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Page 28
ANTIPHOLUS.--Qui m'a entendu le nier et jurer le contraire?
LE MARCHAND.--Moi que vous connaissez, je l'ai entendu de mes propres
oreilles: fi donc! mis�rable; c'est une honte qu'il vous soit permis de
vous promener l� o� s'assemblent les honn�tes gens.
ANTIPHOLUS.--Vous �tes un malheureux de me charger de pareilles
accusations: je soutiendrai mon honneur et ma probit� contre vous, et
tout � l'heure, si vous osez me faire face.
LE MARCHAND.--Je l'ose, et je te d�fie comme un coquin que tu es.
(Ils tirent l'�p�e pour se battre.) (Entrent Adriana, Luciana, la
courtisane et autres.)
ADRIANA, _accourant_.--Arr�tez, ne le blessez pas; pour l'amour de Dieu!
il est fou.--Que quelqu'un se saisisse de lui: �tez-lui son �p�e.--Liez
Dromio aussi, et conduisez-les � ma maison.
DROMIO.--Fuyons, mon ma�tre, fuyons; au nom de Dieu, entrez dans quelque
maison. Voici une esp�ce de prieur�: entrons, ou nous sommes perdus.
(Antipholus de Syracuse et Dromio entrent dans le couvent.) (L'abbesse
parait.)
L'ABBESSE.--Silence, braves gens: pourquoi vous pressez-vous en foule �
cette porte?
ADRIANA.--Je viens chercher mon pauvre mari qui est fou. Entrons,
afin de pouvoir le lier comme il faut, et l'emmener chez lui pour se
r�tablir.
ANGELO.--Je le savais bien qu'il n'�tait pas dans son bon sens.
LE MARCHAND.--Je suis f�ch� maintenant d'avoir tir� l'�p�e contre lui.
L'ABBESSE.--Depuis quand est-il ainsi poss�d�?
ADRIANA.--Toute cette semaine il a �t� m�lancolique, sombre et chagrin,
bien, bien diff�rent de ce qu'il �tait naturellement: mais jusqu'� cette
apr�s-midi, sa fureur n'avait jamais �clat� dans cet exc�s de fr�n�sie.
L'ABBESSE.--N'a-t-il point fait de grandes pertes par un naufrage?
enterr� quelque ami ch�ri? Ses yeux n'ont-ils pas �gar� son coeur dans
un amour ill�gitime? C'est un p�ch� tr�s-commun chez les jeunes gens qui
donnent � leurs yeux la libert� de tout voir: lequel de ces accidents
a-t-il �prouv�?
ADRIANA.--Aucun; si ce n'est peut-�tre le dernier. Je veux dire quelque
amourette qui l'�loignait souvent de sa maison.
L'ABBESSE.--Vous auriez d� lui faire des remontrances.
ADRIANA.--Eh! je l'ai fait.
L'ABBESSE.--Mais pas assez fortes.
ADRIANA.--Aussi fortes que la pudeur me le permettait.
L'ABBESSE.--Peut-�tre en particulier.
ADRIANA.--Et en public aussi.
L'ABBESSE.--Oui, mais pas assez.
ADRIANA.--C'�tait le texte de tous nos entretiens: au lit, il ne pouvait
pas dormir tant je lui en parlais. A table, il ne pouvait pas manger
tant je lui en parlais. �tions-nous seuls, c'�tait le sujet de mes
discours. En compagnie, mes regards le lui disaient souvent: je lui
disais encore que c'�tait mal et honteux.
L'ABBESSE.--Et de l� il est arriv� que cet homme est devenu fou: les
clameurs envenim�es d'une femme jalouse sont un poison plus mortel que
la dent d'un chien enrag�. Il parait que son sommeil �tait interrompu
par vos querelles; voil� ce qui a rendu sa t�te l�g�re. Vous dites que
les repas �taient assaisonn�s de vos reproches; les repas troubl�s
font les mauvaises digestions, d'o� naissent le feu et le d�lire de la
fi�vre. Et qu'est-ce que la fi�vre sinon un acc�s de folie! Vous dites
que vos criailleries ont interrompu ses d�lassements; en privant l'homme
d'une douce r�cr�ation, qu'arrive-t-il? la sombre et triste m�lancolie
qui tient de pr�s au farouche et inconsolable d�sespoir; et � sa
suite une troupe hideuse et empest�e de p�les maladies, ennemies de
l'existence. �tre troubl� dans ses repas, dans ses d�lassements, dans le
sommeil qui conserve la vie, il y aurait de quoi rendre fous hommes et
b�tes. La cons�quence est donc que ce sont vos acc�s de jalousie qui ont
priv� votre mari de l'usage de sa raison.
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