui la
cha�ne, apr�s que vous l'aviez ni� avec serment sur la place du March�;
et c'est � cette occasion que j'ai tir� l'�p�e contre vous: alors vous
vous �tes sauv� dans cette abbaye que voil�, d'o� vous �tes, je crois,
sorti par miracle.
ANTIPHOLUS.--Je ne suis jamais entr� dans l'enceinte de cette abbaye;
jamais vous n'avez tir� l'�p�e contre moi; jamais je n'ai vu la cha�ne:
j'en prends le ciel � t�moin! Et tout ce que vous m'imputez-l� n'est que
mensonge.
LE DUC.--Quelle accusation embrouill�e! Je crois que vous avez tous bu
dans la coupe de Circ�. S'il �tait entr� dans cette maison, il y
aurait �t�, s'il �tait fou, il ne plaiderait pas sa cause avec tant de
sang-froid.--Vous dites qu'il a d�n� chez lui; l'orf�vre le nie.--Et
toi, maraud, que dis-tu?
DROMIO.--Prince, il a d�n� avec cette femme au Porc-�pic.
LA COURTISANE.--Oui, mon prince, il a enlev� de mon doigt cette bague
que vous lui voyez.
ANTIPHOLUS.--Cela est vrai, mon souverain; c'est d'elle que je tiens
cette bague.
LE DUC, _� la courtisane_.--L'avez-vous vu entrer dans cette abbaye?
LA COURTISANE.--Aussi sur, mon prince, qu'il l'est que je vois Votre
Gr�ce.
LE DUC.--Cela est �trange!--Allez, dites � l'abbesse de se rendre ici:
je crois vraiment que vous �tes tous d'accord ou compl�tement fous!
(Un des gens du duc va chercher l'abbesse.)
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