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Page 29
LUCIANA.--Elle ne lui a jamais fait que de douces remontrances, lorsque
lui, il se livrait � la fougue, � la brutalit� de ses emportements
grossiers. (_A sa soeur_.) Pourquoi supportez-vous ces reproches sans
r�pondre?
ADRIANA.--Elle m'a livr�e aux reproches de ma conscience.--Bonnes gens,
entrez, et mettez la main sur lui.
L'ABBESSE.--Non; personne n'entre jamais dans ma maison.
ADRIANA.--Alors, que vos domestiques am�nent mon mari.
L'ABBESSE.--Cela ne sera pas non plus: il a pris ce lieu pour un asile
sacr�: et le privil�ge le garantira de vos mains, jusqu'� ce que je
l'aie ramen� � l'usage de ses facult�s, ou que j'aie perdu mes peines en
l'essayant.
ADRIANA.--Je veux soigner mon mari, �tre sa garde, car c'est mon office;
et je ne veux d'autre agent que moi-m�me: ainsi laissez-le moi ramener
dans ma maison.
L'ABBESSE.--Prenez patience: je ne le laisserai point sortir d'ici que
je n'aie employ� les moyens approuv�s que je poss�de, sirops, drogues
salutaires, et saintes oraisons, pour le r�tablir dans l'�tat naturel
de l'homme: c'est une partie de mon voeu, un devoir charitable de notre
ordre; ainsi retirez-vous, et laissez-le ici � mes soins.
ADRIANA.--Je ne bougerai pas d'ici, et je ne laisserai point ici mon
mari. Il sied mal � votre saintet� de s�parer le mari et la femme.
L'ABBESSE.--Calmez-vous: et retirez-vous, vous ne l'aurez point.
(L'abbesse sort.)
LUCIANA.--Plaignez-vous au duc de cette indignit�.
ADRIANA.--Allons, venez: je tomberai prostern�e � ses pieds, et je ne
m'en rel�ve point que mes larmes et mes pri�res n'aient engag� Son
Altesse � se transporter en personne au monast�re, pour reprendre de
force mon mari � l'abbesse.
LE MARCHAND.--L'aiguille de ce cadran marque, je crois, cinq heures. Je
suis s�r que dans ce moment le duc lui-m�me va se rendre en personne
dans la sombre vall�e, lieu de mort et de tristes ex�cutions, derri�re
les foss�s de cette abbaye.
ANGELO.--Et pour quelle cause y vient-il?
LE MARCHAND.--Pour voir trancher publiquement la t�te � un respectable
marchand de Syracuse qui a eu le malheur d'enfreindre les lois et les
statuts de cette ville, en abordant dans cette baie.
ANGELO.--En effet, les voil� qui viennent: nous allons assister � sa
mort.
LUCIANA, _� sa soeur_.--Jetez-vous aux pieds du duc, avant qu'il ait
pass� l'abbaye.
(Entrent le duc avec son cort�ge, �g�on, la t�te nue, le bourreau, des
gardes et autres officiers.)
LE DUC, _� un crieur public_.--Proclamez encore une fois publiquement
que s'il se trouve quelque ami qui veuille payer la somme pour lui, il
ne mourra point, tant nous nous int�ressons � son sort!
ADRIANA, _se jetant aux genoux du duc_.--Justice, tr�s-noble duc,
justice contre l'abbesse.
LE DUC.--C'est une dame vertueuse et respectable: il n'est pas possible
qu'elle vous ait fait tort.
ADRIANA.--Que Votre Altesse daigne m'�couter: Antipholus, mon
�poux,--que j'ai fait le ma�tre de ma personne et de tout ce que je
poss�dais, sur vos lettres pressantes,--a, dans ce jour fatal, �t�
attaqu� d'un acc�s de folie des plus violents. Il s'est �lanc� en
furieux dans la rue (et avec lui son esclave, qui est aussi fou que
lui), outrageant les citoyens, entrant de force dans leurs maisons,
emportant avec lui bagues, joyaux, tout ce qui plaisait � son caprice.
Je suis parvenue � le faire lier une fois, et je l'ai fait conduire chez
moi, pendant que j'allais r�parer les torts que sa furie avait commis
�� et l� dans la ville. Cependant, je ne sais par quel moyen il a pu
s'�chapper, il s'est d�barrass� de ceux qui le gardaient, suivi de son
esclave forcen� comme lui; tous deux pouss�s par une rage effr�n�e, les
�p�es hors du fourreau, nous ont rencontr�, et sont venus fondre sur
nous; ils nous ont mis en fuite, jusqu'� ce que pourvus de nouveaux
renforts nous soyons revenus pour les lier; alors ils se sont sauv�s
dans cette abbaye, o� nous les avons poursuivis. Et voil� que l'abbesse
nous ferme les portes, et ne veut pas nous permettre de le chercher, ni
le faire sortir, afin que nous puissions l'emmener. Ainsi, tr�s-noble
duc, par votre autorit�, ordonnez qu'on l'am�ne et qu'on l'emporte chez
lui, pour y recevoir des secours.
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