La Comédie des Méprises by William. Spurious and doubtful works Shakespeare


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Page 22

ADRIANA.--Va le chercher, ma soeur.--(_Luciana sort_.) Cela m'�tonne
bien qu'il se trouve avoir des dettes qui me soient inconnues. Dis-moi,
l'a-t-on arr�t� sur un billet?

DROMIO.--Non pas sur un billet[26], mais � propos de quelque chose de
plus fort; une cha�ne, une cha�ne: ne l'entendez-vous pas sonner?

[Note 26: _Bond_, billet, obligation, qui se prononce comme _band_,
lien, cravate.]

ADRIANA.--Quoi! la cha�ne?...

DROMIO.--Non, non; la cloche. Il serait temps que je fusse parti d'ici;
il �tait deux heures quand je l'ai quitt�, et voil� l'horloge qui sonne
une heure.

ADRIANA.--Les heures reculeraient donc? Je ne l'ai jamais entendu dire.

DROMIO.--Oh! oui, vraiment; quand une des heures rencontre un sergent,
elle recule de peur.

ADRIANA.--Comme si le temps �tait endett�! tu raisonnes en vrai fou.

DROMIO.--Le temps est un vrai banqueroutier, et il doit � l'occasion
plus qu'il n'a vaillant. Et, c'est un voleur aussi: n'avez-vous donc pas
ou� dire que le temps s'avance comme un voleur jour et nuit? Si le temps
est endett�, et qu'il soit un voleur, et qu'il trouve sur son chemin un
sergent, n'a-t-il pas raison de reculer d'une heure dans un jour?

ADRIANA.--Cours, Dromio, voil� l'argent; (_Luciana revient avec la
bourse_) porte-le bien vite, et ram�ne ton ma�tre imm�diatement au
logis. Venez, ma soeur, je suis atterr�e par mon imagination; mon
imagination, qui tant�t me console et tant�t me tourmente!

(Elles sortent.)



SC�NE III.


Une rue d'�ph�se. ANTIPHOLUS _de Syracuse seul_.

Je ne rencontre pas un homme qui ne me salue, comme si j'�tais un ami
bien connu, et chacun m'appelle par mon nom. Quelques-uns m'offrent
de l'argent, d'autres m'invitent � d�ner; d'autres me remercient des
services que je leur ai rendus, d'autres m'offrent des marchandises �
acheter: tout � l'heure un tailleur m'a appel� dans sa boutique et m'a
montr� des soieries qu'il avait achet�es pour moi; et l�-dessus il m'a
pris mesure.--S�rement tout cela n'est qu'enchantement, qu'illusions,
et les sorciers de la Laponie habitent ici.

(Entre une courtisane.)

DROMIO.--Mon ma�tre, voici l'or que vous m'avez envoy� chercher.....
Quoi! vous avez fait habiller de neuf le portrait du vieil Adam?

ANTIPHOLUS.--Quel or est-ce l�? De quel Adam veux-tu parler?

DROMIO.--Pas de l'Adam qui gardait le paradis, mais de cet Adam qui
garde la prison; de celui qui va v�tu de la peau du veau qui fut tu�
pour l'enfant prodigue; celui qui est venu derri�re vous, monsieur,
comme un mauvais ange, et qui vous a ordonn� de renoncer � votre
libert�.

ANTIPHOLUS.--Je ne t'entends pas.

DROMIO.--Non? eh! c'est pourtant une chose bien simple: cet homme
qui marchait comme une basse de viole dans un �tui de cuir; l'homme,
monsieur, qui, quand les gens sont fatigu�s, d'un tour de main leur
procure le repos; celui, monsieur, qui prend piti� des hommes ruin�s, et
leur donne des habits de dur�e[27]; celui qui a la pr�tention de faire
plus d'exploits avec sa masse qu'avec une pique moresque.

[Note 27: _Durance_, dur�e et prison.]

ANTIPHOLUS.--Quoi! veux-tu dire un sergent?

DROMIO.--Oui, monsieur, le sergent des obligations: celui qui force
tout homme qui manque � ses engagements, d'en r�pondre; un homme qui
croit qu'on va toujours se coucher, et qui vous dit: �Dieu vous donne
une bonne nuit!�

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Books | Photos | Paul Mutton | Thu 26th Mar 2026, 15:54