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Page 44
MESSALA.--Ne croyez point � tout cela.
CASSIUS.--Je n'y crois que jusqu'� un certain point, car je me sens
plein d'ardeur, et d�termin� � affronter avec constance tous les p�rils.
BRUTUS.--Qu'il en soit ainsi, Lucilius.
CASSIUS.--Maintenant, noble Brutus, que les dieux nous soient
aujourd'hui assez favorables pour que nous puissions, toujours amis,
conduire nos jours jusqu'� la vieillesse. Mais puisqu'il reste toujours
quelque incertitude dans les choses humaines, raisonnons sur ce qui
peut arriver de pis. Si nous perdons cette bataille, cet instant est
le dernier o� nous converserons ensemble: qu'avez-vous r�solu de faire
alors?
BRUTUS.--De me r�gler sur cette philosophie qui me fit bl�mer Caton pour
s'�tre donn� la mort � lui-m�me. Je ne puis m'emp�cher de trouver qu'il
est l�che de pr�venir ainsi, par crainte de ce qui peut arriver, le
terme assign� � la vie: je m'armerai de patience, attendant ce que
voudront ordonner ces puissances supr�mes, quelles qu'elles soient, qui
nous gouvernent ici-bas[48].
[Note 48: Brutus lui r�pondit: �Estant encore jeune et non assez
exp�riment� �s affaires de ce monde, je fis, ne s�ay comment, un
discours de philosophie par lequel je reprenois et blasmois fort Caton
de s'estre desfait soy-mesme, comme n'estant point acte licite ny
religieux, quant aux dieux ny quant aux hommes vertueux, de ne point
c�dera l'ordonnance divine, et ne prendre pas constamment en gr� tout ce
qui lui plaist nous envoyer, ainsi faire le restif et s'en retirer:
mais maintenant me trouvant au milieu du p�ril, je suis de toute autre
r�solution, tellement que s'il ne plaist � Dieu que l'issue de cette
bataille soit heureuse pour nous, je ne veux plus tenter d'autres
esperances, ni t�cher � remettre sus de rechef autre �quipage de guerre,
ains me d�livreray des mis�res de ce monde, car je donnai aux ides de
mars ma vie � mon pays, pour laquelle j'en vivrai une autre libre et
glorieuse.� PLUTARQUE, _Vie de Brutus_.
Shakspeare, qui n'a jamais mis en r�cit que ce qui lui est impossible
de mettre en action, renferme ici en une seule sc�ne le changement que
plusieurs ann�es ont op�r� dans l'esprit de Brutus. C'est d'ailleurs une
explication donn�e d'avance des raisons pour lesquelles Brutus ne se
tuera pas apr�s la mort de Cassius et l'�v�nement tr�s-incertain de
la bataille. Il s'annonce comme d�termin� � tout supporter avec
r�signation, except� le malheur auquel il ne croit pas qu'il soit permis
� un homme d'honneur de se soumettre, la honte d'�tre men� en triomphe.
Cette intention de l'auteur est �vidente; les commentateurs anglais qui
ont multipli� les notes sur ce passage, auraient d� la faire remarquer.]
CASSIUS.--Ainsi donc, si nous perdons cette bataille, vous consentez �
�tre conduit en triomphe � travers les rues de Rome?
BRUTUS.--Non, Cassius, non. Ne pense pas, noble Romain, que jamais
Brutus soit conduit encha�n� � Rome; il porte un coeur trop grand. Il
faut que ce jour m�me consomme l'ouvrage commenc� aux ides de mars, et
je ne sais si nous devons nous revoir encore: faisons-nous donc notre
�ternel adieu. Pour jamais, et pour jamais adieu, Cassius. Si nous nous
revoyons, eh bien! ce sera avec un sourire; sinon, nous aurons eu raison
de nous dire adieu.
CASSIUS.--Pour jamais, et pour jamais adieu, Brutus. Si nous nous
revoyons, oui, sans doute, ce sera avec un sourire; sinon, tu as dit
vrai, nous aurons eu raison de nous dire adieu.
BRUTUS.--Allons, en marche.--Oh! si l'on pouvait conna�tre la fin des
�v�nements de ce jour avant le moment qui doit l'amener. Mais il suffit,
le jour finira; et alors nous le saurons.--Allons, ho! partons.
(Ils sortent.)
SC�NE II
Toujours pr�s de Philippes.--Le champ de bataille.--Une alarme.
_Entrent_ BRUTUS ET MESSALA.
BRUTUS _vivement_.--A cheval, � cheval, Messala! cours, remets ces
billets aux l�gions de l'autre aile. (_Une vive alarme._) Qu'elles
donnent � la fois; car je vois que l'aile d'Octave va mollement: un
choc soudain la culbutera. Vole, vole, Messala: qu'elles fondent toutes
ensemble!
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